Cet été est sorti un livre dont le titre est "JE M’APPELLE REQUIEM ET JE T’…" de Stanislas Petrosky aux éditions Lajouanie.

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PETROSKY©Émilie Rougev fmt
Stanislas Petrosky

Le livre

"JE M’APPELLE REQUIEM ET JE T’…" est un roman policier, mais pas que…, comme c’est écrit sur la couverture. C’est l’histoire d’un type, Estéban Lehydeux, pas tout-à-fait comme les autres. Surtout de par son métier, ou sa vocation, devrais-je dire, car Estéban, que l’on surnomme Requiem dans les milieux autorisés, est prêtre exorciste.

Un roman jubilatoire et anti-crise, avec Requiem, on ne s’ennuie pas une seule seconde, c’est un croisement entre Don Camillo et San-Antonio. La langue verte, celle d’Audiard, des répliques qui font mouche, de l’humour, parfois tendre, parfois noir. Une interaction avec le lecteur, Petrosky discute au fils des notes de bas de page avec celui qui a son roman entre les mains, comme le faisait Frédéric Dard.

Une enquête dans un drôle de milieu, la pornographie, et même la pédopornographie, notre curé va aller faire un coup de propre à sa façon dans ce milieu pourri. Car sachez que Requiem ne fait rien comme les autres religieux, bien sûr, il pratique quelques offices (je recommande chaudement la scène de l’inhumation au lecteurs de Résonance), mais il travaille aussi le coup de poing, le calibre, et aussi, dernier détail et nom des moindres, pas de C3 ou autre petite cylindrée pour notre cureton, non, Requiem roule dans une voiture de cinéma, la Mustang que Bébel possède dans le film "Le Marginal". Vous l’aurez compris, "JE M’APPELLE REQUIEM ET JE T’…" est un roman fait pour rire et pour passer un bon moment.

Le quatrième de couverture

Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m’appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ?

Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons.

Bon, pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche.

Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas.

Enfin si, dans ce livre.

Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas…

Un extrait

"Ah ce que je peux me marrer quand je suis coincé dans la guérite et que les bourgeoises viennent se soulager la conscience, tu n’imagines même pas. Cela va de celle qui suit un régime et qui se goinfre de gâteaux discrètement dans les chiottes à celle qui planque sa flasque de raide, voire de quoi se repoudrer le nez, dans la chasse d’eau. Il y a aussi la lubrique qui se chatouille l’abricot avec ce qui lui tombe sous la dextre…"
Rencontres

Sébastien Mousse : Bonjour Stanislas, comment l’idée d’un héros de roman prêtre exorciste vient-elle à l’idée d’un romancier ?

Stanislas Petrosky : Difficilement… Je voulais créer un personnage différent de tout ce qui existe déjà. Nous avons des flics à la pelle, des journalistes, des détectives, des pompiers, des soldats, chauffeurs de taxi, et même pour chez vous un embaumeur. Un prêtre exorciste, je ne pense pas encore avoir vu, alors j’ai fait une OPA…

SM : On peut quand même dire que le personnage, en plus de sa vocation, n’est pas de ceux que l’on croise tous les jours, son tempérament, sa façon d’agir et de parler…

SP : Si c’est pour faire dans le basique, cela n’est pas marrant, j’aime bien aller au bout des choses, ne pas les faire à moitié, tu connais le poème de Prévert "Le chat et l’oiseau" ? La dernière phrase, c’est : Il ne faut jamais faire les choses à moitié. Et bien vois-tu, c’est un peu ma ligne de conduite dans la vie, jamais faire à moitié, donc il n’était pas question pour moi que Requiem soit tiède. Tu as tout à fait raison de dire que c’est un croisement entre Don Camillo et San-Antonio, c’est à peu près ça.

SM : C’est justement le charme de ton livre, on rit, de tout, sans tabou, mais en aucun cas ton roman n’est anticlérical ou à charge contre la religion…

SP : Surtout pas, je ne vais pas me moquer, humilier des gens pour en faire se marrer d’autres. Je respecte les catholiques, et pas qu’eux, n’importe quel gus qui prie un dieu, tant qu’il le fait sans m’obliger à y croire et en tuant personne, je le respecte. J’ai pris un curé parce que je connais cette religion, que j’ai été élevé dedans ; je serais né à Jérusalem, mon personnage aurait été rabbin.

SM : C’est quand même un virage à cent quatre-vingts degrés, après "Ravensbrück mon amour", et l’"Amante d’Étretat" (dans le premier tu fais pleurer, dans le second, s’interroger), là, tu pars dans l’univers du rire, pourquoi un tel changement ?

SP : Ben, l’autre, il a dit le changement c’est maintenant, alors du coup… Trêve de plaisanterie, faire ça, c’est mon rêve depuis le départ. Sauf que ce n’est pas facile de se lancer en faisant de l’humour potache, et que surtout je suis un afficionado de l’œuvre de Frédéric Dard, je ne voulais pas être accusé d’être un copiste, je voulais prouver avant de quoi j’étais capable. Puis, pour faire Requiem, fallait trouver un éditeur qui ait ce qu’il faut pour le lancer.

SM : Justement, comment fait-on pour convaincre un éditeur de prendre un livre comme celui-ci ? Qui sort totalement des sentiers battus…

SP : Ben, le mieux, c’est de lui demander… Jean-Charles, le monsieur te parle…

Jean-Charles Lajouanie : Je connaissais ce drôle de paroissien de réputation. Nous nous sommes rencontrés au salon de Nemours. Il m'a proposé de lire son manuscrit...

SM : Le personnage ne vous a pas fait peur, voire l’auteur ?

JCL : Oui, on peut parfois se demander qui, de l'auteur ou de son personnage, est le plus curieux, le plus original, mais franchement, ils valent, l'un comme l'autre, le coup et ont trouvé leur place au sein de la maison.

SM : J’ai déjà chroniqué plusieurs de vos publications, ici et ailleurs, de "Poubelle girl’s" de Jeanne Desaubry, en passant par "Dernière escale" de Sandra Martineau, "Plus de problème.com" de Fabrice Pichon, "Sois belle et t’es toi" de Jérémy Bouquin, sans oublier mon coup de coeur du moment, "Les Lucioles" de Jan Thirion, vous êtes un éditeur quelque peu éclectique, non ?

JCL : Oui, j'essaie. Je suis ravi quand les lecteurs ou les critiques disent de nos livres : c'est chez Lajouanie, et ça ne pourrait pas être ailleurs.

SM : Jan Thirion est décédé juste avant la parution de son ouvrage magnifique, il nous laisse comme un testament philosophique avec "Les Lucioles". J’ai vraiment aimé ce livre, Jan n’étant plus là, pouvez-vous le défendre pour lui, donner envie de le lire ?

JCL : "Les Lucioles" est un livre indispensable. C'est un livre familial. À tout âge, on y découvre quelque chose. Je n'ai jamais rien lu de tel. C'est un hymne à la tolérance et à l'humanisme.

SM : Les livres labélisés Lajouanie sont tous des "Mais pas que…" "Mais presque…" "Mais pas seulement…". Ces petites phrases sous les titres sont votre signature. C’est difficile de trouver des manuscrits qui sortent de l’ordinaire, des OVNI du genre des Lucioles, de Requiem et tous les autres ?

JCL : C'est assez ardu. Mais je suis content de tout ce que nous avons édité. Chaque roman m'a surpris, étonné, enthousiasmé. L'originalité et le style se font rares. Mais il y a encore de sacrées pépites à dénicher.

SM : J’ai ouï dire que vous alliez sortir une collection de polars chinois, pourquoi cet engouement pour la littérature policière chinoise ? Qu’ont-ils de différent par rapport aux romans européens ?

JCL : Les auteurs de polars chinois racontent la Chine d'aujourd'hui avec un réalisme saisissant. Si on veut comprendre et saisir toute la complexité de cet empire, c'est la meilleure façon. Si vous voulez découvrir les États-Unis, il faut lire Ellroy ou Connely ; si vous voulez tout savoir sur la Chine, il faudra se jeter sur nos romans.

SM : Et pour terminer, votre actualité du moment ou à venir, Messieurs ?

SP : Le premier tome des aventures de Requiem vient de sortir, si ça marche, on verra pour le second, je travaille sur un quatre mains avec Jérémy Bouquin, et parallèlement sur un manuscrit sur les grands faits divers.

JCL : Nous accueillons notre premier auteur belge, Frédéric Ernotte. Son livre "Ne sautez pas" est absolument épatant.

SM : Merci à vous.

Sébastien Mousse
Thanatopracteur
Éditeur l’Atelier Mosésu

Résonance n°123 - Septembre 2016

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