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Le dialogue, première des énergies renouvelables

L’époque est aux débats où s’affrontent deux antagonismes à grand renfort d’arguments ou d’idées reçues qui n’honorent ni l’une ou l’autre des parties en présence. Tout ceci nous appelle naturellement à nous interroger sur les vertus du dialogue dont le premier exemple est celui d’Adam et Ève au résultat pour le moins contrasté.

Le dialogue a une étymologie grecque dont nous devrions prendre en compte la subtilité. Tout d’abord, "logos" qui signifie "parole", "discours", mais également la raison. Puis "dia" qui ne signifie pas "à deux" mais "au moyen de", "au travers de". Il est donc sous-entendu que "la raison" est un moyen, mais alors, dans quel but ? On a tendance à idéaliser le dialogue, à en faire quelque chose de pur, de beau, une source de plaisir. C’est vrai que, bien compris par les parties en présence, celui-ci peut se révéler une source très positive, une émulation bénéfique où chacun repart en ayant reçu un salaire symbolique, celui de la connaissance.

Hélas, la réalité est souvent différente et on parle alors de "dialogue de sourds", de "joute oratoire", dont la finalité n’est pas l’échange, la compréhension, la synthèse et la restitution des idées de l’autre, mais bien la victoire totale sur un adversaire, un conflit où il n’y a pas de prisonniers… Le philosophe Schopenhauer soulignait à juste titre, dans son ouvrage "L’art d’avoir toujours raison", que "ce qui importe n’est donc pas l’expression de la vérité mais bien la victoire". Le dialogue devient alors monologue, mais pas nécessairement stérile. En effet, Socrate cultive cet art subtil dans ses fameuses "Questions" qui ne sont avant tout que rhétoriques, laissant peu de place à ce qu’il appelle les "figurants". À bien y regarder, ces monologues ne sont pas éloignés de sentiments moins nobles où l’orgueil siège en bonne place. Un risque qu’il faut bien mesurer dans cet exercice.

Un bon dialogue commence donc par la prise en compte de l’autre, de ses idées, de sa spécificité. Celui-ci n’est pas une guerre d’orateurs, mais bien un assemblage de complémentarités qui doivent déboucher sur une conclusion respectueuse des autres et de soi-même. Il est une source de connaissance, une énergie renouvelable à l’infini. Qu’il soit interculturel, religieux, politique, social… la raison doit s’imposer comme le médiateur essentiel dans cette approche. La dialectique devient un art, car cette confrontation pacifique des idées est un véritable dépassement de soi-même, "une purification de l’esprit", comme l’affirme Platon.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de ce court exposé dans nos pratiques quotidiennes professionnelles, et notamment lors des quelques tables rondes que nous aurons à fréquenter dans quelques semaines à FUNÉRAIRE PARIS ? La première serait déjà "l’humilité". Cette dernière ne dévalorise pas l’individu, bien au contraire, permettant même d’ouvrir plus grand son regard aux autres. Second point important : ne pas répondre à une question par une autre question. Cette astuce parfois utilisée ne fait qu’embrouiller le message initial. Enfin, se souvenir d’une phrase très connue qui a fait ses preuves : "apporter sa pierre à l’édifice". L’apport d’une contribution se fera en complémentarité de l’argument initial par un enrichissement du propos, une progression vers la lumière et non un retour aux abysses de l’ignorance. La recherche de la vérité apparaît donc comme la voie ultime de la sagesse. Ce respect mutuel instauré va rejaillir sur l’ensemble des participants et la synthèse conclusive du débat profitera à tous. C’est bien le but recherché…

Nous sommes face à de nombreux défis… qui ne sont pas conjoncturels, mais en réalité structurels. L’impératif catégorique d’un dialogue s’impose à notre profession tout entière. Subir ou agir devient essentiel et il ne saurait être question de détourner le regard devant cet enjeu décisif qui conditionne nos avenirs respectifs. Dialoguons !
 
Steve La Richarderie
Rédacteur en chef

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