Olivier Bernier.

Élu à la tête du Syndicat de l’Art Funéraire (SAF), Olivier Bernier succède à Sylvestre Olgiati, qui demeure son vice-président. Entre continuité et nouvelles ambitions, il revient sur les raisons de son engagement, les chantiers déjà engagés par le SAF et les priorités qu’il entend porter durant son mandat.

 SAF CMJN 1

Résonance : Vous venez d’être élu président du SAF, succédant à Sylvestre Olgiati. Qu’est-ce que cette prise de fonction représente pour vous, personnellement et professionnellement ?

Olivier Bernier : Assumer aujourd’hui la présidence du SAF est pour moi un immense honneur. Je remercie sincèrement les adhérents pour la confiance qu’ils accordent aux membres du conseil d’administration, ainsi que ces derniers pour celle qu’ils m’ont témoignée en me choisissant pour présider notre organisation.

Mon engagement au sein de la filière depuis mon plus jeune âge m’a naturellement conduit à cette responsabilité. Succéder, d’une certaine manière, à mon père, ancien président de la CSNAF, confère à ce mandat une portée symbolique particulière. Il m’a transmis la conviction qu’une filière forte repose sur un collectif uni, solidaire et fidèle à ses valeurs. Dans cet esprit, je m’attacherai à défendre notre modèle de filière et à mettre en lumière la mission d’intérêt général portée par nos entreprises.

R : Qu’est-ce qui a motivé votre engagement au sein du SAF ainsi que votre volonté d’en prendre aujourd’hui la présidence… une vision de filière, un enjeu de représentation, ou l’envie d’accélérer certains chantiers déjà engagés ?

OB : Au sein du SAF, nous partageons bien plus qu’un intérêt économique commun : nous portons une même vision et des valeurs fortes. Mon ambition est de rassembler nos expertises afin de faire entendre une voix unie et cohérente. C’est en affirmant collectivement notre rôle d’utilité sociale que nous pourrons accompagner et moderniser durablement notre filière.

Nous réaffirmons également notre engagement à garantir aux entreprises de pompes funèbres une offre de services exigeante et de qualité. En tant que premier maillon de la chaîne funéraire, nous avons la responsabilité de leur fournir les moyens de répondre au plus près des attentes et des besoins des familles.

La filière funéraire connaît de profondes transformations, et il nous appartient d’en relever les défis ensemble. Mon activité quotidienne au contact des acteurs du secteur me permet d’appréhender concrètement les réalités du terrain et les attentes de la profession.

Je souhaite mettre cette expérience au service du SAF, afin d’accompagner les grands dossiers stratégiques de la profession, notamment la défense du cercueil face à certaines idées reçues relayées dans le débat public, et plus largement la valorisation de notre savoir-faire et de notre contribution essentielle à l’accompagnement des familles, mais également qu’ils soient sur l’écologie, l’information, la formation ou le digital.

R : Sous le mandat de votre prédécesseur, plusieurs sujets de fond ont été portés par le SAF, notamment les réflexions sur l’évolution de la profession, le cimetière, la place du souvenir et les grandes mutations du secteur. Sylvestre Olgiati restant à vos côtés en tant que vice-président, nul doute qu’une continuité sera assurée dans tous ces chantiers. Comment envisagez-vous votre tandem ?

OB : Notre Syndicat s’inscrit dans une dynamique de continuité et de transmission, garantissant à la fois stabilité et préparation de l’avenir. Ainsi, lorsqu’un candidat à la présidence se déclarera, il pourra exercer les fonctions de vice-président afin de se familiariser avec les responsabilités de la fonction et de préparer sa future mandature.

Avec Sylvestre Olgiati, nous avons construit au fil des années une relation de confiance fondée sur des compétences complémentaires. Ensemble, nous poursuivrons le développement des valeurs du SAF, mais également explorerons de nouvelles perspectives pour accompagner les évolutions du marché.

