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Appelons un chat un chat, la présidence "historique" ayant duré plus de vingt années, l’UPFP (Union du Pôle Funéraire Public) avait besoin de retrouver ses repères fondamentaux. Cette orientation initiée sous le maillet de Patrick Lerognon prend une nouvelle dimension avec le mandat de Manuel Sauveplane. Pragmatisme, mais également vision d’un pôle funéraire public conforme aux exigences non seulement des territoires mais aussi des familles, une lisibilité qu’il reste à écrire. Histoire d’une détermination…

 

UPFPLe moins que l’on puisse dire, c’est que l’UPFP bouge, et même bouge beaucoup ; d’une certaine façon, ce sont les états généraux du funéraire public qui font l’actualité de la fédération des services funéraires publics, crématoriums et cimetières. Se réunir afin de faire un bilan lucide des atouts, faiblesses et opportunités, est une excellente initiative à porter au crédit de Manuel Sauveplane, nouvellement élu président de l’Union. Certes, il y a eu une amorce de débat initiée il y a une année déjà, mais le temps est venu de passer à la vitesse supérieure et de bâtir un projet qui soit en harmonie avec les exigences des collectivités et qui réponde à un marché du funéraire très concurrentiel et en constante évolution. Plus simple à dire qu’à faire, mais Manuel Sauveplane sait s’entourer, et les ténors de l’UPFP sont également présents pour faire entendre leur voix.

Sauveplane Manuel 2019 Patrick Lerognon 2013

Manuel Sauveplane,
président de l’UPFP.

Patrice Lerognon,
secrétaire général de l’UPFP.

Résonance : Manuel Sauveplane, qu’en est-il de ces séminaires, et quelles orientations prévisibles pour l’UPFP ?

Manuel Sauveplane : Ce séminaire est le second sur le thème du renouveau. Le premier s’étant tenu à La Rochelle en 2018. Afin de canaliser les énergies, nous nous sommes attaché les services d’un cabinet d’audit, Cazals & Partners, spécialisé dans le conseil en stratégies innovantes. Canaliser les énergies est le terme approprié, car les pistes de réflexion sont nombreuses, et cet accompagnement de nos ambitions, mais également de notre mutation, se doit d’être piloté au travers de concepts et de méthodologies dimensionnés.

Cazals & Partners avait conduit le premier séminaire. Leurs conclusions nous ont motivés pour aller plus loin et traduire en actes les différentes pistes ouvertes. L’état des lieux que nous avons pratiqué s’est réalisé sans concession. Il faut savoir tirer les leçons du passé, il faut savoir également valoriser les nombreux aspects positifs inhérents à l’UPFP et les transcender. Ce cabinet nous accompagne dans cette démarche, et leurs recommandations nous sont précieuses.

R : Vous évoquez les atouts et les pistes d’amélioration, qu’en est-il exactement ?

MS : Les atouts sont indéniables. Là où sont les services funéraires publics, la préférence des familles va vers l’expression de ce service public aux populations. Quel que soit le mode de gestion, Régie, Société Publique Locale (SPL) ou SEM, leur empreinte sur leur territoire est forte et pérenne. Globalement, leur image est très positive pour les familles, les tarifications sont équilibrées et favorables. Aujourd’hui, ils représentent 16 % du marché funéraire hexagonal, ce n’est pas de ma part une affirmation péremptoire, ce sont les chiffres cités par la Cour de comptes. Nous sommes bien loin d’être une quantité négligeable par rapport aux différents groupes privés.

Pour ce qui est des pistes d’amélioration, il faut considérer qu’au sein de l’UPFP les modes de gestion des services funéraires sont différents. Il y a les régies avec la comptabilité publique M4, puis les SPL et les SEM, qui sont sur un mode gestion classique d’entreprise (société anonyme, par exemple). Il y a donc des progrès à effectuer pour que l’ensemble des services funéraires publics puisse répondre à la concurrence avec les mêmes outils, la même souplesse de gestion et un maximum de transparence. Cela suppose un contrôle étroit des collectivités, bien sûr, mais également des outils dimensionnés pour consolider la performance, outils devant être apportés par notre fédération, je pense à une centrale de référencement ou d’achat qui, par la mutualisation des demandes, serait en mesure d’apporter une performance économique dont les familles seraient les principales bénéficiaires. Notre expertise est forte, notre valeur ajoutée également.

