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Parmi ses différents rendez-vous, cette édition de FUNÉRAIRE PARIS a également vu se dérouler le concours d’éloquence des maîtres de cérémonie, porté par la Fédération Nationale du Funéraire (FNF) en partenariat avec le SAF, et sa finale s’est déroulée en public à l’espace conférences du salon. Pour cette 3e année, les candidats, tous collaborateurs d'entreprises adhérentes à la FNF, ont eu à faire l’éloge funèbre de Joséphine Baker, figure historique entrée au Panthéon en 2021.
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Le concours d’éloquence des maîtres de cérémonie, malgré son jeune âge relatif (c’est sa 3e édition), est déjà un des immanquables du salon FUNÉRAIRE PARIS. En effet, l’espace conférences était plein à craquer, avec plusieurs personnes debout au fond de la salle, faute de places assises. Et si une partie du public était constituée des collègues de Marina Aubert (ACF Pompes Funèbres), d’Arthur Bessy (Groupe Funécap) et de Maxime Rolland (Pompes Funèbres Société Nouvelle Vaugelade), nombreux étaient ceux qui voulaient écouter ce qu’ils avaient à dire. Et ils n’ont pas été déçus.

3 finalistes, 3 styles, 3 discours poignants

Arthur Bessy, premier à passer devant ce public nombreux, rappelle que Joséphine Baker a "grandi dans une Amérique marquée par la ségrégation et la misère" et dans laquelle "sa couleur de peau dicte ses limites". Il met l’emphase sur le choix de la jeune danseuse de venir à Paris : "Vous n’oubliez jamais de danser, et c’est ce qui vous permet de quitter votre terre natale et ses injustices pour venir en France comme on choisit un idéal. On vous entend alors clamer un jour de septembre : "J’ai quitté l’Amérique du Nord par un temps brumeux et je suis arrivée en France avec le soleil de France dans mon cœur."

L’engagement de Joséphine Baker est bien sûr célébré avec son changement de nationalité : "Un véritable honneur pour vous comme pour nous que vous n’hésiterez pas à défendre 2 ans plus tard, affirmant que la France vous a tout donné. Vous devenez résistante, honorable correspondante, pour ne pas dire espionne. Vous dansez aussi bénévolement pour soutenir le moral des troupes, cheminant avec la grâce d’une reine et l’esprit d’une guerrière face au fascisme et à la barbarie nazie. Votre combat s’orchestrera aussi à travers votre famille, une tribu arc-en-ciel." Il termine son discours par une citation fort à propos : "Et comme l’a écrit André Malraux, homme engagé et votre voisin désormais, la musique seule peut parler de la mort."

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Marina Aubert se lance ensuite. Évoquant l’époque, elle célèbre également la personnalité flamboyante du sujet du jour : "Paris, années folles, les plumes volent, les pavés vibrent, le jazz danse dans les veines de la ville. Et sur scène : elle, Joséphine, corps éclatant, cœur incandescent, une étoile venue d’ailleurs, rayonne dans la Ville Lumière. Mais Joséphine Baker n’est pas qu’une étoile, elle était une flamme." Au-delà de la liste de ses engagements, la finaliste centre son propos sur la personnalité de l’artiste : "Contrairement à ses danses bras croisés, jamais elle n’était hésitante à tendre la main à ceux dans la nécessité.

Elle aurait pu se contenter de danser. Elle aurait pu se contenter de chanter. Elle aurait pu se contenter de simplement briller. Mais non, Freda Joséphine McDonald (son nom de naissance) n’a jamais choisi la facilité. Elle a choisi le combat, l’amour, la liberté. De Broadway aux Folies Bergère, au-delà de son déhanché, Joséphine ne voudra se taire." Enfin, en guise de conclusion, elle se tourne vers l’avenir : "Madame Joséphine Baker, vous nous avez donné votre feu. À notre tour maintenant de le transmettre aux générations présentes et à celles à venir pour que jamais ne s’éteigne l’art de se souvenir."

Enfin, c’est Maxime Rolland qui prend la parole, après 2 concurrents ayant placé la barre très haut, mais il relève le défi, en traçant immédiatement les contours de son sujet : "Nous rendons un hommage à une mère, une épouse, une rêveuse, une danseuse, une actrice, une artiste, mais aussi une militaire, une militante, une résistante. En somme, nous rendons hommage à une conquérante. Une femme pouvant aussi bien accueillir dans ses cheveux des paillettes que de la boue. Une femme consciente de ce qu’est la précarité, consciente de ce qu’est l’injustice. Elle avait de l’or dans les doigts, dans la voix et dans le cœur."

Il relie également l’engagement de Joséphine Baker à notre quotidien : "Nous rendons hommage à une femme qui a su déceler l’intransigeant et inestimable équilibre entre le plaisir et le devoir. Et c’est une notion qui s’évapore bien trop souvent aujourd’hui à travers nos journées gorgées de précipitation. Même lorsque le temps est radieux, nous perdons ce sens du devoir, ou bien nous oublions quelquefois de vivre." Enfin, il conclut avec un espoir pour la vie, car c’est de cela qu’il est question : "Et ce 15 avril 1975, c’est une merveilleuse fleur qui fane juste devant nous. Et vous le savez, chaque fleur qui fane redonne à la terre riche et noire l’espace à la vie."

3 finalistes et un vainqueur à l’applaudimètre

Les candidats se sont emparés de ce sujet et ont rendu tous à leur manière un bel hommage à l’existence de Joséphine Baker, à son énergie, à son engagement contre l’horreur nazie, à son œuvre en tant que comédienne, danseuse, chanteuse. Les 3 finalistes ayant été sélectionnés par un jury composé de Steven Martinez (dirigeant des Pompes Funèbres Martinez et référent régional Pays de la Loire FNF), Ludivine Bertolutti (Pompes Funèbres Ludivine, entreprise adhérente FNF), Luc Coutelen (délégué général SAF) et Brieuc Cazouret (gagnant du concours 2023, Funécap) ont été départagés à l’applaudimètre, et Élisabeth Charrier (déléguée générale FNF), qui présentait la cérémonie, a eu le plaisir d’annoncer la victoire de Maxime Rolland pour son texte très émouvant.

Cette cérémonie a été un moment très fort pour les finalistes mais également pour leurs collègues et le public, qui ont répondu à l’appel. L’art de l’éloquence, art majeur dans le secteur funéraire, est une tradition qui mérite d’être célébrée et qui fait la différence pour les familles. Mais ce qui frappe, c’est également l’humilité de ces finalistes qui, même s’ils effectuent un travail impressionnant pour rendre hommage aux défunts, savent se mettre en retrait pour laisser les familles vivre leur deuil comme elles l’entendent. Comme l’a fort bien dit le gagnant de ce concours : "Ce ne sont en aucun cas les grands discours élogieux qui font d’une femme ce qu’elle est. Ce sont bien les souvenirs et les témoignages de celles et ceux qui ont côtoyé sa valeur à travers le temps et les intempéries."

De possibles surprises pourraient voir le jour en 2026… Restez attentifs pour en savoir plus…
 
Mathieu Bougaud

Résonance n° 222 - Décembre 2025

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