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Le 8 mars est la Journée internationale pour les droits des femmes. Officialisée par les Nations Unies en 1977, cette journée est l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes à travers le monde.

 

Funecap Groupe sans ombre 2017Qu’en est-il dans le funéraire ?
 
Il aura fallu l’abolition du monopole en 1993 et l’ouverture de ce domaine à la concurrence pour bouleverser le sociotype et la perception des entreprises de pompes funèbres. Les femmes prirent leur part dans ce nouveau développement, de façon certes marginale, mais avec les années elles semblent s’imposer à de nombreux postes clés des entreprises.

Si les femmes n’avaient pas leur place dans le domaine de l’entreprise funéraire, c’est tout simplement parce que l’entreprise funéraire n’existait pas en tant que telle jusqu’à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Les obsèques étaient gérées par l’Église où les femmes étaient ainsi exclues. En 1904 s’établit trois services distincts ; le service intérieur qui relève du culte, le service extérieur qui relève du monopole des communes et le service libre qui s’occupe des accessoires (poignées, croix, tentures, etc.). Ces services sont abrogés en 1993 par la loi sueur pour mettre en place une vraie transparence des prix.
Avec la fin du monopole, l’entreprise funéraire est d’abord restée dans la continuté d’entreprises déjà en place. Marbriers ou encore menuisiers, ces professions artisanales étaient souvent, et le demeurent encore parfois, des entreprises familiales reprises par le fils. Le regroupement d’activités au sein d’une agence funéraire a entrainé l’émergence de nouveaux besoins, liés à l’accompagnement. C’est ainsi que les femmes considérées comme plus enclines à l’empathie ont commencé à intégrer le funéraire et les postes de conseillers funéraires.

Devenues conseillères funéraires ou conseillères contrat obsèques, et pour certaines thanatopractrices, elles accèdent également à d’autres postes au sein de PME importantes ou encore de réseaux et groupements (ressources humaines, directions financières ou juridiques, voire direction générale d’entreprises privées, régies ou SEM…). Un quart de siècle après 1993, le domaine funéraire est certes toujours majoritairement masculin, les métiers d’agent funéraire ou de terrassement étant toujours réalisés par des hommes, mais la place de la femme dans le dispositif n’est plus taboue. Qu’en pensent les femmes qui ont choisi de travailler dans ce secteur ?

Flore Degrandmaison Photo Aurelie Lavaud Karine Glorie
Flore de Grandmaison,
directrice juridique
de FUNECAP GROUPE.

Aurélie Lavaud, directrice
comptabilité, fiscalité et trésorerie
de FUNECAP GROUPE.

Karine Glorie, contrôleuse de gestion
de La Société des Crématoriums
de France.


L’autolimitation, lorsque les femmes s’autocensurent

La barrière qui empêche les femmes d’accéder à certains postes est-elle gardée par la profession elle-même ? Doit-on féminiser le funéraire ou masculiniser certains postes ? Cette question est la même qu’il s’agisse de politique, de santé, de sécurité, etc. Pour Flore de Grandmaison, directrice juridique pour FUNECAP GROUPE, il existe aussi une forme "d’autocensure" insupportable et la plus "grande misogynie peut souvent apparaître sous les traits d’une femme" ; elle rappelle l’importance de "renverser les a priori". Pour Aurélie Lavaud, directrice comptabilité, fiscalité et trésorerie pour FUNECAP GROUPE "les femmes peuvent paraître aussi moins ambitieuses que les hommes et ne savent pas forcément se promouvoir".

Une manière d’aborder différemment le travail

Pour Aurélie Lavaud, les femmes "portent un regard différent sur les choses, les hommes peuvent être plus facilement dans la compétition alors que les femmes sont efficaces et abordent le travail davantage dans le calme et en douceur tout en favorisant le travail en équipe. Je pense que les femmes apportent aussi plus de bienveillance et d’humanité dans leur management". La directrice comptable applique au sein de son équipe les valeurs intrinsèques au groupe : l’humain. "Il faut faire grandir les individus pour que leur potentiel et celui du collectif soient exprimés, en ce sens les femmes prennent plus de risques. Elles ont le courage de dire et le courage de faire. Étant moins axées sur l’aspect politique, elles travaillent dans l’intérêt de l’entreprise et non dans leur propre intérêt, sacrifiant parfois leur propre avancement".

La mixité comme valeur essentielle

Cette reconnaissance de "la mixité" se retrouve en trait commun. C’est d’ailleurs pour cela que la discrimination positive "est exclue" pour Flore de Grandmaison qui considère que "la vraie richesse c’est la mixité", c’est aussi l’avis de Karine Glorie, contrôleuse de gestion pour La Société des Crématoriums de France. "La mixité donne quelque chose d’intéressant dans le partage d’expérience", elle observe qu’au sein de La Société des Crématoriums de France "hommes et femmes font exactement la même chose. Pour un maître de cérémonie, il ou elle exécutera également des tâches techniques liées à la crémation en elle-même, et en ce sens, c’est tout à fait pareil". Idem pour Aurélie Lavaud, arrivée il y a 2 ans, elle recherche la mixité au sein de son équipe. Cette mixité n’est pas que genrée, cela peut être aussi en termes d’âge mais aussi de parcours.

Lorsque la vie privée interagit avec la vie professionnelle

Là encore, Karine Glorie, Aurélie Lavaud et Flore de Grandmaison sont formelles : "L’équilibre est à trouver entre la vie professionnelle et la vie privée". Aurélie Lavaud constate "l’impact que cela peut avoir dans l’organisation du travail quand les femmes doivent également jouer leur rôle de mère après le travail, et cela se traduit parfois par des horaires de travail différents. Aujourd’hui en France on valorise trop le présentéisme ce qui peut défavoriser les femmes qui travaillent en télétravail ou aux 4/5 par exemple".

En devenir

Si les postes de direction sont moins occupés par les femmes, cela peut être aussi pour une raison plus pragmatique, que Karine Glorie explique ainsi : "Il y a 10 ans il y avait tout simplement moins de femmes dans le secteur funéraire, dans 10 ans, il y aura plus de femmes à des postes de directrice, notamment de crématoriums". Aurélie Lavaud rappelle que cette situation n’est pas le fait exclusif du funéraire : "C’est pareil dans tous les secteurs. Les femmes en finance sont peu nombreuses à des postes décisionnels par exemple". Pourtant constate Karine Glorie "les femmes ont apporté un nouveau regard et les grandes avancées en termes d’accompagnement et de personnalisation des cérémonies sont en partie le résultat de propositions faites par des femmes".

Le secteur funéraire tout comme le monde de l’entreprise en général doit s’adapter aux perpétuelles évolutions des mœurs. Les femmes sont à l’image des familles qui entrent dans les agences ; multiples, fortes de leurs qualités, de leurs faiblesses et résolument tournées vers l’avenir.

Résonance n°147 - Février 2019

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations