Les vacances sont terminées pour ceux qui ont eu la chance d’en prendre et nous voici retombés dans notre quotidien sur fond de conjoncture économique européenne plutôt morose.
Le moral des Français comme celui des chefs d’entreprises est bas et leur vision d’avenir plutôt pessimiste. Le climat de crise de confiance des agences de notation et des marchés boursiers vis-à-vis de la solvabilité des pays membres de l’Union ne contribue pas à arranger les choses.
Les solutions adoptées par nos gouvernants ne sont malheureusement pas à la mesure du mal dont nos vieilles démocraties souffrent depuis trop longtemps : nous dépensons plus que ce que nous gagnons.
Les responsables politiques de tous bords, probablement animés par de simples visées électorales tentent de sauver la face avec quelques réformes homéopathiques, là où des réformes chirurgicales de grande ampleur s’imposeraient.
  
Ainsi, pour satisfaire certaines promesses électorales, il sera prochainement décidé d’intensifier la pression fiscale des entreprises (et des particuliers) et de créer des emplois “aidés” financés par ces nouveaux prélèvements, au motif qu’un jeune inséré dans une organisation a plus de chance de convertir un jour son “stage” en emploi définitif qu’un autre jeune n’ayant pas suivi de “préembauche”.

Soit, même si cette décision est louable pour tenter de sortir certains jeunes de situations de détresse sociale grave, il faut cependant retenir que seul ce type de mesure est fondé dans le secteur privé alors qu’il ne l’est pratiquement pas dans le secteur public où les études démontrent que les créations d’emplois sont rares et que très peu de contrats à durée indéterminée (CDI) sont signés à terme.
On s’apprête pourtant une nouvelle fois à ne concentrer ces nouvelles embauches que dans le secteur public (notamment dans les collectivités locales).
Si ces mesures sont positives sur un plan social et sociétal, elles ne permettront pas de résoudre les problèmes de chômage, et les incantations du ministre du Redressement productif n’y feront rien. 

En tout cas, en matière industrielle, le chemin pour rattraper l’Allemagne est long et escarpé et même si l’industrie crée de la richesse et qu’il nous reste, heureusement, de très belles entreprises industrielles en France, la réindustrialisation du pays prendra beaucoup de temps.

Pour aller plus vite, ne devrait-on pas regarder plutôt l’immense potentiel de création d’emplois dans le secteur des services ?
C’est là que se trouvent les gisements principaux de travail pour notre pays. C’est dans ce domaine que l’effort devrait être conduit.
Nos professions le savent bien. Nous souffrons tous d’un manque cruel de “main-d’œuvre” qualifiée dans le secteur funéraire et recruter du personnel motivé et désireux de s’épanouir dans nos entreprises relève trop souvent de la gageure.
Je ne cesse de rencontrer des chefs d’entreprises qui me disent leur désarroi face à la pénurie de main-d’œuvre ou de candidats ayant l’esprit de service indispensable dans nos métiers.

Pôle emploi considère trop souvent et à tort que notre activité est trop restreinte et ne suscite que trop peu de vocations pour y porter sérieusement attention. C’est extrêmement regrettable.

Il est de notre devoir, avec l’aide des Fédérations, de relancer un travail d’explication pour convaincre les politiques qui négligent trop souvent l’utilité et le rôle social de nos professions au sein de la collectivité. Il faut les amener à relancer la notion de devoir et rétablir la considération que chaque citoyen devrait avoir vis-à-vis des métiers que nous exerçons chaque jour avec talent et passion.

Trop longtemps les métiers de service comme les travaux manuels ont été dévalorisés et le résultat que nous constatons aujourd’hui est qu’une partie de la jeunesse de notre pays se détourne des carrières que nos entreprises sont susceptibles de leur proposer pour s’orienter vers des filières qu’ils croient plus prestigieuses mais qui sont souvent des voies de garage.

La filière funéraire est en demande. Elle est créatrice d’emplois.

Philippe Gentil

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations