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En 1968, une révolution a lieu à Luçon en Vendée. Alors que la région n’a aucune affinité historique avec le travail du granit, Pierre Engerbeau crée Ouest Funéraire, qui deviendra quelques années plus tard France Funéraire (en 1990), entreprise spécialisée dans la fabrication de plaques funéraires en granit. Acte précurseur qui, par la suite, donnera d’ailleurs des idées à quelques autres entrepreneurs. Pour ce qui est de France Funéraire, c’est une longue histoire qui commence, et se poursuit encore aujourd’hui… avec succès !

 France Funeraire

Petit récit d’une aventure industrielle en guise d’introduction

Il est important tout d’abord de noter que la fabrique de plaques funéraires en granit quinquagénaire vendéenne n’a pas été créée du fait d’une présence surabondante de matières premières ou de traditions ancestrales de l’art marbrier. Loin s’en faut, puisque la vie économique luçonnaise était plutôt liée à l’océan et aux activités maritimes, la ville ayant même eu un port. L’idée de cette activité est née du constat fait par Pierre Engerbeau, au fil de ses voyages en tant que représentant de commerce vendant des produits à des professionnels – notamment funéraires –, de l’apparition de nouvelles "tendances" sur ce dernier marché. En effet, dans les années soixante-dix, il voit "fleurir" le granit dans les monuments funéraires en remplacement de la pierre calcaire.

"L’essor de ce matériau venait de sa démocratisation due à des moyens de transport plus performants, à l’utilisation de nouvelles techniques de manutention, de sciage, de polissage, tout cela impliquant une baisse de prix générale. S’ajoute à cela le développement du commerce mondial, qui amène de façon plus aisée des couleurs d’autres continents dont l’approvisionnement était compliqué, ce qui rendait ces teintes de granit très élitistes. Ainsi, dans les années soixante-dix quatre-vingt, le granit est devenu la norme du beau monument funéraire. Bien sûr, cela était déjà le cas dans la Bretagne granitique, le Sidobre (Tarn) et les Vosges, où cette pierre était abondante et donc déjà très utilisée", explique Sylvestre Olgiati, dirigeant de France Funéraire.
De la prégnance de cette matière première sur les monuments va découler une demande croissante sur des objets du souvenir – que sont les plaques, jardinières, vases, etc. – fabriqués dans ce même matériau afin de faire de beaux ensembles dans les cimetières. Pierre Engerbeau constatant que la demande de la part des marbriers et des pompes funèbres est forte et que l’offre est faible, voire quasi inexistante, il décide de créer Ouest Funéraire... Fin du premier épisode !

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La suite, lecteurs de Résonance, vous la connaissez… Dominique Vigin achète la société au fondateur Pierre Engerbeau en 1987. Il en sera dirigeant et propriétaire pendant 28 ans, pour son groupe Chrisola. En 2007, Sylvestre Olgiati arrive à Luçon où se trouvent les sièges sociaux des établissements France Funéraire, AGM et Mémograv. Après la création de Funépro – résultant de la fusion des sociétés susnommées plus de Granit Ouest, repris en 2010 –, il en devient le dirigeant, et développe au fil des années l’activité de ces entreprises (sous l’égide de Chrisola), avant d’en devenir le propriétaire et directeur général en 2015.

France Funéraire, la belle plaque… à la française

1968-2018, un demi-siècle donc de création et de fabrication françaises pour faire vivre le souvenir. "C’est un événement important, organisé début juillet (les 6 et 7), qui sera l’occasion pour nous de recevoir nos partenaires, nos clients, nos fournisseurs, transporteurs et banquiers. Nous espérons faire venir nos clients nombreux des quatre coins de la France. Nous avons choisi le mois de juillet, car juin est très chargé en réunions et assemblées dans le milieu funéraire. Et nous voulions également faire une grande fête autour du Tour de France, qui va passer à 10 km de Luçon cette année. Ce sera l’occasion de se remémorer des souvenirs de jeunesse pour certains en voyant la caravane publicitaire du Tour", précise Sylvestre Olgiati.

