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Le respect, un apprentissage permanent

Dans nos métiers du funéraire, le respect fait partie intégrante de notre ADN. C’est un fait et ce postulat est largement diffusé par les enseignes, réseaux, fédérations, indépendants du funéraire. Il ne faut pas y voir une forme de communication publicitaire, mais bien l’expression d’une éthique commune nous rassemblant et que nous cultivons jour après jour.

Certes, nous avons des quotidiens particuliers. La douleur, la souffrance des familles rythment nos heures, et nous avons appris à transférer ces torrents émotionnels bien naturels. Il en est de même de l’accompagnement que nous prodiguons à celles et ceux qui nous accordent leur confiance dans ces instants douloureux et que jamais nous pourrons, eux comme nous, oublier. Le respect est donc un terme particulier, mais qui se trouve quelque peu galvaudée dans nos sociétés contemporaines ; aussi, un retour sur mémoire s’impose…
Le respect s’impose comme une exigence morale universelle, interprétée dans tous les textes sacrés des religions et dans les philosophies classiques. Le parfait résumé réside dans le fameux Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Le fait de respecter une personne nous met avant tout dans la position où nous nous respectons nous-même.

De nombreux philosophes ont planché sur le sujet et l’un des plus célèbres d’entre eux est certainement Emmanuel Kant qui, dans Les fondements métaphysiques des mœurs, pose ces fameux impératifs catégoriques. Le premier est parfaitement explicite : Agis de telle façon que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. Le second précise : Agis selon la maxime qui peut en même temps se transformer en loi universelle. Le respect de l’autre s’inscrit chez le philosophe Emmanuel Levinas, comme chez Paul Ricœur, dans une perspective avant tout éthique qui se veut partie intégrante de l’universalisme.

C’est ainsi que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 répond aux aspirations des hommes en posant ce texte en une loi irréfragable, qui devrait s’imposer à tous les êtres sensibles qui fondent notre humanité. Son article premier doit être présent en permanence en nos esprits : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Le respect, la dignité, l’éthique, l’intérêt général et le bien commun, la solidarité fraternelle humaine, le partage, la tolérance… tout ceci n’est pas inné, quoique… Une éducation permanente des générations est nécessaire, car l’être humain a tendance à oublier souvent un peu trop rapidement ses devoirs essentiels.

Nous en mesurons les effets pervers un peu plus chaque jour. Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m’enrichis, citait Antoine de Saint-Exupéry. Cette phrase doit résonner dans nos consciences avec permanence, force et vigueur. L’autre n’a pas forcément la même couleur de peau, parle un langage différent du nôtre, a des coutumes différentes, son physique est peut-être inhabituel, peut-être souffre-t-il d’un handicap physique ou intellectuel. Où se situe la normalité ? Est-il audible de l’évoquer lorsque tant de différences se côtoient chaque jour ? Nous sommes bien placés pour le comprendre. Ce que nous savons avec certitude réside dans notre point commun d’être humain : nous sommes mortels, tous sans exception, là est notre destin.

Le jour où viendra cet ultime rendez-vous, nous serons présents pour accompagner les proches, toiletter le défunt, prendre soin de son corps et être les garants de sa dignité jusqu’à l’instant de la séparation définitive. Il en est de notre devoir de dignité, un impératif catégorique empreint d’humilité et d’empathie, car, ce faisant, nous assistons chaque jour à ce que sera notre propre moment d’être nous-même porté.
 
Steve La Richarderie
Rédacteur en chef

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations