Je souhaite revenir, à l’occasion du décès d’Anne Tourres le 14 février après une longue maladie, sur son engagement auprès de la filière funéraire.
À l’origine de la présence d’Anne, il y a les salons. Anne Tourres travaillait dans l’organisation de salons professionnels et son entreprise avait été contactée par la Chambre Syndicale Nationale de l’Art Funéraire (CSNAF) pour organiser la première édition de FUNÉRAIRE PARIS. C’était en 1987.
Comme elle l’explique dans le n° 203 de Résonance il y a deux ans, en revenant sur son parcours, en 1987, la CSNAF n’a pas de permanent et le secrétariat était assuré par l’entreprise du président en titre. C’est après le succès de ce premier salon et des suivants que sa bonne connaissance du secteur a donné l’idée d’intégrer Anne progressivement comme secrétaire générale du syndicat.
Une fois à la retraite, elle a continué cette activité "de cœur" et s’est consacrée entièrement à la filière funéraire. Au-delà de la CSNAF, elle aura marqué le monde funéraire par sa personnalité appréciée et par son travail besogneux au service des intérêts de toutes les parties prenantes de la profession, concourant notamment à établir FUNÉRAIRE PARIS comme un salon de référence au niveau européen.
Parallèlement, elle a œuvré à nombre de nos projets récents : mise en place du site grand public www.info-deces.fr, organisation des 1res Assises du Funéraire au Sénat, édition du livre "Les Métiers de l’Art Funéraire", travail d’enquêtes régulières avec le CREDOC afin de mieux documenter notre filière… Elle a ainsi incarné notre action syndicale pendant plus de 30 ans.
Pour ma part, j’ai eu la lourde tâche de procéder au deuxième départ en retraite d’Anne il y a un peu moins de deux ans. Cette transition a été un processus diplomatique intense car l’engagement d’Anne était au moins aussi fort que la limite d’âge et le besoin de se reposer après une vie professionnelle très bien remplie.
Pour son départ de la Chambre syndicale, il y a tout juste deux ans, je n’ai pas voulu monopoliser la parole. J’ai proposé à chaque administrateur de choisir un mot pour définir Anne et de le commenter devant elle. C’était un moment consensuel et émouvant. Je trouve que c’est dessiner un beau portrait d’elle que de rappeler ce "bouquet de mots" ici : "discrétion, rigueur, engagement, fiabilité, dévouement, bienveillance, attachement, influence, amitié, abnégation, dévotion, caractère".
Les témoignages et messages de condoléances reçus sont expressifs également et soulignent tant ses qualités humaines que professionnelles. Je me permets de citer Loïk Rodde qui m’a écrit les mots suivants : "Elle laisse en moi un souvenir ému d’une personne remarquable. Elle a beaucoup œuvré pour notre milieu et a été une cheville ouvrière dévouée et redoutablement efficace. […] Son gentil sourire restera gravé en ma mémoire".
À ce sourire régulier, j’ajoute le souvenir d’un regard pointu, celui d’une grande professionnelle. Le Syndicat de l’Art Funéraire restera marqué par l’accompagnement dont elle a fait preuve pendant près de 40 ans et qui a façonné son ambition.
Mes pensées vont à Laurent, son mari, oreille attentive et patiente, avec lequel elle partageait tout, et à ses deux enfants, et ses petits-enfants qui étaient très importants pour elle.
Sylvestre Olgiati
Résonance n° 224 - Février 2026
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