Cette commémoration sera marquée par plusieurs temps forts. Tout d’abord le vendredi, en première partie d’après-midi, il sera possible de visiter (en groupe) les ateliers de production et le showroom. Cela permettra de découvrir les différents savoir-faire convoqués pour la réali-sation des nombreuses et très variées gammes de plaques France Funéraire, et de rencontrer ces hommes, artisans marbriers, qui sont les maîtres de ces pratiques et de ces métiers souvent très anciens.

Ces visites seront suivies par deux interventions d’importance. La première aura trait à l’histoire de l’entreprise. Intitulée "De Ouest Funéraire à France Funéraire", elle sera effectuée par Dominique Vigin, P-DG du groupe Chrisola, qui en fut le directeur et propriétaire, et en connaît donc bien les différents aspects historiques et évolutions industrielles. Sa conférence sera suivie de celle d’Aubin de Magnienville, président de la Chambre Syndicale Nationale de l’Art Funéraire (CSNAF), qui aura pour thème "L’entreprise française : source de fierté et vecteur de confiance", où il mettra en avant tout l’intérêt que nous devons à la fabrication française, et la pertinence de son maintien.

La journée se conclura avec un apéritif, un dîner, et une soirée festive. Le lendemain, les invités seront conviés à assister au départ de la première étape du Tour de France (Noirmoutier-en-l’Île/Fontenay-le-Comte) et à participer à un pique-nique champêtre.

Pour cet anniversaire, un "concours" – qui aura son épilogue plus tard dans l’année – est aussi lancé. Il consiste en une recherche par les clients des plus vieilles factures qu’ils peuvent avoir venant de France Funéraire (ou Ouest Funéraire). Le gagnant sera celui possédant la plus ancienne.

"Dans ce cadre patrimonial, nous proposerons aussi un jeu sous la forme d’une exposition de plaques de différentes époques, que les visiteurs devront replacer dans l’ordre chronologique du plus ancien au plus récent. Cela permettra de mettre en exergue les évolutions des formes, du design des modèles. Entre les nouveautés d’aujourd’hui et les articles d’il y a dix, vingt, trente ou quarante ans, on pourra voir les différentes tendances du funéraire au fil des décennies, et les changements, les avancées en matière de techniques."

Un photographe va réaliser un reportage – en noir et blanc – sur l’usine d’une manière subjective, avec un côté "artistique", un vrai travail d’auteur. Cela prendra la forme d’une "résidence" d’une semaine, et fera l’objet ensuite d’une exposition et d’un apport pour les archives.

Cette fête anniversaire sera à nouveau l’occasion pour chacun – membres du personnel, clients, fournisseurs, etc. – de se retrouver, d’échanger sur les expériences, sur les modes de fabrication, de faire toujours mieux connaissance, etc. À chaque fois, les distributeurs des produits France Funéraire discutent avec ceux qui les fabriquent, et les employés luçonnais rencontrent de manière conviviale ceux qui commercialisent leurs productions. "C’est aussi important de donner la mesure du temps qui passe, et de remettre les choses dans une trajectoire concrète. C’est aussi dans l’ADN de la société. Nous ne sommes pas là uniquement pour faire des objets carrés, rectangulaires ou ovales en granit. France Funéraire, ce sont des femmes et des hommes en mouvement, qui avancent d’étape en étape, qui sont le socle de cette aventure industrielle, et qui sont l’avenir de l’entreprise."

France Funéraire, vecteur d’emplois

1968 : 1er salarié embauché.
1969 : 10 salariés, passage d’une activité artisanale à une création de société.
1976 : 17 salariés, l’entreprise devient une société anonyme.
1979 : 26 salariés.
1986 : 41 salariés.
2018 : 85/90 salariés (toutes marques confondues).

 

Gil Chauveau

Résonance n°140 - Mai 2018

Instances fédérales nationales et internationales :

FNF - Fédération Nationale du Funéraire FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations