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L’écomobilité, les espaces verts, la formation, le bien vivre ensemble ou encore les aménagements urbains, sportifs, communautaires ou artistiques, sont autant de problématiques qui concernent nos élus… et le funéraire en fait bien évidemment partie. Pour autant, pour ce qui est de ce dernier sujet, il est, encore aujourd’hui, très fréquemment éludé. À l’occasion de cette nouvelle édition du Salon des Maires et des Collectivités Locales (SMCL), sa nouvelle directrice, Stéphanie Gay-Torrente, souhaite replacer le funéraire à sa juste place. Rencontre.
bandeau SMCL2020
 
 
 
Résonance : Madame Gay-Torrente, c’est la première fois que vous vous exprimez dans nos colonnes. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots… quel est votre parcours ?

Stéphanie Gay-Torrente : Après 17 ans passés au développement du salon POLLUTEC, salon international des équipements, des technologies et des services de l’environnement et de l’énergie, j’ai pris, en septembre 2019, la direction du SMCL portée par une envie de travailler auprès des territoires pour accompagner les enjeux de transition énergétique, environnementale, sociale…

R : Quels vont être les grands thèmes de ce SMCL 2020 et pensez-vous que le funéraire y a sa place ?

SG-T : Du 24 au 26 novembre 2020, la 25e édition du SMCL se positionne comme facilitatrice des transitions dans lesquelles les collectivités sont engagées et dont elles vont devoir accélérer la mise en œuvre. Nous avons pour objectif d’aider et accompagner les acteurs locaux, départementaux et régionaux à organiser la résilience de leurs territoires face aux impératifs sanitaires et aux exigences environnementales qui s’imposent sur le court terme et le long terme.

Le SMCL propose chaque année la rencontre des élus et des exécutifs locaux avec les entreprises qui apportent des solutions techniques et pratiques à leurs besoins, à leurs ambitions. Le salon s’adresse aux acteurs de tous les territoires, à la fois urbains et ruraux, collectivités, entreprises et collectifs citoyens.

Ensemble, exposants et visiteurs, travaillent à équiper, organiser, aménager, construire, transformer, améliorer le quotidien et la qualité de vie des habitants. Les collectivités territoriales interviennent tout au long de la vie des gens. Nos villes, nos intercommunalités, nos départements et nos régions sont confrontés à d’importants enjeux de transition énergétique, de transition écologique et environnementale mais aussi de solidarité et de mieux vivre ensemble. Autant d’enjeux qui seront les thèmes du prochain SMCL.

Les cimetières sont des lieux qui font pleinement partie de nos communes, qui font partie de nos vies. De la même manière que l’on fait converger les crèches et les EHPAD, les plus jeunes et les plus anciens, peut-être serait-il intéressant de repenser et réintégrer les cimetières dans l’espace public.

R : Comment envisagez-vous son intégration ? (aux différents thèmes 2020)

SG-T : Le SMCL est désormais organisé en neuf grands secteurs. Le secteur "Construction et Aménagement" rassemblera désormais tous les acteurs qui présentent des solutions au bénéfice de projets d’aménagement des territoires : le bâtiment et les travaux publics, les mobiliers et équipements urbains mais aussi les activités de pavage, dallage et tous les équipements funéraires et cinéraires. Nous avons souhaité associer ces équipements aux aménagements essentiels d’une commune.

Le SMCL propose donc une offre de matériels, produits, services et solutions sur tous les secteurs qui touchent à l’organisation et la gestion du quotidien des citoyens.
Le secteur funéraire est naturellement présent depuis l’origine du salon et pleinement intégré à l’offre. Depuis la loi Sueur et les nouvelles obligations pour les communes de plus de 2 000 habitants de disposer d’un site cinéraire, le secteur cinéraire tend à se développer aussi dans notre offre.
Chaque commune a son cimetière. Le maire est officier d’état civil mais il est également l’autorité responsable en matière de régulation et gestion des services funéraires et des lieux de sépulture. Avec le conseil municipal, le maire assure la réalité quotidienne de ces espaces : création, aménagement, entretien, extension ou encore translation du cimetière ; délivrance et reprise des concessions (reprise pour non-renouvellement ou état d’abandon), ainsi que la fixation des conditions de délivrance et les tarifs.

Depuis l’origine, de nombreux acteurs du funéraire exposent au SMCL. Cette année encore, par exemple, OGF, ATC, Granimond ou encore AD Funéraire seront présents.

R : Le cimetière à lui seul justifierait cette intégration, n’est-ce pas (réglementation aménagements urbains, espaces verts, art urbain, approches confessionnelles, services aux familles, etc.) ?

SG-T : Le cimetière, comme l’école, la mairie ou l’église, est un symbole de nos villes et de nos villages. Chaque commune a une mairie, une église et un cimetière alors qu’elle n’a plus forcément une école. Les communes sont confrontées à des enjeux de disponibilité foncière mais aussi à des enjeux de végétalisation, de préservation de la biodiversité et de lutte contre l’étalement urbain. Trop souvent, le cimetière est placé à un bout du territoire de la commune, si possible éloigné de tous les espaces de vie. Lorsque la commune se développe et que ces espaces de vie et/ou de logement viennent à rejoindre l’espace du cimetière, cela pose évidemment question.

Les espaces funéraires doivent donc être davantage considérés dans les projets d’aménagement du territoire et associés au développement et aux cycles d’équipement des communes en fonction des évolutions démographiques et des opérations foncières et immobilières. S’ils peuvent permettre pleinement de contribuer aux objectifs de (re)végétalisation et renaturation de l’espace public, de protection de la biodiversité ; notamment dans l’entretien et l’usage des produits phytosanitaires aujourd’hui régulé.

