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Près de Tours, Pompes Funèbres Assistance s’agrandit

Florence Delaire-Flament est une passionnée. Seule d’abord, avec sa fille et son fils désormais, elle a construit une petite entreprise du funéraire autour de valeurs humaines d’accompagnement des familles. Pompes Funèbres Assistance (PFA) grandit tranquillement à Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire). La société inaugurait le 20 janvier dernier une salle de cérémonie rénovée et agrandie.

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La visite a eu lieu le 20 janvier dernier en présence du maire, des élus locaux, des représentants de maisons de retraite, des pompiers, des familles. À l’image de son logo (un prunus en fleur rose), l’entreprise a souhaité une ambiance gris doux ornée de teintes roses pour cette salle de cérémonie d’une capacité désormais de 150 places : des lumières indirectes, des corniches, et un plafond chapelle qui monte haut, là où le mur aujourd’hui disparu donnait sur un garage. Avec sa contenance doublée, cet outil fait la fierté de Florence Delaire-Flament, nouvel ornement d’une chambre funéraire ouverte en 2001, et qui voit passer 300 familles dans l’année.

Rejointe par ses enfants

"J’ai bien d’autres projets en tête, peut-être se réaliseront-ils", espère la gérante, bientôt trente ans de métier. L’ancienne des PFG est partie voler de ses propres ailes en 1993. Elle parle encore avec émotion de son "petit bureau de Saint-Avertin", dans la banlieue de Tours, quitté en 2007 quand elle a concentré l’activité autour de la chambre funéraire de Chambray, la commune d’à côté. Elle y dispose de huit cases réfrigérées, de cinq salons de présentation, d’une salle technique, d’un grand parking et de cette pièce de cérémonie toutes confessions. "Des familles nous disaient qu’elle était trop petite. Du coup, je n’avais pas l’impression d’aller jusqu’au bout dans l’accompagnement des proches. Nous avons donc cassé ce mur, et modernisé."

Rejointe par son fils Louis voici cinq ans et par sa fille Astrid depuis mars dernier, Florence Delaire-Flament œuvre désormais pour ses enfants. "Quand ils vous disent que le métier les intéresse, c’est un grand bonheur. Nous travaillons dans la complicité." En attendant la relève, elle entend rester indépendante, même si elle confie avoir déjà été approchée par des réseaux. Bien que située près d’un hôpital, d’une polyclinique, de trois maisons de retraite, l’entreprise PFA a une clientèle "récurrente". Des familles qui sont déjà venues par le passé. Important dans un secteur géographie concurrentiel, où l’on compte notamment depuis quinze ans les PF Intercommunales de l’agglomération de Tours (12 communes).

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L’équipe des PFA.

Dépoussiérer l’image du métier

Dans ses murs, on trouve ce qui fait l’activité classique du métier : organisation des obsèques, prévoyance, démarches administratives après décès, marbrerie, vente et pose de monuments funéraires, construction de caveaux, vente de plaques, vases, urnes, fleurs artificielles. Florence Delaire-Flament tient à y cultiver un bon accueil. "La mise en bière se fait là, la cérémonie se fait là, qui peut être religieuse ou non. Ici, on prend le temps que l’on veut. Ce n’est pas un crématorium où l’on vous dit au bout d’une demi-heure qu’une autre famille attend son tour." Un brin iconoclaste, elle entend aussi dépoussiérer l’image de la profession.

Témoin ces journées portes ouvertes, à la Toussaint 2014, où quelque 200 personnes ont défilé en deux jours. "Nous avions un pianiste, une dame qui chantait, de quoi se restaurer. Nous avons parlé prévoyance. Nous avons même ramené des caveaux pour montrer ce que c’est. Le but était d’essayer de dédramatiser la chambre funéraire. J’expliquais que notre métier, ce n’est pas que l’argent. C’est surtout de l’humain. Cela a permis aux visiteurs de voir comment nous travaillons." La démarche a pu interpeller dans le quartier. "On nous a dit que nous nous prenions pour un concessionnaire automobile. Certains disaient que c’était n’importe quoi."

Elle le clame haut et fort : "C’est fini, Lucky Luke en noir. Nous sommes des gens normaux. C’est vrai que ce métier est particulier. Mais, dès lors qu’on décide d’y rentrer, on ne dit pas que c’est dur. On peut avoir des moments difficiles, mais comme dans tous les corps de métier. Il faut donner beaucoup d’humanité. Il m’arrive encore d’être secouée, d’avoir envie d’accompagner. La douleur est à tout âge. Dans notre milieu, si on n’aime pas les gens, il vaut mieux aller voir ailleurs tout de suite. Je vois passer certains jeunes stagiaire qui regardent les familles avec déjà un commentaire. C’est désolant. C’est dommage. Un diplôme ne suffit pas. Je préfère recevoir une famille, la pousser à ne pas acheter cher, mais qu’elle ressorte satisfaite".

Personnalisation des obsèques

Un souci qui s’accorde très bien du désir ambiant de personnalisation des obsèques. Pas tant des objets funéraires. "Certes, cela dédramatise. Mais attention de ne pas tomber dans le commerce." Si elle propose elle aussi des cercueils personnalisés, elle ne sent pas encore un réel engouement des familles de ce côté. Cela s’exprime plutôt dans le souhait de personnaliser les cérémonies.

D’abord parce qu’elles sont plus variées ici, où le taux de crémation avoisine les 50 %. "Mais, plus on part en campagne, plus on est dans du classique et de l’inhumation. On voit que les gens s’attachent à amener des photos, des musiques ou le parfum que la personne défunte aimait, à écrire un texte. Il y a vraiment un échange. On sent qu’il y a là une progression, même si elle est parfois retardée par l’Église, qui est frileuse. Il y a un temps pour la prière, pour la bénédiction, et après on va faire autre chose. Il ne faut pas tout mélanger. Il faut également que les gens s’investissent dans une cérémonie. Cela prend du temps, mais il faut le faire. À ce moment, nous sommes vraiment dans l’accompagnement, et les obsèques sont belles".

Olivier Pelladeau

Résonance n°127 - Février 2017

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