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À l’heure où chacun laisse derrière lui des milliers de données, les familles ont besoin d’aide pour comprendre, gérer et protéger la vie numérique de leurs proches. C’est un sujet encore peu démocratisé, mais désormais reconnu comme essentiel : en 2025, Repos Digital, la start-up qui clôture les comptes des défunts aux côtés des pompes funèbres, a reçu le "Funéraire d’Or Service", saluant l’importance de cet accompagnement dans le parcours des familles.
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Alex, cofondateur de Repos Digital, revient sur les risques, les responsabilités et les solutions concrètes à la disposition des professionnels pour aider les familles. Il explique aussi comment anticiper les obligations qui se renforcent, notamment sous l’impulsion de la CNIL et de la réflexion collective autour de la mort numérique.

Résonance : On entend souvent que la "mort numérique" est un sujet nouveau ou marginal. Est-ce vraiment le cas ?

Alex : Pas du tout. Aujourd’hui, chaque défunt laisse une empreinte numérique. D’après nos chiffres, on estime qu’un utilisateur possède en moyenne 300 comptes en ligne, créés au fil des années (étude Dashlane 2023) : réseaux sociaux, cloud, banques en ligne, jeux, plateformes de streaming… Et cela concerne toutes les générations.

Dans nos dossiers, l’âge moyen des défunts est de 82 ans, et la personne la plus âgée accompagnée avait 102 ans. Les seniors ont massivement adopté le numérique pendant et après la pandémie, pour communiquer, conserver des photos, gérer leurs démarches. Une étude va encore plus loin : d’ici la fin du siècle, Facebook compterait plus de profils de personnes décédées que de vivants (Oxford Internet Institute, 2019). Le résultat, c’est que tout le monde laisse des traces, et que personne n’a vraiment anticipé ce qu’elles deviennent après le décès.

C’est précisément là que Repos Digital intervient. Notre mission est simple : clôturer les comptes du défunt et protéger ce qu’il a laissé en ligne, sans que la famille ait à s’en charger. Nous travaillons main dans la main avec les pompes funèbres : elles proposent le service, et nous prenons tout en charge, de l’identification des comptes jusqu’à leur suppression ou transformation. L’objectif, c’est d’aider les familles à traverser cette "mort numérique" que personne n’avait prévue, tout en offrant aux pompes funèbres un accompagnement complet, qui répond aux besoins d’aujourd’hui.

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R : Pourquoi cette empreinte numérique pose-t-elle problème ?

A : Pour 2 raisons, éthique et écologique.

1. Un enjeu éthique
Le premier problème, c’est ce que vivent les familles. Elles continuent de recevoir des notifications, des rappels d’anniversaire. Pour beaucoup, c’est un choc qui ravive la douleur et empêche de faire son deuil sereinement.

Viennent ensuite les risques concrets : piratage, usurpation d’identité, … Dans certains cas, les proches reçoivent même des messages envoyés par des personnes malintentionnées depuis le profil du défunt. C’est violent, et totalement évitable. Les données restent aussi en ligne : photos, vidéos, documents, historiques… Et parfois même de l’argent stocké sur des plateformes, que personne ne récupère faute de savoir que cela existe.

Et il y a un autre problème, plus méconnu : certaines plateformes ne coopèrent pas. Elles refusent de fermer un compte, exigent des documents impossibles à fournir, ou ne répondent simplement pas. Dans ces situations, il existe pourtant des voies d’action, jusqu’au dépôt de plaintes auprès de la CNIL, mais les familles n’en ont pas conscience et ne savent pas qu’elles peuvent agir.

2. Un impact écologique sous-estimé
Chaque compte laissé en ligne continue d’occuper des serveurs. Les photos, vidéos, historiques et données stockées génèrent une consommation énergétique réelle. Quand on multiplie cela par les millions de décès annuels, l’empreinte devient immense. Supprimer ou archiver correctement ces données, c’est éviter un stockage inutile, et donc réduire durablement l’empreinte environnementale du numérique.

R : En quoi est-ce un enjeu pour les pompes funèbres, concrètement ?

A : Parce que les besoins des familles ne s’arrêtent pas aux obsèques. Les premiers problèmes numériques apparaissent souvent après. À ce moment-là, les pompes funèbres ne sont plus là, alors que la famille, elle, est seule face au problème. Proposer un accompagnement dédié, c’est justement anticiper ces difficultés.

