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Né en 1791 à Sarrelouis, qui était alors une enclave française en Allemagne, Jean-Nicolas Gannal est considéré comme le père de la thanatopraxie moderne. Cette version "officielle", même si elle est aujourd’hui contestée à la lumière de documents d’époque, est d’ailleurs toujours enseignée aux élèves thanatopracteurs.

Jean Nicolas Gannal

 

S’il n’est vraisemblablement pas l’inventeur de l’embaumement moderne, Jean-Nicolas Gannal est cependant entré dans l’histoire de la thanatopraxie, et il est à jamais associé à ceux des personnages importants qui l’ont émaillée. Pourtant, de lui, on en ne connaît que son nom et la légende faisant l’inspirateur de Thomas Holmes, qui aurait assisté à l’une de ses démonstrations et aurait ensuite importé et développé sa méthode aux États-Unis.



Alors, qui était vraiment Jean-Nicolas Gannal, et qu’a-t-il réellement inventé ? 

Tout d’abord, il ne faut pas confondre Jean-Nicolas Gannal père, objet de cet article, chimiste autodidacte et ancien aide-pharmacien dans l’armée, avec Jean-Nicolas Gannal fils, docteur en médecine, qui lui succéda à la tête de son industrie après sa mort en 1852. 

Fils d’un marchand de métaux du canton de Sarrelouis, Jean-Nicolas Gannal, sans diplôme mais parfaitement bilingue, est enrôlé comme aide-pharmacien dans l’armée impériale de Napoléon Bonaparte où il devient le protégé du maréchal Davout, futur ministre des Armées, qu’il suit d’abord en Allemagne, puis en Russie. Roi de l’évasion, il dira avoir été fait prisonnier sept fois, et réclamera ensuite, à ce titre, une pension à la Grande Armée. Cette dernière, ajoutée à un petit trésor découvert lors de l’une de ses captures et qu’il avait réussi à soustraire aux recherches et à mettre à l’abri, lui permet de profiter d’une vie insouciante, jusqu’à la chute de l’Empire en 1814.

Après un bref passage dans sa ville natale, il décide alors de se consacrer à sa passion pour la chimie et part s’installer à Paris où il devient préparateur à la Faculté des sciences. Ses maigres émoluments ne lui permettent pas de mener grand train, mais son génie inventif se révèle et il se lance dans quantité de recherches. Il est notamment à l’origine d’un procédé de durcissement du suif par les acides, utilisé pour la fabrication des bougies, des cheminées à courant d’air chaud, de l’ancêtre des briquets, ou encore du tampon encreur et de la colle forte à base de gélatine. Il fonde d’ailleurs sa propre fabrique d’encre de cirage en 1821.

 

Ce sont ses recherches sur la conservation des aliments qui le conduisent à s’intéresser à celle des matières animales, puis à celle des pièces anatomiques. Dès 1828, il se penche sur l’embaumement des corps. Devant l’Académie des sciences, il conteste la méthode de Giuseppe Tanchina, médecin italien qui utilisait l’arsenic comme conservateur et dont il a repris les travaux après sa mort, en mettant en avant les dangers de cette substance. 

Pourtant, lors d’un test organisé par l’Académie de médecine en 1845, qui le met face à deux embaumeurs concurrents, Jean-Nicolas Gannal est disqualifié suite à la découverte d’arsenic dans sa propre formule. Le résultat le plus probant est obtenu par le docteur Sucquet, dont le nom reste à ce jour absent des manuels de thanatopraxie. Malgré le discrédit, il continue à exercer son art sur la place de Paris et connaît un certain succès, dû autant à son talent qu’à ses tarifs très attractifs, puisqu’il divise tout bonnement par dix le prix des embaumements de l’époque. 


Jean Nicolas Gannal Livre

Pour conclure, si l’auteur de l’"Histoire des embaumements et de la préparation des pièces d’anatomie normale" n’est pas le père de l’embaumement moderne, il en reste tout de même l’un des précurseurs, et les querelles qui opposent Jean-Nicolas Gannal à ses confrères tant sur la méthodologie que sur les tarifs préfigurent également la thanatopraxie d’aujourd’hui. 

Claire Sarazin 

Thanatopracteur

Formatrice en thanatopraxie

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