Steve La Richarderie.

Entre transition et transformation : le funéraire à l’heure des nouveaux équilibres

 

À l’issue des dernières élections municipales, de nombreuses équipes locales prennent leurs fonctions avec, parmi leurs compétences, la gestion d’un domaine aussi sensible que structurant : le funéraire. Trop souvent perçu comme strictement administratif, ce secteur exige pourtant une compréhension fine de ses enjeux humains, techniques et sociétaux. Dans ce contexte, le dialogue avec les professionnels apparaît non seulement souhaitable, mais indispensable. Leur expertise constitue un repère précieux pour accompagner les élus dans leurs décisions, qu’il s’agisse de gestion des cimetières, d’équipements ou d’évolution des pratiques.


Car le funéraire est loin d’être figé. Il se transforme, parfois rapidement, au rythme des attentes sociétales. Parmi les évolutions marquantes, la montée en puissance du funéraire animalier s’impose désormais comme une réalité incontournable, à l’échelle française comme européenne. Longtemps marginale, cette activité s’inscrit aujourd’hui dans une demande croissante des familles, pour lesquelles l’animal de compagnie occupe une place affective majeure. En réponse, de nombreux fournisseurs développent désormais des gammes spécifiques, adaptées à ces nouvelles attentes, témoignant d’une structuration progressive du marché.


Cette tendance a d’ailleurs été largement documentée par le Syndicat des Arts Funéraires (SAF), qui a présenté lors de sa dernière Assemblée générale une étude approfondie sur le sujet. Cette initiative souligne la volonté de la profession d’anticiper les mutations plutôt que de les subir. La même Assemblée a marqué un moment important de gouvernance, avec la nomination d’Olivier Bernier à la présidence du Syndicat, succédant à Sylvestre Olgiatti. Dans un souci de continuité, ce dernier demeure engagé en tant que vice-président, garantissant ainsi la poursuite des projets engagés.


Cette capacité d’adaptation sera d’autant plus déterminante dans un contexte international incertain. Les tensions persistantes en Iran pourraient, en cas d’aggravation, entraîner une hausse durable des coûts de l’énergie. Une telle évolution impacterait directement les acteurs du funéraire, notamment sur les postes liés au transport et à la crémation. Face à ces risques, la question de l’électrification des véhicules funéraires et, plus largement, des démarches d’écoresponsabilité, prend une dimension stratégique.


De nombreuses initiatives sont déjà engagées dans ce sens : modernisation des équipements, réduction de l’empreinte carbone, réflexion sur de nouvelles pratiques plus durables. Ces efforts traduisent une prise de conscience collective, mais aussi une volonté d’inscrire le funéraire dans une dynamique responsable, en phase avec les attentes contemporaines.


Au fond, ces évolutions interrogent notre rapport même à la mémoire et au vivant. Comme l’écrivait Paul Ricœur, “la mémoire est le présent du passé”. En intégrant de nouvelles formes d’hommage, y compris pour les animaux, et en repensant ses pratiques face aux défis énergétiques, le secteur funéraire ne fait pas que s’adapter : il redéfinit les contours de ce lien entre souvenir, société et territoire.


Dans ce paysage en mutation, élus et professionnels ont donc tout à gagner à avancer de concert. Car c’est bien dans cette coopération que se dessine un service funéraire à la fois respectueux, innovant et durable.

Steve La Richarderie
Rédacteur en chef

Instances fédérales nationales et internationales :

FNF - Fédération Nationale du Funéraire FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations