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Exploitant une graniterie en Inde, Pascal Claudel a pu revenir in extremis en France après avoir été confiné à l’hôtel pendant quatre semaines. Mais ce ne fut possible qu’après un aventureux et pénible voyage de 2 850 km pour traverser en minibus toute l’Inde, du Sud au Nord. Au prix de difficultés et curiosités dont il nous fait part ici.
 
 
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IMG 4490Confiné à l’hôtel

L’Inde s’est positionnée en confinement une semaine après la France, avec comme date effective le 23 mars. Ce jour-là, Pascal Claudel était à Madurai, dans la pointe sud du pays. De prime abord, sa situation personnelle n’était pas préoccupante bien qu’insolite : seul Occidental dans un hôtel où transitaient des médecins officiellement en mission gouvernementale. Le personnel en effectifs réduits servait les repas que Pascal Claudel recevait par plateau déposé devant sa porte de chambre.

Internet lui permettait de garder ses contacts utiles (business, famille, etc.). De sa fenêtre, il pouvait néanmoins constater le sérieux du confinement (personne dans les rues, hôtel gardé par des policiers), avec sortie strictement interdite. La seule possibilité de prendre l’air consistait à marcher sur le toit en terrasse, soit quelques mètres carrés. Le contact établi début avril avec le consulat de France, situé à Pondichéry, avait confirmé son parfait isolement.

Une "via dolorosa"

L’évasion devint subitement possible quand le consulat réussit à mobiliser un convoi en minibus partant de Chennai pour rejoindre l’aéroport de New Delhi. Pascal Claudel fut contacté à cet effet par le consulat, avec néanmoins l’obligation de trouver par lui-même la capacité de rejoindre en taxi Chennai. L’aventure commença donc le 24 avril au matin depuis Madurai jusqu’au 29, arrivée à l’aéroport d’Amsterdam. Le trajet en taxi de Madurai à Chennai ne fut pas facile à organiser dans les conditions du confinement. Ce fut la partie la plus délicate à préparer.
Mais ce n’était que le début d’une aventure autrement plus pénible par la suite. Il a fallu accomplir un périple de 2 850 km sur les routes indiennes qui, outre la fatigue, a profondément impressionné Pascal Claudel : "J’avais déjà vu la précarité des conditions de vie des couches populaires en Inde, mais pas à ce point-là. Avec l’épidémie actuelle, les gens ont tout perdu. Ils sont repartis en groupes sur les routes à pied, avec un baluchon sur la tête ou en bandoulière, sans argent, sans travail, pour rejoindre leur village à des centaines de kilomètres. La misère humaine à ce stade est inconcevable dans nos esprits d’Occidentaux. J’ai traversé le pays en constatant aussi l’extrême précarité de certaines habitations…"

Le régime de voyage était lui-même éprouvant : départ chaque jour vers 3 heures du matin pour arriver en fin d’étape quotidienne environ à 20h00. 700 kilomètres quotidiens à parcourir avec des contrôles policiers tous les 30 kilomètres environ. Les repas étaient pris dans des relais de restauration sommaires à nos yeux d’Occidentaux, mais perçus comme luxueux par bien des autochtones.

"Nous sommes arrivés à New Delhi au bout de quatre jours complets de voyage en minibus pour réussir à embarquer dans un avion destiné au rapatriement d’Européens. Je garderai de ce voyage un souvenir inaltérable au vu de l’épreuve endurée, mais surtout aussi de la découverte d’une pauvreté choquante d’une frange de la population indienne essentiellement rurale. Je me dis que, si l’épidémie actuelle plaide pour une relocalisation de nos industries en France, il est néanmoins tout aussi nécessaire de développer notre conscience planétaire pour ne pas laisser des populations entières dans une telle précarité. Cette remarque vaut pour tous les pays, le Bengladesh, par exemple, pour ce qui concerne la production textile…"

Et Monustone pendant ce temps-là ?

L’activité en Inde s’est arrêtée totalement avec le confinement du pays le 23 mars. Elle n’a repris que le 11 mai, comme en France, et nos commandes sont pour l’instant dépendantes de la reprise des activités en atelier. Si le déconfinement s’opère avec les mêmes méthodes et matériels qu’en France, il existe cependant une différence de taille : à chaque entreprise, sont affectés deux policiers qui veillent au strict respect des mesures de prophylaxie prises par les pouvoirs publics…

Ce qui est le plus étonnant

Pascal Claudel est impressionné par l’approche originale des réalités par les Indiens : "Les médecins indiens m’ont affirmé que les précautions occidentales face au coronavirus étaient selon eux décalées de la nécessité, et qu’il suffit de pratiquer des gargarismes d’eau salée et chaude pour s’en préserver. Plus étonnant encore, j’ai relevé que, pour conjurer l’épidémie, le Premier ministre indien a eu recours à la magie des chiffres. Au neuvième jour du confinement, Narendra Modi a adressé à 9 heures du matin un message de neuf minutes à ses compatriotes pour les exhorter à éteindre le 5 avril (5/4) à 9 heures du soir toutes les lumières et à allumer bougies ou torches pendant neuf minutes. Je crois que cet épisode démontre à quel point nos sociétés respectives sont en réalité très différentes…"
 
Résonance n° 160 - Mai 2020

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