La solidarité est une valeur essentielle et ancestrale dans l’organisation et la réalisation des funérailles en France, la professionnalisation du secteur ne commençant à prendre forme qu’à la fin du XIXe siècle, d’abord dans les villes, avant de gagner progressivement les campagnes. Mais la professionnalisation du funéraire vers notre organisation contemporaine n’a jamais pleinement exclu la notion de solidarité, bien au contraire. Ainsi, dans la continuité du monopole des fabriques (églises et consistoires juifs et protestants) en vigueur tout au long du XIXe siècle, le monopole communal de 1904 instaurera également un système solidaire consistant à financer les obsèques des personnes les moins fortunées par les bénéfices réalisés sur les obsèques des plus riches. Et depuis l’ouverture du marché opérée par la loi de 1993, les obsèques des personnes dépourvues de ressources suffisantes demeurent à la charge des communes, faisant ainsi appel à la solidarité nationale.