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Voilà maintenant plusieurs décennies que les soins de conservation se sont démocratisés en France ; ils sont aujourd’hui tellement courants que l’on pourrait se demander comment nous faisions avant. Et pourtant…, avant que Jacques Marette, père de la thanatopraxie française, ne ramène cette méthode d’Angleterre, les familles veillaient déjà leurs défunts.

 

Sarazin Claire 2017
Claire Sarazin.

Certes, le seuil de tolérance n’est plus le même à présent, et il n’est plus possible de présenter un corps en train de se dégrader, avec tout ce que cela implique en termes d’aspect et d’odeur, sans parler des risques sanitaires. L’intervention des thanatopracteurs est bénéfique aux familles, mais aussi très confortable pour les pompes funèbres. La plupart des entreprises ont d’ailleurs pris l’habitude de proposer ce service, et même de le conseiller à leurs clients. Prendre soin des corps des défunts et les présenter dans de bonnes conditions est totalement entré dans les mœurs.

Pourtant, si la demande est toujours croissante, les thanatopracteurs, si nombreux dans les années 2000, commencent à se raréfier. Il suffit pour s’en convaincre de lire les nombreuses propositions d’emploi. En réalité, aujourd’hui, il est extrêmement difficile pour une entreprise de recruter.

Les écoles continuent également de former, et les aspirants sont au rendez-vous. Cette profession attire. Malheureusement, le numerus clausus n’augmente pas, et les besoins ne sont plus couverts. De plus, la liste des diplômés 2018 tarde à paraître au BO, et cela n’arrange rien. Cette situation crée des tensions, car les thanatopracteurs en exercice ont une charge de travail de plus en plus importante et, de ce fait, tout cela impacte les délais d’intervention et peut-être bientôt, si la crise s’installe durablement, la qualité des soins.

Ce ne sont pour l’instant que des inquiétudes, mais elles pourraient devenir réalité dans un avenir proche. Ne faudrait-il pas réfléchir à une évolution de la profession, en adéquation avec les besoins du marché ? Tout d’abord, il convient de se poser les bonnes questions.

Le diplôme national de thanatopracteur a été réformé en 2010. À l’époque, il semblait pertinent de limiter le nombre de thanatopracteurs, qui étaient trop nombreux, ce qui rendait la concurrence trop féroce, avec les répercussions que l’on sait sur les tarifs de la sous-traitance. Le problème était de déterminer les critères de sélection. L’examen théorique est devenu un concours, ce qui a favorisé les élèves les plus "savants" au détriment des autres. Certes, il fallait le mettre quelque part, ce numerus clausus, mais dans ce métier, qui est aussi manuel, il faut "la tête et les mains", l’un sans l’autre ne sert à rien.

Il est important de rappeler que, jusqu’en 2010, tous les thanatopracteurs ont passé un simple examen. Or, leurs compétences n’ont jamais été remises en cause depuis. La pratique est au moins aussi importante que la théorie dans ce métier. Si le numerus clausus a effectivement eu un effet positif les premières années qui ont suivi sa mise en place, la tendance est en train de s’inverser dangereusement. Il n’y a plus assez de thanatopracteurs pour assurer les soins.

Les toilettes funéraires sont en progression, et, si cela peut tout à fait représenter une solution acceptable pour certaines familles, elles ne pourront jamais remplacer les soins en matière à la fois de présentation, mais aussi d’hygiène et de sécurité. L’idéal serait de pouvoir continuer à gérer le flux des nouveaux diplômés en fonction des besoins du marché, mais sans que cela passe forcément par un concours, qui au final opère une certaine forme de sélection, dont rien ne prouve qu’elle soit la meilleure.

Espérons que les instances de la profession se mettront rapidement à plancher sur des solutions qui permettront à la thanatopraxie de sortir grandie de cette crise.

Claire Sarazin
Thanatopracteur et formatrice en thanatopraxie

Résonance n°138 - Mars 2018

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations