Au-delà de leur mission d’accompagnement humain, les professionnels du funéraire occupent une position privilégiée pour orienter les familles vers des droits qu’elles ignorent souvent. Parmi ces droits figure le dispositif du recours contre tiers. Cet outil méconnu permet à l’Assurance maladie de recouvrer près d’un milliard d’euros par an, soit l’équivalent de plus de 46 millions de remboursements de consultations chez le médecin généraliste.

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Or, des milliers de décès sont causés chaque année du fait d’un tiers (accident de la circulation, intoxication mortelle, erreur médicale grave, homicide, chute d’un objet du fait d’un tiers, morsure d’un animal domestique…) : les professionnels du funéraire rencontrent donc quotidiennement des familles endeuillées concernées par le dispositif du recours contre tiers.

Qu’est-ce qu’un accident causé par un tiers ?

Peuvent notamment ouvrir la voie à un recours (liste non exhaustive) :
- Les accidents de la circulation causés par un tiers, peu importe le type de véhicule concerné (train, avion, bateau, vélo, trottinette électrique…) ;
- Les coups et blessures volontaires ;
- Les accidents impliquant un animal domestique (morsure, griffure, chute…) ;
- Les erreurs médicales (accident chirurgical, erreur de médicament, erreur de diagnostic, maladie nosocomiale…) ;
- Les intoxications accidentelles ou non provoquées par un tiers (lait infantile contaminé, pizza contaminée, médicament dangereux…) ;
- Les accidents domestiques imputables à la défaillance d’un appareil électroménager ;
- Les accidents sportifs fautifs (tacle irrégulier au football, coups interdits à la boxe...) ;
- Les homicides volontaires ou involontaires ;
- Les accidents scolaires ;
- Les chutes du fait du mauvais entretien d’un parc (privé ou public), d’un monument ou de la voirie ;
- Les chutes d’objet provoquant une blessure…

L’accident causé par un tiers peut :
- Avoir créé des blessures bénignes n’ayant nécessité qu’une consultation chez le médecin généraliste et un passage en pharmacie ;
- Avoir créé des blessures graves, mais temporaires, entraînant une hospitalisation ;
- Avoir entraîné des blessures permanentes ou une invalidité ;
- Avoir entraîné le décès de la victime (immédiatement ou non).

À l’inverse, ne sont pas des accidents susceptibles de faire l’objet d’un recours contre tiers :
- Les accidents ou quasi-accidents n’ayant entraîné aucune blessure ;
- Les accidents sans aucun tiers impliqué (une personne chute seule dans sa baignoire…) ;
- Les accidents causés par un animal sauvage.

Le recours contre tiers : un bienfait pour les finances publiques et les proches du défunt

En cas de décès du fait d’un tiers, les proches de la victime peuvent signaler la responsabilité de ce tiers à l’Assurance maladie afin qu’elle puisse réaliser un recours contre lui.

Ce faisant, le responsable du décès devra rembourser l’Assurance maladie pour les sommes qu’elle aura dépensées (hospitalisation, capital décès, rente d’ayant droit…). De plus, l’engagement de la procédure du recours contre tiers permet d’accélérer l’indemnisation des proches de la victime par l’assurance du tiers responsable.

Logigramme FNF accident non mortel

Comment signaler à l’Assurance maladie la responsabilité d’un tiers ?

Pour signaler à l’Assurance maladie la responsabilité d’un tiers dans un accident, il est possible :
- De faire la déclaration sur Ameli.fr dans la rubrique "Démarches" ;
- De faire la déclaration sur le site : demarches.numerique.gouv.fr/commencer/rct ;
- De faire la déclaration par téléphone au 3646 ;
- De faire la déclaration par courrier à l’adresse postale de la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) ou en déposant le courrier dans l’une des agences d’accueil de l’Assurance maladie.

Dès lors, les entreprises funéraires peuvent, dans le cadre de l’accompagnement des proches du défunt, attirer leur attention sur l’existence du recours contre tiers.

Cela peut passer par :

- Une affiche positionnée dans un espace accessible aux clients ;
- Un flyer dédié remis aux proches ;
- La présentation d’un guide des droits des défunts mentionnant le dispositif du recours contre tiers ;
- Une information orale placée au bon moment dans une conversation concernant le défunt…

Le recours contre tiers : un outil pour diminuer le coût de l’absentéisme dans l’entreprise

L’employeur du secteur funéraire a également intérêt à amorcer une procédure de recours contre tiers lorsqu’un de ses salariés est victime d’un accident causé par un tiers. Puisque les porteurs, chauffeurs, marbriers, conseillers funéraires, agents de chambre funéraire se déplacent quotidiennement sur le réseau routier, ils sont particulièrement exposés aux accidents de la route.

Lorsqu’un salarié est blessé dans un accident provoqué par un tiers identifié, l’entreprise supporte de nombreuses conséquences (maintien de salaire, désorganisation des équipes, recours à des remplaçants…). Or, toutes ces dépenses n’ont pas vocation à rester définitivement à la charge de l’employeur lorsqu’elles résultent de la faute d’un tiers.

Le recours contre tiers permet précisément de réclamer le remboursement des préjudices économiques supportés par l’employeur. Cela concerne les prestations nettes versées aux salariés (maintien ou complément de salaire notamment) ainsi que les cotisations patronales afférentes. Dans les faits, de nombreux employeurs passent pourtant à côté de cette possibilité, faute d’information ou de procédure interne.

Pour que l’employeur puisse bénéficier du recours contre tiers, rien de plus simple :

- Il faut tout d’abord savoir que l’un de ses salariés est en arrêt de travail (maladie ou accident du travail) du fait d’un tiers ;
- Il faut que le salarié signale à l’Assurance maladie la responsabilité du tiers (identité du responsable, date de l’accident, nom de l’assureur de la victime, numéro du sinistre déclaré à l’assureur et nom de l’assureur du responsable) ;
- L’employeur n’aura plus qu’à compléter le recours de l’Assurance maladie en adressant sa propre demande à l’assureur du tiers responsable.

Enguerrand Delion
Directeur des prestations et du contentieux à la CPAM du 92

Résonance n° 229 - Juillet 2026

Instances fédérales nationales et internationales :

FNF - Fédération Nationale du Funéraire FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations