Activité discrète mais primordiale, le recyclage des métaux issus de la crémation est la spécialité de la société néerlandaise Orthometals. Depuis bientôt 30 ans, cette structure joue un rôle social et environnemental en récupérant et en recyclant les métaux, puis en reversant les bénéfices nets de son activité aux crématoriums.

Alors qu’on parle de plus en plus de responsabilité environnementale, et ce dans tous les domaines, le funéraire ne fait pas exception, et de nombreux acteurs se proposent de réduire l’empreinte carbone des obsèques. Parmi tous ces prestataires, Orthometals fait figure de vétéran, ayant pris à bras le corps la question du recyclage des résidus métalliques de crémation dès 1997.
En effet, c’est cette année-là que Jan Gabriëls, un chirurgien orthopédique, a fondé l’entreprise avec Ruud Verberne, spécialiste du recyclage de métaux. Le médecin est parti d’une question simple, que se posent beaucoup de professionnels : que deviennent les implants métalliques en cas de crémation (déjà très répandue au Danemark à l’époque) ? La réponse était simple : rien. Ces métaux étaient en effet "laissés de côté" et jetés à la poubelle, enterrés ou vendus à des ferrailleurs par les crématoriums.
Revaloriser les métaux issus de la crémation
En créant OrthoScrap, puis en la renommant Orthometals au début de son expansion internationale, les 2 fondateurs avaient un objectif clair : valoriser ces résidus, qui peuvent sinon être perdus. Concrètement, Orthometals fait une tournée des crématoriums et récupère les métaux issus de la crémation avant de les rapatrier dans leur centre de recyclage performant. Ces métaux peuvent venir du corps du défunt (broches, prothèses, couronnes dentaires) ou encore du cercueil (quincaillerie) et sont de différentes natures : fer, alliages cobalt-chrome, titane, etc.
Ces métaux sont ensuite transportés sur le site de recyclage d’Orthometals aux Pays-Bas, où ils sont triés puis revendus à des entreprises qui les fondent et les réintroduisent dans le circuit pour la fabrication d’objets ou la fonte d’alliages dans des hauts fourneaux. Transparente dans sa démarche appelée Crecycling (de Cremation et Recycling, une appellation déposée par l’entreprise), Orthometals s’engage à ce que les métaux qu’elle traite ne soient jamais réutilisés dans la fabrication de matériel médical, pour des raisons d’hygiène et de santé publique, même si les risques sont très faibles après qu’ils ont été fondus à plus de 1 200 °C.


Une démarche responsable et éthique
Orthometals est une entreprise certifiée ISO 9001 depuis 2010 et ISO 14001 depuis 2012. Ces deux certifications sont des normes internationales qui garantissent les conditions de fabrication et la qualité des produits : la première sanctionne la mise en place d’un système de management de la qualité, et donc la fourniture de produits conformes à de hauts standards évalués de façon indépendante. La deuxième liste une série d’exigences concernant le système de management environnemental, dans une démarche d’amélioration continue.
Après déduction des frais de fonctionnement, Orthometals reverse les bénéfices nets de son activité aux crématoriums, qui eux-mêmes en font souvent don à des associations caritatives. En France, la loi dite "3DS" de 2022 est d’ailleurs très claire, et elle précise que les sommes perçues par les crématoriums à la suite du recyclage des métaux issus de leur activité doivent être utilisées pour financer la prise en charge des obsèques des personnes dépourvues de ressources suffisantes, pour faire un don à une association d’intérêt général ou à une fondation reconnue d’utilité publique.


Un acteur mondial
Si, à sa création, Orthometals a immédiatement conclu un partenariat avec l’Association nationale des crématoriums aux Pays-Bas, qui comptait alors 75 sites, elle travaille désormais avec plus de 2 000 crématoriums dans 50 pays, en Europe, Asie et Océanie. En 2022, la société a également conclu un partenariat afin d’intégrer le marché américain.
Le grand nombre de crématoriums qui font appel à Orthometals est la preuve de la qualité de son service, mais également de la prise de conscience par les acteurs du funéraire et les pouvoirs publics de la nécessité d’organiser les filières de recyclage et de favoriser l’économie circulaire dans le secteur.
Mathieu Bougaud
Résonance n° 224 - Février 2026
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