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La France compte environ 40 000 cimetières. Chaque commune doit avoir au moins un terrain mis à la disposition des citoyens pour y inhumer des corps ou y déposer des cendres issues de la crémation de personnes. Pour gérer et développer ces lieux, comment s’y prennent les élus, quid ? De quels outils disposent-ils et à quelle formation doivent-ils prétendre ?

La réponse n’est pas évidente. Comme au théâtre, il est parfois difficile d’imaginer comment le travail en coulisse est important, et surtout comment il doit être réalisé pour répondre au cadre réglementaire et au réalisme financier. Ces deux aspects existent et imaginer pouvoir s’en libérer répondrait à quelques phantasmes ou à une vision étonnante de la réalité. Cet imposant "travail de coulisse" concerne la sécurité, la propreté, l’aménagement et le financement des activités funéraires dont la commune a la responsabilité.   
 
L’administration du cimetière apparaît ici comme un enjeu social et sanitaire. Une question me vient à l’esprit : les responsables de cimetières ont-ils des outils à leur disposition pour mener une gestion rationnelle, claire, simple et rigoureuse de cet outil qu’est le cimetière ? Des logiciels existent, mais sont-ils abordables pour toutes les communes ? Souvent non, mais les communes au faible budget peuvent rivaliser d’imagination pour compenser le manque de moyens. 

Les inhumations, les dispersions de cendres, les travaux (pose de monuments, réparations diverses, gravures…), les exhumations peuvent être répertoriés dans des documents uniques pour compiler l’information en un seul lieu et éviter les dispersions. Ces documents, sous forme de tableaux, peuvent servir de guides par lesquels la liste des formulaires et autres autorisations est clairement établie (et pourra être respectée…) ?   

Ce type d’outils permet de faire voir rapidement à tout observateur ce qui manque pour dresser un dossier complet. Ces outils permettent de fixer dès le départ les documents nécessaires et de vérifier si ces derniers ont été bien reçus pour permettre la réalisation des travaux.  

Des solutions faciles à mettre en place existent, donc. Ces outils économiques sont paramétrables selon les besoins de chaque commune et permettent de gagner du temps en proposant à tous un fonctionnement uniforme. Ils permettent de retrouver des dossiers et des documents en un temps record. L’équipe municipale peut alors se consacrer à ses autres missions : la sécurité, la propreté, l’aménagement et le financement des activités funéraires. Ces missions sont réglementaires et, de ce fait, incontournables. Examinons-les. 

La sécurité :
 
Les équipes municipales doivent être aux aguets pour s’assurer qu’un monument, un arbre ou un élément de la signalétique ne présente aucun danger pour les personnes qui déambulent ou qui travaillent dans le cimetière. Un des moyens pour exercer cette responsabilité est de répertorier dans le règlement de cimetière ce qui doit être interdit ou contrôlé, et d’indiquer quelles sont les limites à respecter.

La propreté : 

Le cimetière apparaît aux yeux de certains comme la "dernière demeure". Les citoyens perçoivent un cimetière mal entretenu comme une atteinte à la mémoire de leurs proches et certains le vivent comme une blessure. Ils s’attendent à découvrir un cimetière propre et accueillant qui invite à la mémoire et au recueillement. Pour certains groupes de la population, la propreté du cimetière devient un des critères d’évaluation de la bonne (ou mauvaise) gestion de l’équipe communale. La propreté se transforme alors un enjeu électoral, en plus d’en être un de santé public et de société.
  
L’aménagement : 

Quels sont les goûts actuels en termes d’aménagement de cimetière ? La question peut paraître surprenante à l’esprit de certains, mais la mode influence aussi le monde du funéraire. Les types de cérémonies, ce que l’on y dit, les modes vestimentaires des défunts mais aussi ceux des endeuillés sont des manifestations d’une certaine conception de la vie et de la mort. Les effets de la mode vont jusque dans l’aménagement des cimetières.

Encore ici, l’image que nous prêtons à la mort influence l’idée de ce que devrait être un cimetière. En France, depuis quelques années, nous passons graduellement du cimetière napoléonien d’abord conçu pour une rentabilité maximale de l’espace, vers un cimetière "aménagé" inspirant la réflexion et guidant vers la paix intérieure.  
 
Face à ces responsabilités, la commune peut tirer un avantage à rationaliser la gestion du cimetière pour consacrer du temps à des enjeux comme la propreté et la sécurité. J’ai constaté, lors de passages auprès de différentes équipes communales, qu’elles étaient à la recherche de solutions simples et économiques pour la gestion du cimetière. Grand était leur étonnement quand elles constataient que la simplicité des moyens allait souvent de pair avec leur efficacité.
 
Yves Messier
Conservateur de cimetière
Formateur auprès des collectivités

Résonance n°177 - Février 2022

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