Pour ma part, je déplore parfois un manque de synergie entre les acteurs. Les échanges, le partage d’expérience entre services mitoyens sont essentiels. Le temps des châteaux forts n’a pas lieu d’être, c’est une posture passéiste et sans avenir. Resserrer les liens, développer les compétences, les formations des personnels, l’éthique de nos services, la performance économique, un label spécifique aux acteurs de l’économie sociale et solidaire… telles sont les priorités.

R : Quel peut être le rôle de la représentation élue pour l’affirmation d’un service funéraire public fort ?

MS : Son rôle est essentiel, le comité des élus de l’UPFP a même pris une nouvelle dimension. D’organe consultatif, il se situe maintenant dans l’opérationnel puisque quatre élus sont désormais membres du Conseil d’Administration (CA) de l’UPFP, ce qui est inédit dans notre histoire, mais qui souligne bien toute l’importance que nous donnons à leur action. Les élus représentés au CA sont des collectivités de Toulouse, Tours, La Rochelle et Saint-Brieuc. Au sein de nos différentes structures, il faut comprendre que les élus sont nos actionnaires ou élus en charge. Bien que l’UPFP soit à l’origine une fédération de techniciens, cadres dirigeants de services funéraires, notre fédération sans les élus est une coquille vide de sens, dès lors qu’ils font partie du circuit de décision et donc d’amélioration de nos services.

Le fait qu’ils participent désormais étroitement à nos réflexions permet une prise de conscience accrue de la problématique funéraire, des moyens à mettre en œuvre, une implication dans nos quotidiens non négligeable. Comprendre avec précision les tenants et les aboutissants des services funéraires publics, éviter la fonctionnarisation des cadres du fait d’un carcan administratif peu propice au développement des entreprises, se donner les moyens de les pérenniser par des modes de gestion qui répondent à la réalité économique contemporaine, éviter des erreurs de fonctionnement dûes à la multiplication des interlocuteurs… les élus restent les vecteurs privilégiés et essentiels au sein des collectivités pour permettre cette redéfinition vitale.

R : Concrètement, quelles sont les premières décisions à piloter ?

MS : Dès lors qu’une telle redéfinition stratégique s’impose comme une évidence, s’impose également de mettre en œuvre les moyens de l’action. Premier acte : nomination d’un secrétaire général de la fédération, dont la mission va être d’intervenir sur le terrain auprès des différentes collectivités pour assister les différentes transitions que nous mettons en œuvre. Missions d’audit et de conseil, transition numérique, stratégies d’achats ou de référencements, vecteur d’information, animateur de réseau, gestionnaire administratif… son périmètre d’intervention est large. Ce secrétaire général désigné par la fédération est Patrick Lerognon, qui a exercé la présidence pendant deux années et qui a démissionné de cette fonction pour s’investir dans l’opérationnel quotidien. Lorsqu’il ne sera pas en mesure de répondre seul aux besoins des adhérents, un catalogue de prestataires et fournisseurs référencés sera proposé. Son rôle sera également d’appliquer les décisions prises par le conseil fédéral dans les semaines et mois à venir. Il saura s’entourer des compétences requises pour y parvenir, notamment le cabinet Cazals & Partners.
Cette structuration opérationnelle est un préalable essentiel qui doit contribuer au développement de l’UPFP. Les adhérents pourront désormais compter sur une "boîte à outils" complète apportant un réel service en cohérence avec les orientations fédérales et les nécessités imposées par la gestion d’entreprises contemporaines. La mise à disposition de ces nouveaux services ne se fera pas par une augmentation des cotisations des adhérents, mais par une approche économique prédéfinie dans un catalogue de prestations internes.

R : Quelle est la place de La Maison des Obsèques dans ce dispositif ?

MS : La Maison des Obsèques (LMO) ne se substitue pas à l’UPFP. LMO est un réseau qui a été créé par les mutuelles (Mutac, Harmonie Mutuelle, etc.) et dont la lisibilité nationale rejaillit sur nos services funéraires publics. Bien sûr, en son sein, il n’y a pas que des services funéraires publics, il y a également des opérateurs funéraires indépendants privés qui ont compris tout l’intérêt que revêt d’intégrer ce réseau LMO, mais le plus important aujourd’hui réside dans la dimension éthique du projet. Ce qui est essentiel, c’est d’adhérer à des valeurs éthiques communes de l’économie sociale et solidaire. Personne n’a le monopole du cœur, pour reprendre une citation célèbre ; et nul ne détient l’exclusivité des bonnes pratiques et de la transparence.

Ce qui me semble important, c’est d’avoir bâti un partenariat gagnant-gagnant entre nos deux réseaux, qui laisse le choix à l’adhérent UPFP d’adhérer ou non ; de plus, nos valeurs sont totalement parallèles. Pour ma part, je n’ai absolument aucun problème avec ça. L’intelligence de LMO est d’avoir su créer un réseau en propre basé sur des rachats d’opérateurs privés, et d’être ouverts à des partenariats d’enseigne avec l’UPFP, dès lors qu’il y a une réelle affirmation éthique partagée par ceux qui se reconnaissent dans ce préalable. Pour celles et ceux qui auraient encore quelques frilosités, chaque opérateur est exclusif sur son territoire.

Regardons devant nous, projetons-nous dans l’avenir. Le rôle de la mutualité est primordial, son image auprès des Français est plus que favorable, s’inscrire dans cette dimension est une garantie supplémentaire pour les familles d’une éthique et de services qui rencontrent leurs exigences notamment dans le contexte économique que nous traversons tous. Notre métier doit s’adresser aussi paradoxalement aux derniers vivants ou aux aidants pour qui le deuil n’est pas qu’un traumatisme moral ; nul n’ignore les avancées en la matière des mutuelles…

R : Quelle conclusion souhaitez-vous apporter à cet entretien ?

MS : Que nous soyons privés ou publics, nos services funéraires sont des entreprises comme les autres. À ce titre, nous devons assurer la couverture de nos risques et la maîtrise de nos engagements, une rentabilité de gestion transparente et nos développements respectifs, comme n’importe quelle autre entreprise. Il est donc normal et vivement souhaitable que la collectivité se dote de structures économiques contemporaines adaptées pour faire face à un système concurrentiel qui s’est amplement développé depuis la loi de 1993, déjà 26 années. Qu’observe-t-on aujourd’hui avec le recul ? La baisse des prestations funéraires ne s’est pas manifestée comme espéré. A contrario, nous avons été les témoins d’une envolée des prix, d’année en année, et d’une multiplication des enseignes.

Le législateur a été réactif, ainsi grâce à des dispositions visant à moraliser les pratiques. Les familles restent seuls juges en la matière, et elles comprennent bien où sont leurs intérêts, car les difficultés économiques ne sont plus du domaine de la conjoncture, mais bien structurelles. Les entreprises publiques doivent s’adapter sous peine de disparaître. Le vaste mouvement initié au sein de l’UPFP est une réaction saine et mature de notre mouvement. La proximité établie avec LMO est une excellente chose, car elle promeut l’éthique de nos pratiques et un positionnement allant au-delà du seul service public. S’ouvrir à celles et ceux qui partagent cette vision éthique du service à la personne et qui remettent de façon prioritaire les familles en deuil au centre du dispositif est la seule posture pérenne. Nous sommes convaincus que cette lecture de l’avenir est celle qui fera la différence. C’est l’honneur des services funéraires publics que de préserver cette éthique, de la traduire par des actions fortes, et c’est ce que nous affirmerons dans les semaines et mois à venir.

Jérôme Maniaque

Résonance n°149 - Avril 2019

Instances fédérales nationales et internationales :

CPFM - Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations