Après des années de lutte, les métiers du funéraire sont enfin reconnus par les pouvoirs publics. À compter du 1er janvier 2013, les conseillers/assistants funéraires ainsi que les maîtres de cérémonie devront être titulaires d’un diplôme.
Nous avons demandé à Mme Nelly Chevallier-Rossignol, Déléguée Générale de la Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie (CPFM), syndicat moteur depuis plus de 10 ans pour la création de diplômes funéraires, de vous expliquer les principales dispositions contenues dans ces textes.

Résonance : Madame Chevallier-Rossignol, qui devra être titulaire du diplôme ?

Nelly Chevallier-Rossignol (CPFM) : À compter du 1er janvier 2013 :
- Les conseillers/assistants funéraires et les maîtres de cérémonie devront, obligatoirement, sauf équivalence prévue par le décret, être titulaires du diplôme funéraire correspondant à leur fonction.
- Les dirigeants et les gestionnaires devront obligatoirement, sauf équivalence prévue par le décret, être titulaires du diplôme de conseiller funéraire et justifier d’une compétence en gestion d’entreprise (formation initiale ou continue).

R : Qui va délivrer les diplômes ?

N C-R (CPFM) : Les diplômes seront délivrés par un jury départemental composé de membres choisis dans une liste établie par le préfet. Ils seront attribués au regard des résultats :
- d’un examen théorique comportant une épreuve écrite (QCM ou cas pratiques), et une épreuve orale, qui consistera en un entretien individuel avec le jury départemental.
- et d’une évaluation faite par le chef d’entreprise après un stage pratique.

Le jury départemental déterminera les sujets des épreuves théoriques, s’assurera de leur bon déroulement, procédera à l’évaluation orale des candidats et attribuera le diplôme national. La délivrance du diplôme confère à son titulaire l’aptitude professionnelle à l’exercice de la profession considérée.

R : Est-ce que le diplôme devra être préalable à l’embauche  ?

N C-R (CPFM) : Non. Les candidats auront 12 mois à compter de la date de conclusion du contrat de travail ou à compter de la date de création de l’entreprise, pour obtenir leur diplôme. Le diplôme n’est donc pas un préalable à l’embauche.

R : Y a-t-il des personnes dispensées d’obtenir ce diplôme ?

N C-R (CPFM) : Oui, des équivalences sont prévues :
- pour les détenteurs, au 1er janv. 2013, du CQP d’assistant funéraire,
- pour les agents en poste avant le 10 mai 1995,
- pour les personnes en poste depuis au moins 6 mois au 1er janv. 2013 (ou qui auront exercé pendant au moins 6 mois entre le 1er janv. 2011 et le 31 déc. 2012) et ayant suivi les formations actuellement en vigueur jusqu’au 31 déc. 2012 (40 h, 96 h et 136 h).

R : Justement, est-ce que les formations obligatoires changent ?

N C-R (CPFM) : Oui, La durée et le contenu des formations obligatoires pour exercer les métiers de conseillers funéraires, maîtres de cérémonie, dirigeants et gestionnaires sont modifiées comme suit :
- Pour les maîtres de cérémonie : 70 h (au lieu de 40 h).
- Pour les assistants/conseillers funéraires : 140 h (au lieu de 96 h).

Les dirigeants ou gestionnaires doivent, en plus de la formation de conseillers funéraires de 140 h, suivre une formation en gestion d’entreprise de 42 h (au lieu de 40 h) ou justifier d’une formation initiale ou continue, équivalente, en gestion d’entreprise.

En outre, une formation pratique de 70 h, en entreprise, est rendue obligatoire pour les conseillers /assistants funéraires et maîtres de cérémonie.

R : Qui seront les personnes qui feront partie des jurys départementaux ?

N C-R (CPFM) : Les listes établies par les préfets des personnes habilitées pour remplir les fonctions de membres du jury comporteront :
- des maires, adjoints au maire ou conseillers municipaux délégués, désignés par l’association départementale des maires ;
- des magistrats de l’ordre administratif, désignés par le président du tribunal administratif du département ;
- des représentants des chambres consulaires, désignés par le président de la chambre consulaire concernée ;
- des enseignants des universités, désignés par les présidents des universités sollicitées ;
- des agents des services de l’État chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ou de la réglementation funéraire ;
- des fonctionnaires territoriaux de catégorie A, désignés par le président du centre de gestion territorialement compétent ;
- des représentants des usagers désignés par l’union départementale des unions familiales.

Aucun membre des jurys ne pourra avoir de liens ou d’intérêts avec l’organisme de formation qui présentera le candidat.

R : La CPFM est-elle satisfaite de ces diplômes ?

N C-R (CPFM) : Oui, comme vous le savez, nous avons été à l’origine de la création de ces diplômes. Nous avons milité pendant 13 ans pour que les métiers du funéraire soient reconnus comme des métiers, à part entière, de vrais métiers, qui nécessitent de réelles compétences. Nous avons obtenu satisfaction, notamment grâce à Jean-Pierre Sueur qui a permis à cette loi de voir le jour. C’est un grand pas en avant pour la profession.

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations