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Pionnier et personnage haut en couleur de la thanatopraxie en France, Christian Raffault est aujourd’hui retraité. Il n’en continue pas moins à commenter l’actualité de la profession, et travaille désormais à trouver une alternative aux produits formolés.

 

Raffault 2017
Christian Raffault.

"Je suis un des plus anciens dans la profession, puisque j’y suis entré en 1968 ", se plaît à rappeler Christian Raffault, thanatopracteur retraité. Après avoir été l’un des protagonistes du secteur, rare Français à être diplômé du BIE (British Institute of Embalming), il a vendu en 2009 l’entreprise qu’il avait créée en 1973. Il n’a pas pour autant tourné le dos à sa profession et le fait savoir. On fait encore appel à ses compétences lors d’événements exceptionnels (attentats en Algérie en 2013, à Tunis en 2015) ou lors d’échanges d’expériences avec des médecins légistes (Moscou, Casablanca).

Son combat du moment ? Les produits formolés. "Je fais des essais pour mettre au point des produits sans formol utilisables en France. Je me lance dans cette aventure à titre personnel, avec mon expérience de 40 ans. Je suis en discussion avec des laboratoires. C’est pour ça qu’on me voit encore faire quelques soins ici et là, soins bénévoles, pour le compte d’entreprises de thanatopraxie". Il dit avoir de premiers résultats "satisfaisants mais ce n’est pas encore au point". Christian Raffault ne replongera pas.… "Ce n’est pas moi qui le commercialiserai. Quand j’ai l’occasion d’aider quelqu’un à entrer sur le marché, je le fais ouvertement. Chaque année, je soutiens ainsi quatre ou cinq personnes voulant s’installer. C’est pour promouvoir la profession, pour faire en sorte qu’il existe encore des thanatopracteurs indépendants".

Produits à substituer au formol

Cela fait 30 ans, rappelle-t-il, qu’il écrit sur la fin du formol, reconnu produit dangereux. "Aujourd’hui, il n’y a toujours pas de produit de substitution qui tienne la route. Les derniers lancés ne conviennent pas : les corps deviennent verdâtres, ils sentent, ils ne se conservent pas plus de 48 heures. Ce qui est trop peu pour des corps qui vont rester en exposition dans des salon de chambres funéraires". Faute d’utiliser le seul produit alternatif disposant d’un agrément ministériel, faisant naître un monopole au profit d’une société privée, il recommande de continuer à utiliser pour l’heure le formol, par défaut. Le temps que d’autres produits apparaissent.

Les soins de thanatopraxie désormais autorisés dès janvier prochain sur des défunts atteints d’hépatite ou du VIH. Un sujet qu’il évoquait aussi depuis longtemps. Aussi, les dernières mesures prises le satisfont. "Jusqu’à maintenant, nous étions dans l’hypocrisie. On ne le disait pas, ou alors le médecin laissait entendre qu’il pouvait y avoir quelque chose, parce qu’il connaissait la famille. Si quelqu’un était tué dans un accident de la route, aucune maladie possible ne figurait sur le certificat médical. Un thanatopracteur peut très bien faire involontairement des soins sur un corps contaminé. Moi, en 40 ans, j’ai peut-être fait 50 000 soins de conservation, et, probablement sans le savoir, sur des corps séropositifs. Il faut redoubler de précautions, prendre des gants, des masques, des tabliers, etc. Tout l’attirail complet d’hygiène".

La formation des jeunes

Retraité actif, Christian Raffault demeure attentif à la formation des jeunes. Il est, aujourd’hui, évaluateur, faisant passer la pratique aux admissibles de la partie théorique. Un domaine qui ne tourne pas très rond, à l’entendre. "Il y a trop de gens, dans le système, qui sont juges et partie", assène-t-il, réclamant le recours à des examinateurs neutres, des professionnels qui n’auraient pas d’intérêts dans une école, une entreprise, etc. Qui ne répondent qu’aux pouvoirs publics.
"Les 60 reçus à la théorie passent la pratique non pas dans des centres d’examens, mais en entreprises. L’an dernier, j’ai fait passer une jeune fille qui est arrivée en voiture de société avec ses valises. Elle m’indique qu’elle fait des soins toute seule, sans maître de stage, depuis déjà un mois parce qu’il manque du personnel dans son entreprise… C’est illégal ! S’en est suivi un soins qui s’est avéré être une catastrophe car, à l’évidence, elle manquait de formation. De fait, je ne lui ai pas donné l’examen… On ne peut pas laisser passer de telles pratiques".

Lui-même se souvient s’être vu refuser en son temps l’équivalence en France de son diplôme anglais. "J’ai dû repasser l’examen. J’ai été examiné à l’époque par des gens que j’avais formés une vingtaine d’années auparavant, des concurrents de mon entreprise qui plus est !"

Olivier Pelladeau

Résonance n°135 - Novembre 2017

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