300, c’est le nombre moyen de comptes numériques qu’un Français possède au moment de son décès. Réseaux sociaux, messageries, services de streaming, comptes bancaires en ligne, plateformes d’e-commerce, espaces de stockage cloud, sites de jeux, programmes de fidélité, applications de santé. 300 comptes, et sa famille en connaît en moyenne… moins de 10.

Le nouveau visage du patrimoine
Pendant des siècles, la notion de patrimoine était tangible. On héritait d’une maison, de meubles, de bijoux, d’un compte en banque. Les démarches successorales étaient longues, parfois complexes, mais balisées. Le notaire savait quoi faire. La famille savait quoi chercher.
Aujourd’hui, le patrimoine évolue. Il est en partie immatériel, invisible, dispersé sur des dizaines de serveurs à travers le monde. Il prend la forme :
• de photos stockées dans un cloud,
• d’abonnements actifs,
• de points cumulés sur des programmes de fidélité,
• de soldes dormants sur PayPal,
• de cryptomonnaies dont personne ne connaît l’existence,
• de comptes de jeux ou de paris en ligne,
• de données de santé sensibles.
Ce patrimoine numérique existe. Il a une valeur, parfois sentimentale, parfois financière, souvent les deux. Et dans l’immense majorité des cas, il est laissé à l’abandon.
"On parle beaucoup de l’héritage matériel. On ne parle presque jamais de l’héritage numérique. Pourtant, pour de nombreuses familles, c’est là que se trouvent les photos, les souvenirs, parfois l’argent. Et personne ne leur dit comment y accéder", explique Alex Rensonnet, cofondateur de Repos Digital.


Ce que les familles vivent
Dans les jours qui suivent un décès, les familles sont submergées. Les démarches administratives s’accumulent, le temps manque et la douleur prend toute la place. Et puis, quelques semaines plus tard, commencent les signes.
Une notification Facebook sur le téléphone d’une sœur : "Souhaitez un joyeux anniversaire à Jean-Pierre." Un prélèvement mensuel pour l’abonnement Amazon Prime sur le compte joint. Un e-mail automatique : "Votre panier vous attend." Une demande de connexion LinkedIn, adressée à un défunt.
Ces micro-incidents semblent anodins. Ils ne le sont pas. Chacun d’eux rouvre une blessure. Chacun rappelle une présence qui n’est plus là, sous une forme que le deuil ne sait pas comment traiter.
À cette douleur silencieuse s’ajoute un risque concret : les comptes inactifs sont des cibles privilégiées pour les cybercriminels. L’usurpation d’identité post-mortem est en hausse régulière. Un compte Facebook non clôturé, un accès courriel resté ouvert, un profil LinkedIn figé : autant de portes d’entrée pour des arnaques qui visent les proches du défunt, déjà fragilisés.
300 comptes. Une procédure différente pour chacun.
Admettons qu’une famille souhaite prendre les choses en main. Par où commence-t-elle ? La réponse est décourageante. Chaque plateforme a sa propre procédure :
- Facebook propose deux options (suppression ou commémoration) accessibles via un formulaire spécifique, sous réserve de fournir un acte de décès ;
- Instagram suit un processus similaire mais distinct ;
- Google permet la désignation d’un gestionnaire de compte inactif, à condition que le défunt l’ait anticipé ;
- PayPal exige un dossier complet avec justificatifs d’héritage ;
- Netflix ferme le compte sur simple demande ;
- Les banques en ligne ont chacune leurs propres délais et leurs propres exigences documentaires.
Et pour les cryptomonnaies, les comptes de jeux en ligne, les programmes de fidélité, les applications de santé : il n’existe souvent aucune procédure standardisée.
"Nous couvrons aujourd’hui plus de 600 plateformes. Et nous constatons que même les familles les plus organisées abandonnent rapidement. Pas par manque de volonté, mais par épuisement. Parce que la complexité est réelle, et parce qu’elles n’ont pas à gérer ça en plus du deuil."
Qui s’en occupe, alors ?
Repos Digital ne demande rien aux équipes en agence. Le modèle est pensé pour s’intégrer sans friction : le professionnel du funéraire mentionne le service lors de la signature du dossier. Repos Digital prend en charge l’intégralité des démarches. La famille est accompagnée selon ses besoins et à son rythme, le temps que les comptes soient clôturés, les avoirs récupérés et les souvenirs sauvegardés.
"Les professionnels du funéraire avec qui nous travaillons nous disent tous la même chose : depuis qu’ils abordent ce sujet, les familles leur sont reconnaissantes. Non pas parce que le service est révolutionnaire, mais parce que quelqu’un a enfin pris la peine de s’en occuper pour elles," indique Nicolas Valsecchi, cofondateur de Repos Digital.
Aujourd’hui, plus de 800 professionnels du funéraire ont franchi ce pas. Ils ont intégré la gestion de la vie numérique dans leur parcours d’accompagnement, non comme un service annexe, mais comme une extension naturelle de leur mission.
Élu Service de l’Année 2025-2026 lors du salon FUNÉRAIRE PARIS, Repos Digital s’est imposé comme la réponse de référence à un besoin que le secteur avait longtemps laissé sans réponse.
Résonance n° 226 - Avril 2026