L’offre sur le marché des prestations funéraires évolue lentement mais sûrement. Les principaux facteurs de cette évolution sont l’augmentation de la crémation et de l’utilisation des chambres funéraires, le développement des réseaux et de la prévoyance funéraire. L’arrivée des banques et des assurances sur le marché comme nouveaux prescripteurs caractérise un mouvement majeur de l’évolution du marché funéraire. Le faible poids des opérateurs funéraires au niveau de la prévoyance funéraire les expose à une dépendance croissante vis-à-vis des intermédiaires dans la distribution du marché.

 

Logo-Obseques-Prev

 

Maurice-Abitbol
Maurice Abitbol,
directeur d’Obsèques prévoyance.

La prévoyance funéraire se développe

 

Le nombre de contrats d'assurance obsèques en cours dans les sociétés d'assurances s'élève à plus de 3,5 millions, avec une forte progression annuelle. Les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter organiser leurs obsèques à l’avance. Les motivations sont tout d'abord économiques. Financer ses obsèques évite de faire peser ce coût sur ses proches. Préparer ses obsèques à l'avance, c'est aussi être certain du respect de ses dernières volontés.

 

Le marché de la prévoyance funéraire est segmenté

 

- Il y a une demande simple de prévoyance qui consiste à prévoir un capital en cas de décès pour faire face aux dépenses qu’occasionne un deuil. Le souscripteur de ce type de contrat s’adresse à son assureur ou est sollicité par lui. La concurrence sur ce segment de marché bat son plein entre assurance et bancassurance. Les opérateurs sont quasi inexistants sur ce créneau. Le produit correspondant à ce segment du marché est le "contrat obsèques en capital". Les contrats en capital (non adossés à un contrat de prestations funéraires) représentent 74 % de l’ensemble des contrats d’assurance obsèques.
- Certains contrats se présentaient comme des contrats obsèques, bien que ne comportant aucune obligation pour le bénéficiaire de régler les frais d’obsèques du souscripteur. Depuis août 2013 les formules de financement d'obsèques doivent prévoir expressément l'affectation à la réalisation des obsèques du souscripteur ou de l'adhérent, à concurrence de leur coût, du capital versé au bénéficiaire. Fini les bénéficiaires qui encaissent la prime d’assurance sans la consacrer au paiement de la facture des funérailles.
- Un autre segment du marché consiste à prévoir le financement de ses obsèques en précisant dans le détail sa nature et son organisation. Sur ce créneau, l’assurance et la bancassurance ont besoin des opérateurs funéraires pour se développer, car elles ne sont pas habilitées à organiser des obsèques. De plus, les dernières évolutions de la réglementation invalident désormais clairement la vente de contrats packagés et/ou standardisés. En effet, tout contrat prévoyant des prestations obsèques à l’avance doit obligatoirement prévoir le contenu détaillé et personnalisé des prestations obsèques, ce qui implique nécessairement un dialogue du souscripteur avec un professionnel du service funéraire.
- Les contrats adossés à un contrat de prestations funéraires (contrats en prestations) représentent un quart du portefeuille. Nous sommes passés de 8,5 % de décès couverts par un contrat obsèques en 2003 à 18,3 % en 2011. Nous dépasserons prochainement les 20 %, pour atteindre environ 50 % vers 2040. Cette progression constante montre à l’évidence l’influence croissante de la prévoyance funéraire sur la répartition du marché.

 

L’offre de prévoyance funéraire se concentre

 

La part de marché occupée par les opérateurs funéraires est relativement faible. De plus, les opérateurs doivent adosser leurs contrats de prestations à un contrat d’assurance. Les réseaux comme les indépendants ont donc recours à des intermédiaires d’assurances (courtiers, agents ou mandataires). Et à ce niveau aussi, des changements notables sont en cours.
 
Le marché des prestations funéraires évolue

 

La liberté concurrentielle a entraîné une recomposition du marché. Le grand groupe national d’entreprises funéraires, malgré une réduction de sa part de marché, reste l’acteur central du secteur et la source des principales innovations en matière de qualité de services. Les très petites entreprises constituent encore l’essentiel des entreprises du secteur et réalisent environ le tiers du chiffre d’affaires. Les petites et moyennes entreprises ont une souplesse et des coûts de fonctionnement faibles qui les rendent très compétitives par rapport aux grandes structures qui doivent supporter des niveaux de charges fixes élevés.

Le développement des réseaux montre que c’est la voie qu’elles ont choisie pour aborder le nouvel âge du marché funéraire. Ces réseaux occupent une place majeure dans le paysage. Le secteur public a réussi à se maintenir sous la forme de sociétés d’économie mixte qui offrent de meilleurs ressorts de compétitivité dans un contexte concurrentiel plus agressif.

 

La prévoyance funéraire influe sur le marché des prestations funéraires

 

L’investissement massif dans la prévoyance funéraire du grand groupe national d’entreprises funéraires montre son intention de faire de la prévoyance un ressort essentiel de sa reconquête du marché. Les réseaux d’entreprises funéraires, pour ne pas se laisser distancer, ont fait de même. Les accords entre leaders du secteur et acteurs financiers sur le marché de la prévoyance sont une amorce de la fragilisation du tissu des TPE-PME. Certains professionnels sont disposés à sacrifier leur autonomie et le contrôle de leur activité au bénéfice hypothétique de portefeuilles de contrats de prévoyance.

 

La nécessaire régulation du marché

 

Les dernières évolutions en matière de réglementation des contrats obsèques ont visé d’abord à empêcher la reconstitution du monopole au travers des contrats packagés, puis la financiarisation des obsèques au travers des contrats standardisés, et enfin, en 2013, à préserver le caractère de proximité du marché des prestations funéraires, en précisant que le contrat obsèques en prestations doit obligatoirement prévoir le contenu détaillé et personnalisé des prestations obsèques.

Nous vivons dans un marché ouvert où la liberté d’entreprendre domine. Cette liberté ne doit pas être un moyen, pour les plus puissants, de toujours imposer leurs pratiques, ce qui aboutit à toujours plus de concentration par l’élimination des plus faibles sans pour autant atteindre une satisfaction optimum des besoins. C’est ce qui justifie la régulation du marché par la puissance publique dans un souci de préserver l’intérêt général et d’éviter les abus de position dominante.

 

Maurice Abitbol
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations