funemostra02La quinzième édition de FUNERMOSTRA (Valencia Espagne) a fermé ses portes le 24 mai après trois jours riches en évènements qui ont attiré l’attention des professionnels du funéraire en provenance de divers pays, et en particulier de ceux d’Amérique latine.

 

La belle ville levantine, qui en quelques dizaines d’années s’est transformée complètement pour devenir une des plus séduisantes d’Espagne sur le plan esthétique et culturel, a accueilli les participants avec des conditions météo bien différentes de celles auxquelles tous étaient habitués.
Pas de soleil resplendissant et de températures estivales, mais un temps maussade avec du vent, et même de la pluie vers la fin. Peu importe, la chaleur du thermomètre a été largement remplacée par celle des organisateurs : le trio opérationnel Beatriz Colóm, la directrice du salon FUNERMOSTRA, avec Ernestina Lafarga, ainsi que le président du comité d’organisation Miguel Escorihuela.
Le nombre d’exposants a été comparable à celui de l’édition précédente, tandis que, pour ce qui est des visiteurs, après une première journée assez calme, les deux jours suivants, surtout le deuxième, ont profité d’une bonne participation.

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De nombreux visiteurs d’Amérique latine

À côté des Argentins, avec à leur tête Jorge Horacio Bonacorsi, le président de la Fadedsfya, la Fédération argentine qui organise en septembre son salon dans la charmante ville coloniale de Salta dans le Nord-Ouest du pays, pas loin de la Bolivie, on a revu avec plaisir Juan Pablo Donetch Odriozola, le président chilien de l’Alpar, accompagné de Tatiana Osorio, qui depuis des décennies assure le suivi des nombreuses activités de l’association. Le siège se situe à Medellin en Colombie, ville à juste titre considérée autrefois comme dangereuse à cause des guerres entre les différents "cartels" des narcos (un nom sur tous : Pablo Escobar), mais qui a subi en peu d’années une mutation profonde qui en fait aujourd’hui un des endroits les plus sûrs et accueillants du beau pays du Nobel de littérature 1982 Gabriel "Gabo" Garcia Marquez.
Et encore des Brésiliens, avec le staff de Brucker, entreprise leader dans la crémation dans leur immense pays peuplé par plus de 200 millions d’habitants, sans oublier les autres visiteurs en provenance de tout le sous-continent, et unis, à l’exception du Brésil, par le cadeau le plus précieux qui leur a été légué par les "conquistadores" espagnols : la langue castillane, la deuxième la plus parlée au monde (400 millions) après le mandarin, en termes de locuteurs natifs.
Une mention particulière est à réserver à Dario Loinaz, le consultant international argentin vivant au Brésil, qui non seulement a animé, en première journée, une conférence interactive pour présenter en direct une chapelle équipée avec les produits les plus innovants et technologiquement avancés présentés à FUNERMOSTRA, mais qui a également expliqué comment utiliser les nouvelles technologies lors d’un service funéraire, et comment, en homme de marketing, rénover une marque du secteur sans perdre l’identité d’origine.
Il a été également le sponsor de différents prix octroyés aux gagnants, parmi lesquels celui du meilleur stand remporté "alla grande" (avec une supériorité écrasante) par le fabricant néerlandais de fours de crémation Facultatieve Technologies.
Sa fille, Alana Assaf (Alana Abo Assali Loinaz), qui est déjà passée à la télévision brésilienne comme actrice, a agrémenté la soirée de gala en interprétant en tant que chanteuse des pièces à succès, tout comme elle s’était exhibée les mois précédents au Portugal, en Uruguay et au Costa Rica.
Nous l’avions connue en 2010 à Buenos Aires, où (âgée de sept ans) elle avait joué de manière magistrale avec sa mère Renata, elle-même évoluant dans le monde du spectacle, dans une pièce qui nous avait laissés pantois.
La soirée de gala s’est tenue dans l’Hemisferic, la somptueuse réalisation architectonique située entre les Cités des Arts et de la Science dans l’ancien lit de la rivière Turia. Seul défaut, l’acoustique…
Concernant les produits proposés, il faut signaler les véhicules de Bergadana, de d’Indusauto, qui a présenté le corbillard hybride électrique HEH (Hybrid Electric Hearse), qui va dans le sens de la protection de l’environnement.

La crémation : un important développement

Naturellement, compte tenu du développement de la crémation, à côté des fabricants de fours Facultatieve Technologies, Atroesa, Kalfrisa, Ideter, Vezzani et Gem Matthews, il y a eu une vaste proposition d’urnes, biodégradables ou non, parmi lesquelles sont à signaler celles d’Hygeco et celles de la société néerlandaise Funeral Products. Jamais à court d’idées, cette dernière a élargi sa gamme aux bijoux et à un produit technologique innovant : le nouveau scanner HF 7000 qui permet de faire un scan simplement et avec une qualité supérieure, des empreintes digitales pour ensuite les envoyer vers un smartphone où elles sont gardées dans une application, FP-Safe, un vrai coffre- fort digital qui protège les donnée personnelles.
Pour ce qui est de la crémation, il faut savoir que le premier four (un Shelton anglais, installé par Atroesa, bien avant que l’entreprise développe son propre four, le Lazar) fut installé à Madrid, dans le cimetière de Nuestra Señora de la Almudena, en 1973 par le père de Jésus Martinez, l’actuel propriétaire d’Atroesa, qui en a installé, à ce jour, une centaine dans tout le pays.
En une cinquantaine d’années, le taux de crémation a atteint, en 2017 (source : INE – Instituto Nacional de Estadisticas, l’INSEE espagnol), 38,42 % (sur 424 523 décès) avec des pourcentages bien plus élevés dans les grandes villes et une projection de 60 % sur base nationale en 2025.
Actuellement, l’Espagne est le pays européen avec le plus grand nombre d’installations de crémation. En 2018, vingt-quatre nouveaux fours ont été inaugurés. En plus, compte tenu des nouvelles normes européennes pour la protection de l’environnement, les entreprises commencent à beaucoup investir pour installer des filtres permettant de réduire les émissions, et de les réduire dans les limites prévues par la loi.
Cette explosion est due aussi au fait que les entreprises privées peuvent ouvrir des fours en dehors des cimetières, ce qui fait qu’un nombre considérable des 2 429 chambres funéraires du pays sont équipées d’un four.

Retentissements sur la situation des cimetières

À un moment donné, on pouvait craindre une pénurie d’espaces pour les sépultures, mais aujourd’hui, en additionnant l’essor de la crémation et la libération d’espaces par expiration des concessions temporaires, on estime qu’il n’y aura pas de problèmes de carence de cimetières dans le moyen et le long terme. Les 17 682 cimetières, répartis entre les 8 126 communes (pour 47 millions d’habitants ; en France, il y en a, au 1er janvier 2019, 34 979 pour 67 millions), seront donc largement suffisants.
Il s’agit d’un secteur où les compagnies d’assurance jouent un rôle capital quand on pense que la facturation du secteur (1 milliard et demi d’euros) correspond à 0,13 % du PIL, qui toutefois s’élève à 0,34 % quand on y englobe l’activité des compagnies d’assurance qui commercialisent la branche décès.
TANEXPO, présente depuis toujours au rendez-vous de Valence, a accueilli sur son stand de nombreux visiteurs du monde entier et a recruté un nombre important de nouveaux exposants, qui seront à Bologne dans moins de dix mois désormais.

Rendez-vous donc en Italie du 26 au 28 mars 2020.

Pietro Innocenti

Résonance n° 151 - Juin 2019

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations