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Il y a des sujets plus légers que d’autres, même dans le polar, dans le roman noir, celui-ci est l’un des plus lourds qui soient à traiter : la pédophilie, la violence et le meurtre sur enfant… C’est le choix qu’a fait l’écrivain Christelle Mercier. "The Hunter" et "Destins brisés" sont des livres durs, qui ne laissent pas indifférents, dont on ne sort pas indemne de la lecture, car ils vous parlent de l’horreur ultime…

 

Destins brisés fmt

Résumé

Phoenix, Californie. Il y a ceux qui ont fait le choix de renoncer à leur liberté, des adolescents condamnés pour meurtre qui devront vivre avec le poids de leurs actes dans l'enfer des prisons. Terry Kerbraz, pédopsychiatre, intervient dans ces lieux peuplés de grands criminels pour leur venir en aide et tenter de faire renaître l'enfant qui sommeille en eux. Parmi ce chaos, subsiste l'espoir que ces délinquants se forgent une âme pure.

Il y a ceux à l'enfance brisée qui ont peur de se souvenir d'un passé douloureux, qui les hante par des cauchemars récurrents, des choses inavouables. Christopher, dix-huit ans, est un jeune homme perturbé en quête de sa véritable identité. Est-il un psychopathe naissant ? Quels sont les traumatismes de son enfance ? Mais en voulant remuer le passé, il risque de déterrer un terrible secret enfoui depuis douze ans. Est-il prêt à connaître la vérité ?

L’avis
 
Il est impressionnant de voir le travail sur le style de l’auteur, l’évolution de sa façon d’écrire ; dans le premier, des phrases parfois un peu longues, voire maladroites. J’avais trouvé que, dans "The Hunter", il manquait un travail éditorial avec l’auteur. Quel que soit le "niveau" d’un romancier, il a toujours besoin de l’aide, de l’avis d’un œil extérieur, afin de voir ce qui ne va pas dans la structure du texte, dans l’intrigue. Celui qui crée l’œuvre sait où il veut aller, tous les rouages sont dans son esprit, mais il faut que ces rouages soient accessibles aux lecteurs, qu’ils soient compréhensibles, c’est cela une grande partie du travail de l’éditeur, aider l’auteur à améliorer son œuvre.
Ici, le travail a été effectué, et, comble de l’ironie, ce livre est paru en autoédition. C’est une amie à elle, Zoé Jaclin, qui l’a aidée, avec la participation de Philippe Setbon, qui a réalisé la préface et la couverture.
On retrouve donc les personnages du premier, douze années se sont écoulées depuis "l’affaire Béryl", mais les blessures ne sont toujours pas refermées ; d’ailleurs, certaines blessures peuvent-elles se refermer ? Ils ont vieilli, grandi, mûri, mais les salauds sont toujours là, des nouveaux sont même arrivés. Une fois de plus, l’enfance maltraitée, la pédophilie sont au cœur de l’intrigue. Un roman extrêmement bien travaillé, aucun voyeurisme, aucune description inutile.

Dans le premier opus, l’intrigue était axée autour d’Aaron Wilson, le flic chargé de l’enquête, et père d’une des victimes ; là, Christelle Mercier change d’angle d’écriture, ce n’est plus un flic qui est au centre de la narration, mais Terry Kerbraz, pédopsychiatre, ce qui change totalement l’approche. De même, le thème des mineurs dans des centres de détention est un sujet peu usité dans le roman, que Mercier s’approprie très bien, on sent le travail de recherche derrière l’écriture.

Telle que la fin est faite, elle appelle un Hunter 3, j’en serais presque à espérer que, cette fois-ci, la narration se déroule autour de Tim, s’il est toujours de l’aventure, un psychopathe aussi pervers que lui est un personnage magnifique, de la trempe de Will Edward(1), voire d’un docteur Lecter…

Citations

La peine s’était à jamais marquée sur leurs visages, les sillons creusés aux coins des yeux pour tous les jours à pleurer leur fille, les cernes à peine dissimulés pour toutes les nuits d’insomnie.

Le chagrin encore à fleur de peau même après toutes ces années. Une photo, l’absence, un rire d’enfant, et la douleur explosait de nouveau comme un coup de poignard.

