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Lors de l’assemblée générale de la FFC à Tours les 30 et 31 mai derniers, trois groupes de travail, d’une trentaine de participants chacun, ont travaillé sur plusieurs thèmes. Le premier thème retenu concernait les devis types (Résonance n° 102). Le second thème portait sur les cérémonies et les hommages lors d’une crémation.

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Jo Le Lamer, président de la FFC

... La crémation souffre parfois d’une pauvreté de cérémonial. La Fédération Française de Crémation (FFC) a sorti une plaquette qui serait à développer, d’où l’utilité de cette commission. Il en ressort un "avant", un "pendant" et un "après".

L’"avant"
Au premier contact :

- Insister pour que l’adhérent rédige son testament olographe avec le maximum de précisions de façon que toutes les volontés soient écrites ;
- Ensuite, bien vérifier ce que les adhérents ont écrit ;
- Préciser à l’adhérent de tenir sa famille au courant, ce qui souvent est oublié ;
- Lors du décès de l’adhérent, contacter si possible la personne désignée pour pourvoir aux funérailles ;
- Établir avec la famille l’organisation de la cérémonie d’adieu en la faisant parler pour ajuster chaque cas ;
- Sensibiliser la famille, personnaliser au maximum, demander un schéma minimum pour la cérémonie et prévoir le lieu de la cérémonie.

Le "pendant"
Tous les participants ont souligné la nécessité de trouver un lieu avant le crématorium, qui soit un lieu de recueillement civil. Certaines associations ont d’ailleurs déjà donné un certain nombre d’exemples : à Nantes, il existe une "maison des adieux", qui est un lieu civil usité, afin d’avoir une cérémonie de recueillement, avec une formulation rituelle, avant que le corps n’arrive au crématorium directement, sans cérémonie préalable.

Ensuite, il y a effectivement la dimension du crématorium : beaucoup ont précisé qu’il y avait un certain rythme, un peu effréné parfois, autour des cérémonies funéraires, et qu’en conséquence, la durée du mémoriel symbolique était assez courte (entre quinze et vingt minutes) afin que les corps puissent "défiler" toute la journée. D’où la nécessité de ne surtout pas laisser une cérémonie vide de sens.
Nous avons tous vécu des cérémonies où le silence s’imposait essentiellement comme hommage au disparu. C’est une situation où le silence est parfois une nécessité. On peut même en faire l’éloge. Le problème, c’est que, dans une cérémonie où il n’y a rien, où il ne se passe rien, ni musique, ni poème, ni témoignage, ni tradition de répétition d’un itinéraire de vie qui a été souligné comme "autour de la dignité de la personne disparue devant être traitée avec beaucoup de respect et de contenu". En fait, ce n’est pas tellement de la mort qu’il faut traiter, mais bien de l’itinéraire de vie de la personne. Ceci demande immanquablement une intervention auprès de la famille, auprès des amis, auprès des camarades d’associations diverses, car nous avons des personnes qui ont des itinéraires de vie extrêmement riches, variés : syndicalistes, associatifs, hommes ou femmes politiques, personnes qui se sont investies dans la cité, dont le témoignage des proches doit être particulièrement respecté dans le cadre de la ritualisation d’une cérémonie.

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Sens et symboles…
Donner du sens et travailler à la présence d’un certain nombre de symboles ; là, certains diront : "Les symboles, nous n’allons peut-être pas répéter la symbolique des monothéistes qui se pratique ailleurs, dans des lieux de spiritualité transcendante." Donc, il nous faut trouver peut-être, chercher et proposer en tout cas, des outils symboliques convenant à une dimension civile et laïque de la cérémonie… et il y en a !

Si nous mutualisons nos réflexions, nous sommes persuadés que nous pouvons créer un registre structuré de symboles, à utiliser pour renforcer une dimension de spiritualité laïque.

L’"après"
Et puis, il y a l’après, notamment lors de la cérémonie de dispersion des cendres. Il doit être là encore, travaillé symboliquement, rituellement, avec dignité, contenu, sens, voire témoignages.
Donc, il y a un continuum à structurer "l’avant, le pendant et l’après". Il n’y a pas de démarcation entre ces trois éléments. Nous avons à construire un outil. Toutes les associations en ont témoigné : il y a des ritualisations pendant et après qui sont extrêmement fortes avec, en fait, peu de chose. Comme exemple, le lien qui peut exister au sein de la salle avec un ruban. Ce ruban est tenu effectivement de main en main et est découpé à la fin de la cérémonie afin qu’il reste quelque chose à ceux et celles qui partent et qui ont à assumer le deuil... Car il y a un travail de deuil que nous pouvons, grâce à cette ritualisation, essayer d’adoucir.

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Les questions

Enfin, la commission a émis un certain nombre de propositions ou de questions, notamment pour le comité d’éthique.
- Le comité d’éthique peut-il être la pierre angulaire d’une réflexion rituélique, à l’occasion d’une cérémonie civile, proposée à nos partenaires opérateurs funéraires, dans le cadre des crématoriums ? C’est une question ! Nous avons tout intérêt à y réfléchir quand, toutefois, nous pouvons instaurer des comités d’éthique ou comités de déontologie dans nos différents crématoriums car, parfois, nous sommes confrontés à un refus.

- Pourrait-on organiser une formation dans les associations autour de la pratique rituélique, quel que soit le contenu du rituel (une association nous a dit qu’elle se préparait à ce type de cérémonie dans le cadre d’une mise en acte, d’une "théâtralisation", d’une approche de contenu de façon à ce que les intervenants puissent être quelque peu forgés à cette situation) ?

- Est-ce que la Fédération ne pourrait pas également travailler, en accord avec les associations, au contenu d’un livret ? Il en existe un, avec une certaine architecture et que l’on pourrait renforcer par des textes de musiques, des poèmes, susceptibles de pouvoir aider à des cérémonies civiles.

La création de lieux dits "maisons d’adieu" ou autres, lieux civils de cérémonies dans les communes, a été plus d’une fois demandée. Nous ne sommes pas les seuls à réfléchir sur cette question. La Libre Pensée notamment est dans une réflexion autour de ce type de lieu civil et laïque, qu’il faudrait instaurer en accord avec les collectivités locales.

Enfin, les outils de communication se sont modernisés

Webcams, réseaux peuvent permettre à des gens absents de participer à des cérémonies rituéliques et funéraires civiles. Mais il y a débat sur les précautions à prendre autour de l’image, du droit à l’image. Il faut faire attention à ne pas détourner l’image de son sens profond, par un voyeurisme de très mauvais aloi…

Jean Chabert,CHABERT Jean fmt
vice-président de la FFC

 

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations