L’Office Français de Prévoyance Funéraire (OFPF) lance, à l’occasion de la troisième génération de contrats Pleins Services Obsèques, le concept d’ "Obsèques Solidaires", capitalisant ainsi l’expérience acquise issue de la signature de la Charte du respect de la personne endeuillée. Première offre de protection obsèques du genre en France, la rédaction du magazine Résonance a souhaité en savoir plus en allant à la rencontre de Méziane Benarab et George-Edward Le Roy, respectivement directeur général et directeur général délégué de l’OFPF. Retour sur une innovation qui suscite déjà un grand intérêt tant au niveau des opérateurs funéraires indépendants, que des associations de familles.
Méziane Benarab : Le lancement du concept des obsèques solidaires correspond à un long cheminement de l’OFPF, qui a débuté avec l’organisation du Premier Forum des Indépendants du Funéraire (Sept. 2008) et la rédaction du "Livre Blanc", adopté par le Deuxième Forum, (Sept. 2009). Le "Livre Blanc" constitue la feuille de route de l’OFPF et de son réseau d’entreprises indépendantes. Tout ce que nous engageons comme initiatives et projets est consigné dans ce document d’orientations (Coopérative funéraire, charte de l’endeuillé, obsèques solidaires, médiateur funéraire, etc.). Ce parcours a été conforté le 29 oct. 2009 avec la signature de la Charte du respect de la personne endeuillée par Mme Morano, secrétaire d’État chargé de la Famille et de la Solidarité.
Dans son discours, Mme le ministre avait déclaré que "la légitimité de l’OFPF n’était plus à démontrer". Alors, nous nous sommes investis d’une responsabilité envers les familles endeuillées, et ce, quelles que soient les catégories sociales : veufs ou veuves, majeurs protégés, personnes handicapées ou personnes dépourvues de ressources suffisantes. Notre véritable souci est de travailler à la réconciliation de l’opérateur funéraire avec l’opinion publique en général, en donnant une dimension citoyenne à notre réseau et de faire de celui-ci un véritable levier de solidarité envers toutes les catégories sociales.
George-Edward Le Roy : Conviction, engagement, et organisation sont effectivement les premiers pas de notre démarche, qui s’est progressivement consolidée et enrichie des apports de chacun des acteurs du réseau OFPF-Les Indépendants du Funéraire. L’important est que ces sujets sont désormais portés au-delà du monde funéraire, relayés par certaines personnalités politiques, au centre des préoccupations de l’ensemble de nos contemporains.
La Charte du respect de la personne endeuillée en atteste, puisqu’elle est aujourd’hui signée par de grandes institutions aux côtés des opérateurs funéraires du réseau OFPF : OCIRP, ACDA, Groupe Vauban Humanis, Nationale des Associations Familiales (UNAF), Fédération Française de Crémation (FFC), Fédération des associations de conjoints survivants (FAVEC), Caisse prévoyance des agents de la sécurité sociale, Groupe Novalis, Groupe Mornay, Centre de ressources national de soins palliatifs, Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, Groupe Lourmel, Association Dialogue et Solidarité, Fondation de l’Orphelin, Groupe B2V, Groupe REUNICA, AUDIENS,….. tous solidaires de l’accompagnement réservé à la personne endeuillée. C’est dans cette dynamique que nous lançons une nouvelle offre de prévoyance Obsèques Solidaires.
Résonance : Mais en quoi votre concept recèle-t-il une dimension solidaire ?
Méziane Benarab : Ce n’est déjà plus un concept, mais une réalité, car nous avons en effet une conception de la solidarité empreinte de pragmatisme, mais surtout opérationnelle. Pour nous, il ne s’agit ni d’une simple déclaration, ni d’un slogan à la mode. Elle correspond à une profonde conviction liée à notre capacité à faire travailler ensemble associations de familles, professionnels et partenaires institutionnels. Nous agissons sur les valeurs de solidarité portées par la Charte du respect de la personne endeuillée. Nous n’avons pas rejoint nos différents partenaires dans leur quête de solidarité, mais nous l’avons suscitée et amplifiée en eux. Certains d’entre eux ont été surpris par notre démarche, d’autres l’attendaient tout naturellement. Le modèle de protection obsèques solidaires que nous proposons a une double dimension, collective et individuelle.
Sur le plan de l’offre d’obsèques solidaires à dimension collective, nous procédons par des engagements nationaux pour l’ensemble de notre réseau en fonction des catégories sociales pour lesquelles nous la proposons. Cette offre est organisée autour de trois piliers. Le premier comporte un engagement de solidarité des opérateurs funéraires membres du réseau formulé sous la forme d’une approche préférentielle et qualitative. Le second comporte un protocole d’accueil privilégié des publics concernés, ainsi qu’un important effort de transparence reprenant les dispositions du modèle de l’arrêté du 3 août 2010. Enfin, le troisième est lié au recours à la médiation comme dans le règlement des litiges entre les familles et les professionnels. La présence d’un médiateur du réseau est un gage de mise en confiance de nos partenaires.
Ainsi les accords signés avec des partenaires institutionnels, comme l’accord-cadre récemment signé avec la Fédération Française de Crémation, ou la signature prévue le 23 mars prochain, à l’Assemblée nationale, d’un Protocole d’accord avec l’association France ADOT (Don d’organes) attestent bien du niveau de confiance et de la légitimité accordés à l’OFPF-Les Indépendants du Funéraire.
George-Edward Le Roy : Quant à la dimension individuelle de cette offre prévoyance Obsèques Solidaires, nous mettons en avant deux grandes innovations : la possibilité pour le souscripteur du contrat d’exprimer dans ses volontés funéraires son choix en faveur du don d’organes en vue de greffes à des patients en attente. Notre partenaire France ADOT transmettra alors une carte de donneur aux souscripteurs qui se seront déterminés pour ce choix. C’est un aspect fondamental de la solidarité qui permettra de sauver des vies humaines.
La seconde innovation réside dans le fait de permettre le versement d’une partie de la soulte éventuelle à des associations reconnues d’utilité publique : l’Association Perce-Neige, créée par Lino Ventura en faveur de l’enfance et du handicap ; la Ligue Nationale contre le cancer, pour favoriser la recherche médicale ; la Fédération des associations de conjoints survivants (FAVEC), pour accompagner le veuvage ; la SPA pour protéger la vie animale et son environnement ; la Fédération des aveugles et handicapés visuels de France, pour l’intégration sociale et professionnelle des plus fragiles ; et France ADOT, pour porter le message de solidarité entre donneurs et receveurs.
Enfin, pour renforcer encore le caractère solidaire de nos contrats, en cas de décès accidentel, nous avons fait le choix de doubler le capital à verser. C’est une évolution importante en matière de protection obsèques. Tous ces aspects constituent, en quelque sorte, l’ADN de l’OFPF, plus que sa signature.
Résonance : Quelle est la date du lancement de votre nouvelle offre ?
George-Edward Le Roy : Nous annoncions déjà ce lancement dans nos vœux en ce début d’année avec de grands projets pour 2011 ; les opérateurs funéraires en disposeront début mars, et pourront alors se démarquer sur ce marché de plus en plus concurrentiel, et apporter toujours plus d’avantages et de services aux familles. Dans ce sens, nous intégrons également à l’offre prévoyance Obsèques Solidaires une garantie assistance élargie aux services à la personne, en partenariat avec Filassistance, ainsi qu’une protection juridique avec CFDP, pour offrir tous les avantages d’une offre globale à l’assuré, et sa famille.
Résonance : En somme, cette offre conforte également la dimension citoyenne de votre réseau ?
Méziane Benarab : Ensemble, avec la contribution des opérateurs, nous avons accompli un remarquable parcours, et nous consoliderons encore nos actions sur l’intérêt que nous portons tous aux familles, et sur la prévoyance obsèques comme garanties de la pérennité des entreprises des Indépendants du Funéraire.
Propos recueillis par
Résonance
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