R : La formation étant un sujet assez central et, l’Association Nationale des Personnels de Cimetière (A.NA.PE.C) étant force de proposition en la matière, cette dernière sera-t-elle présente (partenariat possible) ?

SG-T : Comme tous les syndicats et associations des professionnels de tous les secteurs des collectivités territoriales l’A.NA.PEC est la bienvenue au SMCL. Le SMCL est un lieu d’informations pour les élus et leurs équipes et par conséquent un lieu de formation et de professionnalisation sur de nombreux sujets techniques.
Nous développons de nombreux partenariats avec les acteurs institutionnels pour qu’ils partagent avec les visiteurs, pendant ces trois jours, leurs retours d’expériences. Nous avons cette année redéployé une organisation thématique des espaces de conférences, comme des espaces pleinement articulés aux secteurs d’activités qui permettent de faire vivre l’offre du salon.

Nous avons créé six espaces "Atmosphères" qui illustrent les dynamiques de transition dans les territoires. L’une sera dédiée, par exemple, à la transition énergétique, au cœur du secteur "Énergie et Climat", une autre traitera de la transition environnementale, au sein du secteur de l’environnement, une autre de la transition agricole et alimentaire, ou comment nourrir les villes et organiser les solidarités entre les territoires agricoles producteurs et les villes qui concentrent les plus gros besoins d’approvisionnement. Les relations entre les territoires sont importantes, ce qu’a démontré la crise sanitaire actuelle, qu’il s’agisse de relocalisation, de circuit court, de nouvelles relations entre territoires urbains et ruraux.

Une autre atmosphère sera dédiée aux enjeux d’infrastructures et de mobilité, qui doivent évidemment être traités ensemble. On voit comment des villes créent en quelques jours ou semaines des pistes cyclables face au Covid-19… Une atmosphère sera consacrée aux enjeux de "Gouvernance et Technologie", ou comment les technologies sont au service des politiques publiques et pas le contraire.

Enfin, nous ouvrons un espace où seront abordés les sujets relatifs à l’évolution des usages et des pratiques avec un espace dédié "Société, Loisirs et Mode de vie" qui éclairera les innovations sociales et sociétales porteuses de nouveaux liens et d’un meilleur vivre-ensemble.

R : La perte d’un proche touche de nombreux administrés chaque année… Pour autant, il semblerait que les diverses problématiques liées à la mort au sein d’une collectivité soient encore un sujet tabou pour nombre de nos élus… Qu’en pensez-vous et comment le SMCL pourrait-il aider à changer cette tendance ?

SG-T : Il ne nous appartient pas en tant que rendez-vous professionnel des collectivités territoriales d’envisager de changer une tendance, d’en créer de nouvelles. En revanche, notre salon a pour ambition d’être un outil utile aux exécutifs locaux, les élus et leurs équipes, dans l’exercice de leurs responsabilités pour apporter des solutions et des éclairages à leurs ambitions, à leurs besoins, à leurs interrogations. La question du tabou de la mort est une question globale de société. Nous avons tous, individuellement, un rapport personnel et différent à la mort, pour tout un tas de raisons, qu’elles soient d’ordre confessionnel ou non.

Nous avons souhaité faire entrer la ville dans le salon avec des espaces de démonstrations et d’expériences pour (re)créer l’univers de la Ville au sein du salon à l’appui de solutions proposées par les exposants. Nous aurons ainsi une école, une place de marché, un terrain de sport… Les entreprises du secteur cinéraire proposent d’ailleurs des columbariums intégrés au cœur des aménagements publics.

À l’avenir, nous pourrions donc imaginer voir un cimetière pour faire que ce lieu, à défaut d’être un lieu de vie, soit mieux intégré dans notre cadre de vie. Plus globalement face au tabou de la mort dans nos sociétés, c’est surtout la question de l’espace et du temps disponibles pour prendre soin des autres qu’il nous faut sans doute repenser. Nous réfléchissons donc à la mise en place d’un "Village des aidants" que nous souhaiterions développer avec l’Institut National des Aidants.

R : Pour conclure, Madame Gay-Torrente, y a-t-il une dernière précision que vous souhaiteriez nous apporter au sujet de ce SMCL 2020 ?

SG-T : Le SMCL est un rendez-vous qui s’adresse aux professionnels des territoires qui sont au service des habitants. Nous avons à cœur de proposer aux acteurs territoriaux, à chaque édition, des solutions pour leur permettre de mettre en œuvre les évolutions et les transformations que doivent engager les collectivités. Nous avons donc également, cette année, créé des "Labs", des espaces d’expression et de collaboration pour appréhender les changements structurels et prospectifs dans les modèles de gestion et d’organisation des territoires pour les prochaines années et les prochaines décennies.

C’est là une approche différente des "salles de conférences classiques". Ces trois espaces interactifs qui seront plus participatifs seront dédiés chacun à une thématique particulière : les "Territoires Bas-Carbone", les "Territoires Résilients" et les "Territoires Inclusifs".
Dans ces trois espaces les visiteurs, les partenaires et les exposants pourront se retrouver pour échanger sur leurs sujets communs, leurs contraintes, leurs réalités, leurs angles morts, leurs leviers… sur lesquels on a souvent besoin de partager ou d’interpeller les experts. Des acteurs engagés dans les pratiques locales collaboratives tels que le collectif Ouishare, The Shift Project, ou Make Sense y seront présents, de même que les partenaires des différentes filières professionnelles.
 
Steve La Richarderie

Résonance n° 162 - Juillet 2020

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations