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Quand il voit débarquer dans son cabinet la ravissante, mais ô combien extravagante Gabrielle Géris, Adrien de Bérail est loin d’imaginer qu’il se laissera convaincre de l’embaucher comme baby-sitter. Veuf et très accaparé par son métier d’avocat, il lui faut de toute urgence une personne capable de prendre soin de ses deux chérubins, Paul et Sophie, tout juste âgés de neuf ans. C’est donc en dépit de ce que lui crie la raison qu’il accepte sa folle candidature. Une personnalité audacieuse et un toupet incroyable pour un petit mètre soixante sur talons… Qui sait ? La jeune femme pourrait bien se révéler être la perle rare…

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Sophie Jomain - Photo :
Audoin.Desforges/édition
J'ai Lu.

À force d’entendre l’auteure qui est à vos côtés dans un salon parler de son livre auprès du public, ou bien que ce soit les lecteurs qui viennent lui dire qu’ils ont passé un agréable moment de lecture, il y a un moment où vous l’achetez à votre tour le bouquin pour vous faire une idée. C’est donc ce que j’ai fait avec Cherche jeune fille avisée, pourtant c’est à l’opposé de ce que je lis habituellement, je suis plus polar, roman noir, et là c’est de la romance, ce que certains appelleraient de la lecture pour midinette, de la littérature à l’eau de rose. Dès les premières pages, on se doute bien, même si Gabrielle Géris est aux antipodes d’Adrien de Bérail, qu’ils vont finir ensemble, c’est le but de ce livre, une histoire d’amour…

Le tout est de savoir comment…

Nous avons donc au départ deux personnages clés, l’héroïne, Gabrielle, une jeune femme d’une trentaine d’années au caractère bien trempé, au toupet impressionnant, bourrée d’audace et un brin cinglée, avouons-le, car se rendre à un entretien d’embauche avec un pigeon dans le sac à main, soit... on peut aimer les animaux, mais faudrait voir à ne pas pousser mémé dans les orties !

De l’autre côté du ring, Adrien de Bérail, jeune avocat accaparé par son métier, par les affaires. L’homme a un caractère exécrable, autoritaire au plus haut point, bouffi d’orgueil, bref le type que l’on a envie de détester dès le départ. Mais Adrien est aussi veuf, père de deux enfants, Paul et Sophie tous deux âgés de neuf ans, et il a besoin de toute urgence d’une nounou pour les prendre en charge. Eux aussi, les enfants, ont leur caractère, très mature pour leur jeune âge, on découvre vite pourquoi au fil des pages. D’autres personnages au fil du roman viennent apporter leur pierre à l’édifice, ou bien l’effondrer parfois… C’est selon.

Sophie Jomain nous narre les aventures de tous ces personnages avec une plume pleine d’humour et de légèreté, on a beau savoir dès le départ que la fin sera dans le genre ils vécurent heureux et patati et patata... eh bien malgré cela on lit avec délectation, on dévore cette romance, parce que l’on veut savoir comment ils vont finir ensemble, vu qu’au départ tout les oppose, et que quelques grains de sable viennent à tomber dans la vaseline. Une lecture agréable, sans meurtre, sans horreur de la vie quotidienne, juste la douceur de l’amour, le charme désuet (ou pas) du romantisme. Cherche jeune femme avisée, un peu de douceur et de tendresse (mais aussi du sexe) dans un monde de brutes…

Sébastien Mousse : Bonjour Sophie, bienvenue dans la revue Résonance, comme je l’écris en début de chronique, je ne suis pas fan de ce que l’on nomme romance, mon truc à moi c’est vraiment plus le roman noir, j’ai fait une erreur de casting en lisant ce livre, je ne suis pas ton lectorat habituel je présume ?

Sophie Jomain : Une erreur, non, puisque tu as finalement aimé, et j’en suis ravie ! Mais tu as raison, les lecteurs de romans noirs, thrillers et policiers ne se dirigent pas naturellement vers la romance. Finalement, c’est rigolo et plaisant de voir qu’il existe un cœur chamallow et choubidou à l’intérieur de chacun. Même de ce bon vieux Sébastien Mousse !

SM : Gabrielle a été archéologue, tu as toi-même suivi ce genre d’études, l’un des enfants se prénomme Sophie, n’y aurait-il pas une part d’autobiographie dans ce roman ?

SJ : J’ai effectivement été archéologue, et j’avais envie de faire un clin d’œil à cet ancien métier que j’ai tellement aimé. Le pigeon aussi, j’avoue, je suis tout à fait capable de faire ce qu’a fait Gabrielle. Tu sais que je ne tue ni mouche ni araignée ? Je les sauve ! Si Sophie et Paul se prénomment ainsi, c’est parce que je suis une grande amoureuse des Malheurs de Sophie. Là aussi, c’est un hommage.

SM : Dans Cherche jeune femme avisée, nous sommes très loin des personnages fantastiques qui peuplent les aventures de Felicity Atcock et des Étoiles de Noss Head, comment t’es venue l’idée de faire de la romance en plus de la fantasy ?

