Regarder vers l’avenir sans trahir l’essentiel
Conscient des évolutions que traverse notre société, le funéraire ne peut plus se contenter d’être le secteur que l’on ne sollicite qu’à l’heure de la peine et du deuil. Non… il doit se considérer tel un carrefour de civilisation, un espace où s’entrelacent mémoire, législation, technologie, éthique et intime.
Olivier Bernier et Pascal Caton, respectivement président du SAF et de la FNF, partagent cette conviction, animés par une ambition commune : transformer le dialogue professionnel en moteur d’avenir.
La création du "Forum du Funéraire : Aujourd’hui pour demain" en est l’expression la plus visible. Ce rendez-vous n’a rien d’un simple événement parmi d’autres. Il entend offrir à la branche ce temps rare : celui de la réflexion partagée, de la confrontation féconde des savoirs, de l’écoute entre opérateurs, fournisseurs, chercheurs, institutionnels, représentants des cultes, élus et citoyens.
À l’heure où les familles expriment des attentes plus personnelles, où la question environnementale impose davantage de pédagogie, où le numérique transforme les usages, il s’agit moins de suivre le changement que d’en discerner le sens.
Ensuite, la vague de chaleur qui frappe actuellement la France rappelle, avec une force particulière, combien notre métier reste exposé aux soubresauts de la société. Elle réveille aussi le souvenir de la canicule de 2003, épisode douloureux au cours duquel les professionnels funéraires, bien que dépassés par l’ampleur des circonstances, avaient tout mis en œuvre pour mener à bien leur mission, avec dignité, sang-froid et sens du devoir. Dans ces moments extrêmes, le funéraire révèle sa vérité la plus simple et la plus noble : être présent, tenir, accompagner, et servir sans faillir.
Olivier Bernier ancre son mandat dans cette dynamique de continuité engagée. La lutte contre les idées reçues, la mise en avant du savoir-faire français, l’innovation numérique, la formation, l’information, ainsi que la valorisation des fournisseurs et de leurs compétences : son objectif est de souligner que l’art funéraire va bien au-delà des simples produits et s’inscrit dans la dignité des rituels.
Pascal Caton, pour sa part, présente une feuille de route qui conjugue services aux adhérents, attractivité, formation, représentation et valorisation de l’image de la profession. Ensemble, ils dessinent une filière plus lisible, plus unie et plus utile.
Cette ambition prend un relief particulier dans un contexte parlementaire nourri d’interrogations sur le prix des obsèques, la transparence, les données post-mortem, les carrés confessionnels ou encore les reprises de sépultures. Ces débats montrent combien les pouvoirs publics, les collectivités et les élus locaux ont besoin d’interlocuteurs solides, capables d’apporter des données fiables, une expertise de terrain et une communication sereine.
Accompagner les pouvoirs publics, ce n’est donc pas défendre un pré carré ; c’est contribuer à l’intérêt général. C’est aider les maires à sécuriser leurs décisions, les familles à comprendre leurs choix, les professionnels à exercer avec clarté.
Comme l’écrivait Paul Ricœur, le souci d’autrui est au cœur de l’éthique. Dans le funéraire, ce souci commence par le respect des dernières volontés du défunt et se prolonge dans l’attention offerte aux vivants.
Steve La Richarderie
Rédacteur en chef