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Depuis l’apparition des premières sépultures à la Préhistoire, il y a 80 000 ans, les rites funéraires n’ont jamais cessé d’évoluer. C’est à cette époque que l’Homme a pris conscience de sa propre mort et a cherché à préserver le corps des défunts de la corruption et des charognards. Ainsi sont apparus les premiers rites funéraires, qui marquent la distinction entre l’Homme et l’animal. À travers les âges et les cultures, la conservation des corps fait partie intégrante de l’histoire de l’humanité.

 

 

Si les momies égyptiennes restent à ce jour les exemples les plus connus de ces embaumements antiques, nous verrons qu’elles sont loin d’être les seules et certainement pas les meilleurs modèles en matière de conservation. Nous faisons là un rapide tour d’horizon de l’histoire de l’embaumement à travers quelques exemples représentatifs.

L’Égypte antique

Le terme "momie" vient de l’arabe "mumya", qui signifie "bitume" ; mais ce dernier ne fut utilisé pour les embaumements qu’à partir de l’époque gréco-romaine.

Dans l’esprit des Égyptiens, nul ne pouvait accéder à la vie éternelle sans avoir subi au préalable un embaumement. Au départ, cette momification se faisait naturellement. Les corps, ensevelis dans du sable, associé à la chaleur du climat, se déshydrataient de manière naturelle. Ce n’est que lorsque ces tombes furent remplacées par des mastabas (caveaux), remplis d’air, que les Égyptiens furent confrontés au problème de la décomposition des corps. Est apparue, alors, une volonté d’obtenir cette déshydratation de manière artificielle, une technique qui s’est perfectionnée au fil des années.

On distingue 3 classes de momification

L’embaumement de 1re classe, le plus abouti mais aussi le plus onéreux, est celui qui va retenir notre attention. Il est réalisé par un prêtre embaumeur et est accompagné par des prières.

Le processus commence 4 jours après le décès et dure 70 jours. Le mode opératoire est toujours le même et comporte 5 phases. Après extraction du cerveau et des viscères, le corps est lavé et rempli d’huiles et d’essences parfumées (myrrhe, cannelle, vin de palme...). Le cœur, considéré comme le centre des émotions, est remis en place ou substitué par une amulette sacrée en forme de scarabée. Les viscères sont conservés, disposés dans des vases canopes. Le corps, quant à lui, est déshydraté, par une application de natron pendant plusieurs jours avant d’être emmailloté dans des bandelettes de lin. On y dépose des amulettes protectrices ainsi qu’un masque mortuaire avant de sceller le sarcophage.

Bon nombre de ces momies ont été découvertes au fil du temps et certaines ont fait l’objet de trafics. En effet, certains médecins arabes du 11e siècle leur prêtaient des vertus curatives et se sont servis de la résine des momies pour l’élaboration de médicaments.

momies précolombiennes fmt  momie-egyptienne fmt
Les momies précolombiennes
d’un enfant et d’un adulte,
datant de plus de mille ans,
découvertes dans les vestiges
pré-incas d’un quartier
résidentiel de Lima.
Momie égyptienne

 

Les momies précolombiennes

Au Pérou, furent découverts des corps dans un état de conservation impressionnant. En position fœtale ou liées, ces dépouilles étaient systématiquement ornées de bijoux et portaient de beaux vêtements. On a découvert dans ce pays de vastes nécropoles en brique, mais les corps pouvaient aussi être déposés dans des grottes, des dolmens ou des amphores coniques.

Là aussi, les corps étaient souvent éviscérés. On coulait à l’intérieur des corps un mélange de baume du Pérou, de tolu et d’essence de chonopadium avant de les dessécher au soleil ou dans des étuves, à l’instar des momies incas découvertes sur des trônes en or, dans le temple du Soleil, à Cuzco.

En 2000, furent découvertes, sur les pentes du volcan Llullaillaco, 3 momies d’enfants incas dans un état de conservation remarquable. L’association du froid, de l’absence d’humidité et d’oxygène a permis une conservation exceptionnelle de ces momies dont les organes étaient encore intacts et la présence de sang encore détectable.

Les sokushinbutsu

Les sokushinbutsu sont des moines bouddhistes de la secte Shingon. Ils représentent certainement la méthode de momification la plus impressionnante, car, pour obtenir ce "statut" de sokushinbutsu, les moines doivent repousser à l’extrême les limites de leur corps et se momifier de leur vivant en se suicidant lentement...

Les sokushinbutsu fmtMomie sokushinbutsu

L’embaumement artificiel n’existe pas dans la philosohie boudhiste. Les moines, par cet acte volontaire, poussent jusqu’au bout la négation de la douleur et de leur enveloppe physique afin de se détacher du monde des cinq sens, en diminuant petit à petit la quantité de fluide et de graisse du corps.

Le procédé, bien qu’aléatoire, n’en est pourtant pas moins impressionnant

Pendant la première étape de 1000 jours, le moine se nourrit exclusivement de noix et de graines ramassées dans la forêt, et pratique en parallèle des exercices physiques intenses pour faire disparaître en totalité la graisse de son corps.

L’étape suivante, elle aussi, dure 1000 jours. Le régime alimentaire devient encore plus restrictif (racines et écorces de pin) et le moine ingurgite des sèves toxiques provoquant ainsi diarrhées et vomissements, accentuant, de ce fait, sa propre déshydratation.

Passé cette étape, le futur sokushinbutsu est emmuré vivant dans une cavité juste assez grande pour qu’y tienne un homme en position du lotus. Une paille lui permet de respirer et une clochette est à la disposition du moine, qui doit la faire sonner chaque jour pour indiquer qu’il est toujours en vie.
Lorsque la clochette ne sonne plus, la tombe est scellée pendant 1000 jours, puis ouverte pour constater (ou non) la momification.
Ces momies sont très rares, on en trouve une quinzaine au Japon. Ce type d’embaumement a été pratiqué également en Thaïlande ainsi qu’en Chine, où la plupart de ces momies ont été détruites durant la révolution culturelle.

Les Indiens jivaros

Une autre variante de l’embaumement est la tsantsa, le rituel de réduction de têtes des Indiens jivaros. Lorsqu’un guerrier jivaro tuait un ennemi, il lui tranchait la tête avant d’accomplir un rituel qui a fait la renommée de ces tribus.
Les os du crâne étaient brisés avant d’être retirés par une incision à l’arrière de la tête, puis la chair et le cerveau étaient extraits. Après un bain de 4 jours dans une mixture de plantes, la tête était remplie de sable chaud, dont le but était de dessécher cette dernière mais aussi d’y modeler une forme de visage effrayant.

tete r duite fmtTête réduite, momie Indiens Jivaros.

Enfin, la bouche était cousue afin que le défunt, une fois dans l’au-delà, ne puisse plus raconter son calvaire. Plus un guerrier jivaro possédait de têtes réduites, plus il était considéré comme puissant.
De nos jours, rien ne permet d’affirmer avec certitude que cette pratique a disparu.
Dans une seconde partie, nous vous parlerons de l’évolution des techniques d’embaumement du Moyen Âge à nos jours, ainsi que de la conservation des pièces anatomiques.

Claire Sarazin,SARAZIN Claire5 fmt
thanatopracteur

 

Mickaël CurtiCurti Mikael02 fmt

 

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CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations