Le 10 mai dernier, OGF a fait l’acquisition de Serenium, numéro 3 français du secteur funéraire. Cette nouvelle acquisition constitue une opportunité stratégique de développement pour le Groupe. Didier Kahlouche, nommé directeur général de Serenium, filiale d’OGF, revient sur cet événement.

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Didier Kahlouche,
directeur général de Serenium.

Résonance : Atrium a été racheté en avril et Serenium en mai... Vos compétences en tant que directeur du pôle acquisitions et intégrations au sein du Groupe OGF ont été fortement mises à contribution.

Didier Kahlouche : Effectivement, mais je ne suis pas seul. Il s’agit avant tout d’un travail d’équipe et d’écoute, du marché en général et de nos interlocuteurs en particulier. Philippe Lerouge, président-directeur général du Groupe OGF, l’a précisé dans notre communiqué : depuis 2015, de nombreuses entreprises ont fait le choix de rejoindre le leader du marché. Douze enseignes durant le précédent exercice, puis ces deux acteurs de premier plan que sont Atrium et Serenium.

R : Vous avez été nommé directeur général de Serenium. Parlez-nous de votre parcours.

DK : J’ai occupé à la fois des fonctions opérationnelles et des fonctions support. J’ai été successivement directeur de plusieurs agences sur Toulouse avant de prendre la direction de la région Est, puis de la région Sud-Ouest. J’avais, sous ma responsabilité, plus d’une centaine de points de vente. J’ai eu ensuite différentes missions au siège social d’OGF, la dernière étant directeur des acquisitions et des intégrations. Toutes ces expériences me confèrent une vision transverse pour pouvoir assurer la fonction de directeur général de Serenium.

R : Aujourd’hui, le Groupe OGF est pleinement propriétaire de Serenium ?

DK : Les dirigeants fondateurs de l’entreprise, Jean-Charles Florac et Philippe Ortiz, ainsi que leurs actionnaires financiers, RAISE Investissement et BNP Paribas Développement, ont effectivement cédé l’intégralité de leurs participations au Groupe OGF.

R : En quoi cette acquisition est-elle différente de celles réalisées jusque-là par OGF ?

DK : Elle est tout d’abord exceptionnelle de par la taille de l’entreprise. Aujourd’hui, Serenium représente dans l’ouest de la France une centaine de points de vente, soixante maisons funéraires et deux crématoriums dont un en construction. Plus de 500 collaborateurs y travaillent. L’entreprise réalise près de 10 000 obsèques par an et l’activité de marbrerie, qui constitue le cœur de métier historique de la Société Mélanger, y est aussi importante. Cela vous donne une idée de la taille et de la diversité des savoir-faire. Mais la vraie différence vient du statut juridique de Serenium, qui demeurera une filiale indépendante : le Groupe OGF n’a pas souhaité intégrer ces structures à ses propres secteurs opérationnels. C’est un modèle alternatif qui voit le jour. Serenium conserve son siège social, avec ses propres fonctions support, qui viennent en soutien de toute l’organisation, telle que la paie, par exemple. Ce qui n’empêchera pas les synergies entre l’entreprise mayennaise et OGF, notamment en termes de méthodes.

R : En termes de fonctionnement, le modèle Serenium est déjà assez proche du modèle OGF ?

DK : Les modes opératoires, les modes de distribution, la logistique, la structuration des points de vente sont effectivement proches de ceux d’OGF… C’est plutôt une bonne nouvelle pour moi (rire). Mais, vous savez, ce n’est pas très étonnant... À partir d’une certaine taille, le modèle qui s’impose naturellement est celui d’OGF. On sait que beaucoup s’appliquent à dupliquer ce modèle, de manière plus ou moins aboutie. Dans le cas de Serenium, il y a une bonne base d’organisation.

R : Avez-vous déjà des projets pour Serenium ?

DK : Avant de se projeter trop loin dans l’avenir et de procéder à de nouvelles acquisitions, il me semble important de prendre connaissance du périmètre actuel de Serenium, de le maîtriser et de le stabiliser. Le Groupe Serenium s’est constitué essentiellement par croissance externe et a connu un développement relativement rapide : en 10 ans, l’acquisition d’une bonne vingtaine d’entreprises a été menée. Il reste encore un travail à accomplir pour harmoniser les pratiques, unifier les équipes et créer un sentiment d’appartenance. Ce sera une première étape avant de continuer sur cette logique de développement. Évidemment, la question se posera à chaque fois que nous serons en position d’acquérir une entreprise dans l’ouest de savoir si elle intègre le périmètre d’OGF ou celui de Serenium - puisque je conserve en parallèle la direction déléguée des acquisitions au sein d’OGF. Nous déciderons au cas par cas, en fonction des synergies possibles. Il est également important que nos actions aient du sens et qu’elles soient en accord avec la philosophie et le positionnement de chaque entité.

R : Le Groupe Serenium s’était intéressé de près aux marchés publics et aux collectivités. Cette activité sera-t-elle maintenue ou est-ce qu’OGF Collectivités envisage de prendre la main ?

DK : À l’évidence, nous allons maintenir et même développer cette activité chez Serenium, car c’est une approche que toute entreprise de service funéraire se devrait de pratiquer… Comme chez OGF, les marchés collectivités constituent une activité complémentaire, qui offre un relais de croissance intéressant pour les agences, ne serait-ce que du fait des relations de proximité que cela permet d’entretenir avec les communes et autres collectivités locales.

R : Vous avez évoqué précédemment les effectifs du Groupe Serenium. Comment l’acquisition s’est-elle passée de leur point de vue ?

DK : Les collaborateurs de Serenium ont échangé avec Philippe Ortiz et nous avons échangé avec eux. Mais, comme c’est souvent le cas dans de telles procédures, certains se questionnent encore, et cela se comprend parfaitement. Ma position, vous la connaissez déjà : nous avions abordé le sujet dans une précédente interview (Résonance n° 118 de mars dernier). Dans une entreprise funéraire plus qu’ailleurs, les salariés sont le premier atout. Chacun connaît parfaitement sa fonction et son entreprise, chacun peut être force de proposition pour faire évoluer son métier et, par là même, les performances et l’image de l’entreprise. Ce sont des personnes sur lesquelles j’entends bien m’appuyer pour grandir avec elles… Nous formerons une équipe, et c’est ainsi que nous maintiendrons le Groupe Serenium dans la dynamique qui est la sienne !

Steve La Richarderie

Résonance n°122 - Juillet 2016

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