C’est offrir un service qui prolonge l’attention portée aux familles, sans alourdir le travail des équipes, et qui répond à un besoin réel, mais encore invisible au moment du rendez-vous.

Concrètement, cela permet aux pompes funèbres de :
• Proposer une solution clé en main, sans charge supplémentaire, nous gérons tout pour elles ;
• Protéger les familles, en complétant votre accompagnement post-obsèques ;
• Renforcer la satisfaction et la fidélisation famille ;
• Générer un revenu complémentaire si elles le souhaitent.

Plus de 1 000 agences nous font déjà confiance, et leurs retours montrent la même chose : cette problématique n’est plus accessoire.

R : Vous évoquez souvent l’éthique. Comment travaillez-vous sur ces questions chez Repos Digital ?

A : Notre mission première, c’est de clôturer les comptes des défunts et de protéger ce qu’ils ont laissé en ligne. Mais en pratique, nous faisons parfois face à des situations beaucoup plus sensibles. Par exemple : une femme nous demande de clôturer les comptes liés à l’adresse mail de son mari décédé. En utilisant notre scan, nous nous rendons compte qu’il a un compte sur un site de rencontres connu de tous.

Alors certaines questions se posent… Est-ce qu’on doit le signaler à l’épouse ? Est-ce que cela relève de la vie privée du défunt, ou d’un risque pour la famille ? Ce sont des questions complexes, qui ne peuvent pas reposer sur une simple procédure technique. Elles touchent à la dignité du défunt, au respect de sa mémoire et à la manière dont les proches vont vivre leur deuil.

Pour répondre à ces dilemmes, nous avons créé un comité éthique. Il réunit des juristes, des professionnels du funéraire et des spécialistes du numérique, afin d’avoir une vision complète : humaine, légale et opérationnelle.

Le comité nous aide à :
1. Analyser ces situations sensibles au cas par cas ;
2 . Définir ce qui est juste pour la famille, sans trahir la dignité du défunt ;
3. Faire évoluer notre charte éthique, qui encadre toutes nos pratiques.

L’objectif est simple, agir au mieux, avec respect, et offrir aux familles un accompagnement qui adoucit leur deuil plutôt qu’il ne l’alourdit. Cette démarche rassure énormément nos partenaires. Ils savent que, derrière la technique, il y a une réflexion sérieuse, solide et profondément humaine.

R : La CNIL semble renforcer son attention sur ces sujets. Qu’est-ce que cela change pour les pompes funèbres ?

A : La CNIL confirme une chose, le numérique post-mortem n’est plus un sujet secondaire, c’est un enjeu d’intérêt général. En 2024, elle a reçu 17 772 plaintes, un record absolu, en hausse de 8 % par rapport à 2023. Et une partie de ces plaintes concerne des plateformes qui ne respectent pas la loi… ou qui ignorent tout simplement les demandes des familles. Certaines ne ferment pas les comptes malgré les documents fournis, ne répondent pas, ou compliquent volontairement les démarches. C’est un vrai problème, et il faut le dire, les plateformes ne sont pas toujours à la hauteur de leurs obligations légales.

Dans ces cas-là, nous déposons nous-mêmes des plaintes auprès de la CNIL. C’est essentiel pour défendre les familles et rappeler que la loi s’applique à tout le monde, même aux géants du numérique. La CNIL, elle, avance vite. En 2025, elle a publié le Cahier Innovation & Prospective n° 10 "Nos données après nous", où Repos Digital est cité page 16 comme acteur de terrain sur la mort numérique. Nous avons également participé à sa table ronde officielle, dédiée à ces enjeux.

Ce que cela change pour les pompes funèbres est clair, le sujet va devenir encadré, normé et incontournable. Celles qui s’y préparent dès maintenant sécurisent leur accompagnement, renforcent leur rôle d’expert et répondent à un besoin qui va toucher toutes les familles.

R : Un dernier mot pour les pompes funèbres qui vous lisent ?

A : Nous le voyons chaque jour : les familles sont de plus en plus confrontées à des questions numériques auxquelles elles ne s’attendent pas. Avec Repos Digital, notre rôle est de mettre à votre disposition une solution clé en main, qui prolonge l’attention que vous portez déjà aux familles, un outil qui vous permet d’aborder sereinement un nouveau sujet, sans charge supplémentaire pour vos équipes.
 
Résonance n° 222 - Décembre 2025
 

Instances fédérales nationales et internationales :

FNF - Fédération Nationale du Funéraire FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations