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La vie tente de reprendre son cours normal malgré la reprise modérée de la pandémie… Et il en est de même dans le milieu funéraire. Cependant, certaines pratiques ou certains modes de fonctionnement s’en sont trouvés modifiés, dans lesquels des réponses ou des recherches de solutions peuvent être apportées par la CFE-CGC.
C’est le cas notamment du télétravail ou, plus précisément, du travail à la maison. Échanges et constats en compagnie de Jean-François Lécuyer, de la CFE-CGC Funéraire.
 
CFE CGC 1

Lecuyer JF 1Si le télétravail a été une réelle solution durant le confinement (bienvenue et adaptée à la crise sanitaire) pour éviter de potentiels licenciements tout en permettant de maintenir l’activité de nombreuses entreprises, il s’avère – même si ce sujet est encore peu débattu – que sa pratique a soulevé des problèmes concrets pour les salariés le pratiquant. En effet, au bureau, chacun bénéficie normalement d’outils adaptés (fauteuil ou chaise, ordinateur, par exemple), mais il n’en est pas de même chez soi, et les conditions de travail ne sont pas forcément optimales, voire sujettes à différentes inadaptations mettant en péril l’efficacité des tâches à accomplir.

Il faut reconnaître que rester huit heures sur une chaise de maison, quel que soit le modèle, design ou pas, peut faire naître ou aggraver des lombalgies ou d’autres maux de dos, par exemple. Ce sont des choses auxquelles on apporte plus de vigilance sur site, en agence, en atelier, que quand on exerce chez soi.

Télétravail, un cadre encore à déterminer

"De plus, l’attitude de travail au bureau n’est pas la même que celle que l’on peut avoir à son domicile. Certains restent assis toute la journée, alors qu’en entreprise, c’est rarement le cas. On se déplace pour aller à la machine à café, en salle de réunion, ou voir un collègue, un chef de service, etc. La mobilité est différente. On marche plus, et cette petite activité physique permet non seulement de se détendre, mais aussi de faire bouger l’ensemble des muscles du corps et de faire des coupures, notamment avec l’écran de l’ordinateur", précise Jean-François Lécuyer.

"Pour notre part, nous parlons pour l’instant plus de travail à la maison. Syndicalement, compte tenu d’un retour significatif de la pandémie actuellement, nous savons que des négociations concernant le télétravail en tant que tel vont sans doute devoir se faire, pour certaines grosses sociétés funéraires, pour que celui-ci soit construit, encadré, organisé. On doit passer du travail à la maison au télétravail avec un respect des mêmes normes que celles appliquées dans l’entreprise."

L’art de la négociation possible uniquement en présentiel

Un autre aspect non négligeable est la perte de contact entre le syndicat et les salariés. Ceux-ci n’appellent que s’ils ont des problèmes. Et la négociation est compliquée hors présentiel. "Habituellement, nous les voyons, les rencontrons, nous discutons sur différents sujets, et pas que sur des difficultés à résoudre. Cela peut être des questions réglementaires, des projets, de la formation, etc. Avec le télétravail, nous perdons ces échanges. J’ai d’ailleurs fait le choix de ne négocier maintenant qu’en présence des gens, car sinon, il y a trop de choses de perdues, des non-dits qui s’installent facilement au téléphone, mais qui ne sont ni constructifs, ni exploitables, ni exploités."

En présentiel, ces non-dits peuvent s’échanger en aparté, aider à éclaircir certains points, lever des malaises. Cette problématique concerne autant les discussions en interne dans chacune des organisations syndicales, que celles dans chaque syndicat, ou bilatérales entre les organisations et la direction. Idem au niveau de la branche professionnelle avec le patronat et les différentes représentations "métier" ou institutionnelles, etc. Cela peut permettre d’améliorer, de discuter des points de vue, ces derniers pouvant être, en salle (en réunion), contradictoires – parce qu’on s’est mal compris –, mais atténués ou supprimés à l’occasion de la pause, par exemple. Le résultat est souvent une négociation plus facile, avec accord parce qu’on a pu s’expliquer. Force est de reconnaître que cela est bien plus difficile, voire impossible, au téléphone, à distance.

Créer de nouvelles règles du jeu

"Pour cette rentrée, notre principal objectif en tant que CFE-CGC Funéraire est bien le télétravail, ou plus exactement "Comment travaille-t-on dans les circonstances actuelles ?", cela tant au niveau des réseaux que des indépendants. Car il faut aborder la sécurisation, les relations avec les familles, l’organisation générale, tout comme celle des obsèques, l’application concrète des normes de protection imposées, etc. Les professions funéraires sont des métiers de contacts, d’extérieurs aussi, avec des cérémonies à l’église, en salle, au cimetière, en présence de personnes respectant, ou pas, le port du masque, la distanciation… Nous avons des fonctions de "promiscuité". Les gens, les familles, instinctivement, se rapprochent dans ces moments de douleurs – de fragilité – dus à la perte d’un être cher."

Il est nécessaire de comprendre aujourd’hui que la Covid-19 est présente pour un moment. Cela devient donc un véritable enjeu syndical, professionnel que de savoir comment les personnels funéraires devront travailler dans les mois qui viennent, et cela en se basant sur les pratiques actuelles puisqu’il n’y a pu y avoir d’interruption – pour prendre du recul, réfléchir – et que c’est l’adaptation qui a été la règle. C’est en tenant compte de cela que Jean-François Lecuyer et CFE-CGC Funéraire entendent construire une politique syndicale appropriée.

Apprendre à vivre avec

"Nous savons que nous travaillons pour quelque temps en "compagnie" d’un virus. Ce qui veut dire qu’il peut y avoir durant une période une augmentation spectaculaire de décès dans une région ou un département, et le lendemain, c’est fini, et ça se passe ailleurs. Sur le terrain, il faut être capable de gérer ces soubresauts. Au niveau de l’administratif (compta, paye, etc.), que ce soit pour les entreprises moyennes ou très grandes, il faut savoir ce qu’on organise en travail à la maison et comment on le transforme en télétravail. À partir de là, nous devons faire comprendre que des négociations sont nécessaires. Il s’agit ici simplement d’accords positifs qui seront protecteurs pour les employés, qui fixeront les règles du jeu utiles aux deux parties, employeur et salarié."

Bien sûr, d’autres réflexions, d’autres enjeux, d’autres négociations sont à venir : garantir la protection sociale et l’alimentation de la sécurité sociale par les cotisations, sachant que l’absence de certaines charges sociales durant le confinement et au début du déconfinement n’a pas été pour l’instant compensée par l’État ; les négociations salariales, l’amélioration du fonctionnement des 35 heures lorsque cela est possible… Des sujets que nous aurons sans doute l’occasion de détailler prochainement.
 
Gil Chauveau

Résonance n°163 - Septembre 2020

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