Christelle MERCIER (au fmt
Christelle Mercier
(autoportrait)

L’entretien

Sébastien Mousse : Ma première question, celle qui m’est venue dès ton premier livre, lors de la lecture de "The Hunter" : Comment une femme, une maman, peut-elle écrire un livre comme celui-ci, je pense particulièrement à des scènes avec actes pédophiles ?

Christelle Mercier : Traiter un sujet aussi difficile est délicat. C’est un thème qui me touche, qui me révolte et me prend aux tripes. En tant que maman, ou bien simplement parent, on ne conçoit pas qu’on puisse faire du mal à un enfant, et pourtant, tout autour de nous, il n’y a qu’à se pencher sur les médias pour se rendre compte que ces actes sont quotidiens. Il y a effectivement des scènes choquantes, mais lorsque j’écris, je m’efforce, même si c'est difficile, que ce soit le plus réaliste possible, car ces gosses qui le vivent au quotidien ne sont pas dans une fiction, et à quoi bon se voiler la face, autant dire les choses sans tabou.

SM : L’écriture d’un livre, c’est souvent une immersion pour l’auteur. Je me souviens en avoir parlé avec Michel Vigneron pour "Le Puits de la perversion", qui est sur le même sujet que "Destins brisés"... Comment fait-on pour sortir indemne de cette écriture ?

CM : J’ai passé plusieurs nuits blanches, il ne faut pas se mentir. Toucher l’innocence d’un enfant, s’immerger dans l’esprit de ces victimes surtout quand elles ont l’âge de ses propres enfants est une épreuve difficile. J’ai versé mes larmes, j’ai eu souvent envie d’abandonner, mais je n’ai pas lâché, même si cela m’a pris du temps à l’écrire. On y laisse une part de soi, on y laisse sa sensibilité, ses tripes et je ne voulais surtout pas traiter ce sujet comme un simple fait divers.

SM : Tu es française, tu es née et tu vis à Orléans. Pourquoi exiler ton roman aux États-Unis, dans la région de Fort Knox ?

CM : Ma famille vit aux USA, notamment près de Fort Knox, donc c’est tout naturellement, lors d’un voyage là-bas en 2010, que j’ai eu envie d’y situer mon action. Le cadre s’y prêtait bien, d’autant que c’est une ville très militarisée, sécurisée, et les idées se mettaient en place au fur et à mesure de mon séjour. C’est aussi mon deuxième pays de cœur, une façon pour moi de dédier à ma famille, malgré la distance qui nous sépare, ma passion pour l’écriture.

SM : Pour tous mes entretiens, j’ai deux questions récurrentes. La première : Si tu devais faire lire ton livre à une personne, réelle ou fictive, qui serait-elle et pourquoi ?

CM : La personne dont l’avis a été très important pour moi a été naturellement ma grand-mère. C’est une passionnée de polar aussi, et elle a été très touchée que je situe l’action près de chez elle. Je n’ai qu’un seul regret, que mon grand-père, qui repose au cimetière américain de Fort Knox, ne soit plus là pour me lire.

SM : Une musique, une chanson, un album à écouter avec "The Hunter" ?

CM : Difficile de n’en donner qu’une seule. L’album de Civil Twilight ou bien celui de Ludovic Einaudi.

SM : Ton actualité du moment... Travailles-tu sur un nouveau livre ?

CM : Je travaille sur le troisième et dernier volet de "The Hunter" et "Destins brisés". Mes personnages avaient encore des choses à dire, à vivre. Je travaille également avec Stanislas Petrosky sur l’écriture d’un roman sur la période 39-45, intitulé "La Putain d’Orléans". Nous avions envie d’unir nos plumes, nos styles pour parler d’un sujet qui nous tient à cœur, et retracer les évènements qui se sont déroulés dans ma région.

SM : Merci de cet entretien, Christelle, je te dis à très bientôt.

Sébastien Mousse
Thanatopracteur et directeur littéraire

Nota :
(1) Lire impérativement "Le Tueur de l’ombre" et "Le Tueur intime", de la délicieuse Claire Favan.

 

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