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Paul Colize est un enfant du plat pays, et comme chacun le sait, les Belges, quelque sympathiques qu’ils soient, ne font strictement rien comme nous, aussi la trilogie "Antoine Lagarde" commence-t-elle par le volume deux...
Amateur d’art, et surtout de peinture, le père d’Ava, la dernière petite amie en date d’Antoine Lagarde, est retrouvé assassiné dans son appartement, un seul tableau est volé, et pas celui de la plus grande valeur, alors que l’appartement ne manque pas de pièces d’art facilement monnayables, et d’autres inestimables...
 
C’est donc cet homicide qui va être le point de départ du roman, et qui va nous faire découvrir un personnage plus qu’attachant, pourquoi ? 
Eh bien simplement parce que Antoine Lagarde n’est pas un super-héros, juste  un homme comblé par la vie, des maîtresses charmantes, de l’argent… Il s’est engouffré dans la brèche ô combien rémunératrice des consultants pour entreprises (Psy-Coach pour cadres dépressifs),  assez cultivé, séducteur et avec un immense sens de l’humour. Cet homme a donc la belle vie, la belle vie  jusqu’au jour où l’on assassine le père de sa maîtresse, et qu’Antoine s’occupe d’un mail qui ne lui était pas destiné...

Prenez un citoyen lambda, ordinaire, faites-lui vivre un cauchemar et vous obtiendrez une aventure passionnante. Paul Colize n’est pas le premier à faire ce genre de chose. Des tonnes d’auteurs et de scénaristes démarrent ainsi leurs œuvres. Hitchcock disait que c’était le meilleur des scénarios. Mais surtout en partant d’un type comme vous et moi, cela permet au lecteur de pouvoir s’identifier au héros. Résultat : on pense pour lui et l’on est heureux et déçu pour lui, on est vraiment pris dans la trame en fait.
 
Ce livre est écrit à la première personne, un exercice de style loin d’être facile, Frédéric Dard y jouait beaucoup, mais nombre d’auteurs qui ont voulu faire dans ce style ont échoué. Et en plus il y a aussi une double narration, d’un côté Antoine en 2008, et l’historique du tableau en 1901.

L’écriture de Paul est fluide, agréable, on ne s’ennuie pas une seule seconde, allant de rebondissement en rebondissement, puis il y a cet humour particulier, cet art de la réplique, du cynisme et de l’humour noir...


La quatrième de couverture, afin de vous donner envie de le lire :

"Les rousses, c’est mon péché mignon.
Il y a des choses qui ne s’expliquent pas.
Si j’en compte déjà une belle brochette dans mon palmarès, Ava, la dernière en date, occupe sans conteste le haut du classement.
En ce qui concerne le meurtre de son père, autant le dire tout de suite, je n’ai rien à voir là-dedans. Pas plus que dans le vol de cette toile apparemment sans valeur. Ces choses-là arrivent.
C’est dommage.
Bien sûr, je n’aurais pas dû subtiliser ce message qui proposait de chercher l’erreur. Il ne m’était pas destiné. Pas plus que je n’aurais dû me foutre de la gueule des flics qui s’empêtraient dans cette enquête.
C’est vrai.
Que voulez-vous, j’ai toujours aimé mettre mon nez dans les affaires des autres.
Il y a des choses qui ne s’expliquent pas."

Rencontre avec l’auteur :

Sébastien Mousse : Bonjour Paul, merci d’accorder un peu de ton temps pour les lecteurs de Résonance. Ma première question porte sur Antoine, je m’y suis attaché à ce type, le retrouvera-t-on dans un prochain livre ?



Paul Colize : Comme tu l’as dit plus haut, rien n’est sûr avec les Belges, une trilogie qui commence par le deuxième volet et qui pourrait bien se limiter à un diptyque. Je te répondrai après avoir vu mon psy.



Sébastien Mousse : Tes écrits sur Klimt sont impressionnants de détails, de fidélité, grand travail de recherche ; es-tu un passionné, un érudit  d’art ?

Paul Colize : Ni érudit ni passionné, je suis un besogneux. Ma meilleure façon d’apprendre quelque chose sur un sujet que je ne connais pas est d’écrire un livre sur ce même sujet. Ensuite, je dévore des bouquins, je visionne des films, je surfe sur le net, je rencontre des experts et surtout, je vais sur place. Je suis allé à Vienne pour voir le "Baiser", j’ai aussi eu le privilège de visiter la maison de Kokoschka, à Villeneuve. J’adore cette partie de la construction d’un bouquin. 


Sébastien Mousse : Une question que je me pose souvent, lorsqu’un auteur crée un héros sympathique, avec plein de qualités, est-ce qu’il se projette sur son personnage, est-ce que Paul Colize aimerait être Antoine Lagarde?



Paul Colize : De moi à toi, je pense qu’Antoine Lagarde rêve d’être Paul Colize.



Sébastien Mousse : Tu es sur le projet de Fabien Hérisson (Livresque du noir, un site à consulter de toute urgence si vous aimez le polar !), tu peux nous parler un peu de ce projet ?


Paul Colize : Il s’agit d’un recueil de nouvelles réalisé par quinze polardeux dont les droits d’auteur seront versés à une association de bénévoles qui apportent leur aide à des enfants autistes. J’en profite pour demander à ceux qui liront cet article de lui faire un bon accueil.

Sébastien Mousse : Quelle est ton actualité littéraire du moment Paul ?



Paul Colize : Mon prochain roman sortira le 1er mars à la Manufacture de Livres. Il s’intitulera Back Up et proposera aux lecteurs une plongée dans le monde du rock des sixties où sexe, drogue et rock’n’roll faisaient bon ménage.



Sébastien Mousse : Paul, je te remercie de tes réponses et de ta sympathie...

Sébastien Mousse,
thanatopracteur.

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