SJ : C’est un genre que j’ai toujours aimé lire, depuis mon plus jeune âge. Alors c’est venu comme une évidence. Toutefois, ce n’était pas vraiment l’inconnu, il y a des histoires d’amour dans tous mes livres, même en fantasy.

SM : Dans l’esprit du public, et des professionnels, ce que l’on nomme la romance, est une niche littéraire réservée plus à des lectrices de 25 à 45 ans, ce n’est pas moi qui le dis, mais certains articles sur Livre-Hebdo et autres magazines du genre, est-ce une réalité, ou bien les nouveaux auteurs dans ton style qui se frottent à ce genre d’écriture essayent d’ouvrir la romance vers un autre public, en y ajoutant une dose d’érotisme, un zeste d’humour, et parfois un soupçon de suspense ?

SJ : J’ai commencé à lire de la romance à treize ans. J’ai avalé une quantité effroyable de Harlequin. Puis ça m’a passé, et j’y suis revenue. Ma grand-mère a quatre-vingts ans et lit aussi des romances. De fait, je ne crois pas qu’il y ait vraiment d’âge pour ça. Je crois surtout que je n’ai rien inventé. J’ai peut-être une écriture actuelle, mais le genre d’histoires que j’écris, d’autres l’ont fait avant moi, et très bien. Si la romance marche toujours, ce n’est pas du fait d’auteurs comme moi, c’est simplement que l’amour, c’est le moteur de chacun quelque part. La romance, on sait tous ce que c’est. C’est éternel.

SM : D’un point de vue écriture, entre la fantasy et la romance, y a-t-il un des deux genres plus complexe, plus long à écrire, je pense à Frédéric Dard qui disait que contrairement à ce que pensait le public, il était plus difficile d’écrire un San-Antonio qu’un roman noir, qu’en est-il pour toi ?

SJ : Pour moi, c’est la fantasy qui est la plus longue à écrire. C’est paradoxal, parce que tous les ressorts y sont permis. Mais comme j’ai envie d’ancrer ces histoires dans la réalité, ça devient donc compliqué. Je ne dois pas assez trop loin, réfléchir à la place de personnages qui sont ce que je ne serai jamais. Toutefois, la romance est aussi un genre difficile. Les lectrices sont exigeantes. On ne peut pas leur servir n’importe quoi sous prétexte d’une histoire à l’eau de rose. Tout doit se tenir, évoquer leur réalité, leurs passions, leurs fantasmes, leurs craintes. Si tu perds de vue cette notion, c’est raté.

SM : Résonance est une revue pour les professionnels du funéraire, est-ce un milieu qui inspire un auteur ? Y a t-il dans toutes ces professions qui gravitent autour de la mort une dont tu pourrais faire le métier d’un héros de roman ?

SJ : Le milieu ne m’inspire pas forcément, mais la mort oui. Dans mes romans, beaucoup de personnages en sont revenus sous une autre forme. La mort a de fascinant qu’elle évoque paradoxalement un renouveau. Elle est donc prépondérante dans mes récits. Maintenant, si je devais choisir un métier de ce domaine, les thanatopracteurs y auraient une place de choix. Il existe tellement de mythes sur les "croque-morts" !

SM : Tu dis trouver la mort fascinante et l’utiliser dans tes romans. De quelle manière le fais-tu ?

SJ : Pas de façon systématique, c’est certain. Le plus souvent, elle évoque la tristesse, les souvenirs, mais aussi un pas vers l’avant. Elle a souvent lieu de manière brutale dans mes histoires, elle est rarement naturelle. Par exemple, dans Cherche jeune femme avisée, elle est très douloureuse puisqu’elle retire une mère à ses enfants, et que cette fois, il n’y a pas de "résurrection possible", contrairement à mes histoires fantastiques. Et justement, en parlant du métier de thanatopracteur, je me dis que dans le maillon final de la vie, sans leur contribution, la dernière image de l’être perdu en prendrait sérieusement un coup. Ce serait sympa de tisser une histoire autour de ça.

SM : Tiens donc, une idée en vue ?

SJ : Pour ne rien te cacher, oui. Une me trotte dans la tête depuis un bon moment. Un récit qui serait tout sauf gothique et qui mettrait en avant la véritable facette de l’après-mort. Quels seraient nos souvenirs si l’embaumeur ne faisait pas son travail ? À creuser…

SM : Quelle est ton actualité littéraire du moment Sophie ?

SJ : La suite de Cherche jeune femme avisée est sortie en mars 2015. Il s’agit de D’un commun accord, l’histoire de Jane et Martin qu’on rencontre dans le tome 1. Et là, je suis en train d’écrire la suite de Felicity Atcock. Le tome 5. J’ai également un autre projet sur le feu, une histoire actuelle donc je ne peux encore trop parler.

SM : Sophie je te remercie de m’avoir accordé un peu de ton temps pour répondre à mes quelques questions.

SJ : Merci à toi !

Si vous souhaitez en savoir plus sur la charmante Sophie Jomain, je vous invite à consulter son site :
www.sophiejomain.com

Sébastien MousseMousse Sébastien fmt
Thanatopracteur.
Éditeur l’Atelier Mosésu

Résonance n°113 - Septembre 2015

 

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