Les orientations du SAF reposent avant tout sur l’engagement d’un collectif d’experts. Cette gouvernance collégiale reflète la diversité des sensibilités et des expériences qui composent notre filière. Chaque administrateur contribue activement, dans son domaine de compétence, à la réflexion et à la conduite de nos travaux. Cette richesse de points de vue s’accompagne d’une forte convergence sur les grands enjeux du secteur, permettant de définir des orientations partagées au service de l’ensemble de la profession.

R : Le SAF insiste sur son rôle de représentation de l’ensemble des fournisseurs du funéraire : face aux transformations du secteur, quels sujets vous semblent aujourd’hui les plus urgents à défendre collectivement auprès des pouvoirs publics et des acteurs de la filière ?

OB : L’une de mes priorités sera de contribuer à faire évoluer le regard porté sur notre profession en apportant des éléments factuels et objectifs face aux idées reçues qui circulent parfois dans les médias ou certains cercles politiques concernant l’impact environnemental de nos pratiques.

Le cercueil ne saurait être désigné comme le responsable des enjeux écologiques auxquels notre société est confrontée. Notre activité s’exerce dans le respect d’un cadre réglementaire exigeant et d’une éthique professionnelle forte. Au-delà de cette réalité, la question de l’empreinte carbone des obsèques mérite une approche globale et documentée. (L’étude carbone que nous avons menée montre que le cercueil pèse pour 4 % seulement du poids carbone des obsèques).

Elle souffre encore aujourd’hui d’un manque d’information et de pédagogie, tant auprès des professionnels du secteur que des familles. Notre rôle n’est pas d’alimenter les polémiques ou les débats partisans. Nous souhaitons avant tout éclairer les réflexions, partager des données fiables et contribuer à construire une vision prospective des évolutions de notre filière. C’est tout le sens du Forum du funéraire que nous organiserons le 1er octobre à la Mutualité, en partenariat avec la FNF (Fédération Nationale du Funéraire).

Nous poursuivrons également nos efforts pour mieux faire connaître les réalités de notre métier auprès du grand public et des médias. À cet égard, l’édition 2025 du salon FUNÉRAIRE PARIS a constitué un signal encourageant et un temps fort pour la profession. Il nous appartient désormais de poursuivre ce travail de valorisation afin de renforcer durablement l’image et la réputation de notre filière, d’accroître sa visibilité et de rappeler les valeurs d’engagement, de responsabilité et d’éthique qui la fondent.

R : Pour ce mandat, quel projet ou quelle impulsion aimeriez-vous laisser comme marqueur personnel à la tête du SAF, au-delà de la continuité des actions engagées par Sylvestre Olgiati ?

OB : La valorisation de la fabrication française constitue, à mes yeux, l’un des grands enjeux d’avenir pour notre filière. Nos entreprises portent un savoir-faire reconnu, fruit d’une expertise industrielle et artisanale unique. Dans un contexte de concurrence parfois fondée sur des logiques de coûts au détriment de la qualité, nous devons réaffirmer la valeur des produits funéraires conçus et fabriqués en France.

Le "Fabriqué en France" est bien plus qu’un argument économique : il est la garantie d’une offre de qualité, traçable et conforme aux exigences qui entourent l’accompagnement du deuil. Il traduit également un engagement en faveur de standards élevés, du respect des familles et de la préservation de compétences essentielles à notre profession.

Pour faire reconnaître cette exigence, nous renforcerons nos actions de formation et d’accompagnement auprès des entreprises de pompes funèbres. En contact direct avec les familles, elles sont les premiers ambassadeurs de nos savoir-faire et jouent un rôle déterminant dans la valorisation de notre filière.

Parallèlement, nous poursuivrons la modernisation de notre secteur en accélérant sa transformation numérique. La digitalisation de nos outils et de nos services doit nous permettre d’améliorer l’information, la réactivité et la qualité de l’accompagnement proposé aux familles, tout en répondant aux nouvelles attentes de la société. Sans oublier le salon FUNÉRAIRE PARIS dont je suis désormais le président, qui reste un rendez-vous incontournable de la profession.

Propos recueillis par
Steve La Richarderie

Résonance n° 228 - Juin 2026

Instances fédérales nationales et internationales :

FNF - Fédération Nationale du Funéraire FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations