Louis Piazza peaufine, assemble, teste. Son trieur-broyeur de calcius de dernière génération sera commercialisé dès septembre. C’est à ce moment que sa société Europe Metal Concept (EMC) commencera à équiper ses clients, remplaçant les machines déjà en activité dans des crématoriums à Rome (Italie), Pont-à-Mousson, Perpignan ou encore Viriat (Bourg-en-Bresse).

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Pour l’entreprise avignonnaise EMC, spécialisée dans la valorisation des déchets issus de la crémation, il s’agit de présenter désormais la troisième génération de ces machines spécialisées, avec une technicité inégalée. "Je suis persuadé que, demain, on va se battre pour disposer de notre système, assure Louis Piazza. Parce qu’un broyage en moins de 4 minutes sur un 5 litres de capacité qui, mis à chaud, arrive à environ 20° dans l’urne, séparé sans rien avoir à faire et sans bruit, il n’y a aucune autre machine qui ne le fait."

Depuis les premiers équipements proposés par EMC, le processus a été remodelé, et les performances affinées. Il n’y a plus désormais de mécanique à l’intérieur de la machine. Tout se fait par transfert de pression dans le cendrier. Des ondes sont envoyées de manière à ce qu’il y ait une vibration à l’intérieur de ce cendrier. Cela va broyer ce qui est friable et refroidir les calcius. De l’air sous pression permet à ce qui est léger d’être aspiré pour tomber dans l’urne placée à la sortie. Tout ce qui est lourd va rester en bas, en vrac. L’opérateur du crématorium, qui avait placé les restes incandescents issus de la crémation dans le trieur-broyeur, n’a plus en fin de ligne qu’à récupérer l’urne et à la sceller.

Une machine techniquement protégée

"Aucun brevet n’a été déposé pour protéger ce savoir-faire, poursuit Louis Piazza. En revanche, parce ce nous avons investi du temps et de l’argent, nous avons mis au point un principe où le cœur de notre système n’est pas démontable. C’est-à-dire que nous le protégeons techniquement. Si la machine tombe en panne, ou si quelqu’un veut aller voir à l’intérieur du système, il ne peut pas. Il doit passer par nous. Il peut accéder au reste de l’appareil, ce sont des contacteurs, des connecteurs, des boutons, des petits mécanismes. Mais pas à notre système, qui fait appel à de la soufflerie, de l’aspiration et de la vibration.

Europe Metal Concept collecte 75 tonnes de métaux dans sa seule activité funéraire. Elle continue par ailleurs d’étendre son réseau d’intervention dans des crématoriums français où il ne fait que récupérer des métaux (ferreux ou non, bruts, prothèses dentaires, prothèses articulaires…) pour les valoriser. EMC travaille déjà avec une trentaine d’établissements, et vient tout juste de gagner le marché de Cannes. "Nous y plaçons des containers. Les déchets sont enlevés et entrent dans notre atelier de Graveson (Bouches-du-Rhône). Tout est inscrit dans un livre, qui sert aux contrôles réguliers de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). Ces métaux sont séparés, et partent ensuite dans des sociétés de valorisation spécialisées et labellisées", souligne le directeur.

Exigeant pour sa profession, Louis Piazza est très attaché à la transparence et à la traçabilité de ces opérations, sécurisées par une réglementation assez récente (2013) et contraignante. "Tout ce qui est récupéré en France est retraité en France. À chaque gramme de déchet enlevé, un bordereau de suivi (BSD) est rempli. Nature des produits, quantité, destination, transporteur : tout y figure. Nous disposons de toutes les autorisations préfectorales pour le transport, le retraitement, le négoce. Pour les métaux précieux, nous sommes inscrits en douane."

Autorisations et obligations

Si la rentrée pour EMC sera synonyme de prosélytisme dans les crématoriums, des dépliants étant envoyés expliquant les avantages à s’équiper en trieur-broyeur de calcius nouvelle génération, elle mènera aussi l’entreprise à poursuivre le développement de la machine. Une variante devrait rapidement voir le jour, traitant deux urnes simultanément. Un gain de temps important pour des établissements à gros débit. "Deux urnes indépendamment en quatre minutes de traitement, résume Louis Piazza. Cette mise au point nous occupera pour le reste de l’année 2017."

Olivier Pelladeau

 

Résonance hors-série n°4 - Août 2017

 

 

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