HYODALL a présenté au salon FUNÉRAIRE PARIS sa nouvelle gamme de capitons 100 % laine, ainsi qu’un nouveau rembourrage en matières recyclées. Pour ce faire, elle s’est associée à la jeune marque basque Traille, qui partage ses valeurs et a permis cette innovation en créant un nouveau type de textile. La fondatrice de cette dernière, Muriel Morot, nous explique les tenants et les aboutissants de ce partenariat.

Sur le stand de HYODALL au salon FUNÉRAIRE PARIS, l’ambiance était bucolique et champêtre, avec un magnifique espace présentant un éventail des productions de la marque, mais surtout des équipes intégralement vêtues de gilets de laine qui détonnaient au milieu des costumes sobres de la plupart des exposants.
La raison était simple, et avait la place d’honneur : le lancement d’un nouveau capiton 100 % laine française, ainsi que de rembourrages en matières recyclées. HYODALL porte ainsi haut ses valeurs : désir d’innovation, ancrage local, engagement en faveur de l’économie circulaire. Cette innovation s’est faite en partenariat étroit avec la marque basque Traille, qui œuvre à la redynamisation de la filière laine française, et pour la réhabilitation de cette ressource oubliée.
Cette ressource, pour être précis, est la laine basque, coproduit du secteur laitier local : "Aujourd’hui, nous avons beaucoup de brebis dans les Pyrénées-Atlantiques, pour produire le lait qui servira à la fabrication du fromage", explique Muriel Morot, fondatrice de Traille. L’appellation Ossau-Iraty, par exemple, représentait en 2017 une production de 4 359 tonnes de fromage, ce qui fait beaucoup de brebis... et donc beaucoup de laine.
"Les brebis sont tondues tous les ans, pour des raisons d’hygiène et de confort, générant pas moins de 1 200 tonnes de laine chaque année. Malheureusement, cette laine n’est plus valorisée et la filière laine locale est exsangue, ce qui fait que cette laine est considérée comme un déchet."


Redynamiser la filière laine
C’est pour cette raison que Muriel Morot a fondé Traille en 2020, avec deux piliers. Le premier est une stratégie de volume, car le volume de laine produite est énorme, mais seulement quelques artisans s’en servent pour faire des vêtements : "La laine produite ici est d’une qualité qui ne se prête pas forcément à la confection de vêtements, car les standards de douceur ont beaucoup évolué. De plus, nous subissons de plein fouet la concurrence de la laine de mérinos, qui est une véritable industrie en Afrique du Sud et en Australie, et qui est beaucoup plus douce."
Cette nécessité de trouver d’autres manières de valoriser cette laine est le deuxième pilier de Traille : sortir du cadre classique de la fabrication de fil et de vêtements. Ainsi, l’innovation guide l’entreprise, qui s’est spécialisée dans les textiles non-tissés (ou intissés). "Nous nous focalisons sur les nouvelles façons de lier les fibres ensemble sans les tisser : par des moyens thermiques ou par aiguilletage, comme avec HYODALL."
L’innovation est également dans le fait de "mettre de cette ressource naturelle là où on n’en met pas d’habitude, et si possible d’aller marcher sur les plates-bandes du synthétique, que l’on retrouve partout et qui est un dérivé du pétrole." Dans les usages innovants développés par Traille, on retrouve notamment l’ameublement, le textile bien sûr, mais aussi les emballages pour bouteilles de vin.


HYODALL, un partenaire privilégié
La collaboration avec HYODALL s’est faite naturellement : "Lorsque j’ai contacté HYODALL pour leur proposer ce partenariat, Aubin de Magnienville, dirigeant de la société, m’a immédiatement recontactée : il venait de voir un documentaire sur la laine, et a lui-même eu l’idée d’utiliser cette ressource." Cet alignement des planètes a fait que le projet s’est rapidement mis en place, et que les deux entités ont commencé les recherches ensemble.
Pour Muriel Morot, il a fallu d’abord appréhender les contraintes inhérentes au secteur funéraire et les standards de qualité de HYODALL : "J’ai dû partir de zéro, car je ne connaissais rien au funéraire. Nous avons fait des allers-retours, différentes versions du matériau, pour que cela fonctionne techniquement, tout en ne nécessitant pas de changements dans leurs lignes de production et en gardant un coût réaliste pour les familles."
Le fabricant de capitons a également pu rendre toute l’étape de recherche fluide du fait de sa structure industrielle : "Contrairement à des fabricants textiles, qui produisent souvent à l’étranger, le fait que HYODALL ait ses ateliers en France a rendu toute l’opération facile et rapide, car cela leur donnait une grande réactivité pour les tests et les retours." Finalement, les deux ans de recherche ont donné ce résultat : un capiton 100 % laine française, et des rembourrages en matière recyclée, qui ont eu du succès immédiatement pour les deux entreprises : "Aujourd’hui, la fibre pour HYODALL devrait représenter environ 10 % de ma production", commente Muriel Morot.
Le succès a été au rendez-vous à FUNÉRAIRE PARIS, avec un stand et des gilets, qui ont fait fureur et qui ont marqué les esprits par leur innovation et la qualité du produit fini. Plus qu’une relation fournisseur-client, c’est un véritable partenariat qui s’est noué entre les deux structures, qui se rejoignent sur leurs valeurs d’ancrage local, de qualité et de production responsable.
Mathieu Bougaud
Résonance n° 222 - Décembre 2025
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