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CiniSafe, une alternative pour les professionnels comme pour les familles
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Bien connu aux Pays-Bas, le CiniSafe reste encore récent en France. Cette alternative hygiénique, ab...

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Souvenéo, un outil digital qui ouvre de nombreuses perspectives
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Les marques du groupe Souvenéo sont désormais réunies sur un seul et même site Web, celui de FunérAr...

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Maintenance préventive : la clé pour anticiper les pannes et maîtriser les coûts
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Dans un contexte où la performance et la continuité d'activité sont essentielles, la maintenance jou...

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Chrisofleurs : lorsque savoir-faire, qualité et innovation se rencontrent
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Centralisez, pilotez, développez : Carbone 14 adapte l’ERP Divalto aux enjeux des grandes structures funéraires
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Les logiciels Carbone 14 sont bien connus du monde du funéraire. Adaptés au secteur et évoluant selo...

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Vezzani Forni renforce sa présence en France : l’importance d’un service après-vente spécialisé et réactif
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Le marché français de la crémation connaît une évolution constante, accompagnée d’exigences toujours...

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Du service au
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Quand la qualité de l’accompagnement devient aussi importante que la qualité de l’organisation.

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L’atout prévoyance pour les conseillers funéraires
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Un marché en pleine expansion, une réponse complète.

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Obsèques animalières : une étude inédite révèle les attentes des Français face au deuil animalier
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Les animaux occupent une place centrale dans les foyers français : 7 Français sur 10 ont aujour...

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Les souvenirs numériques deviennent un nouveau pilier du deuil
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En 2026, les souvenirs numériques deviennent progressivement un moyen central d’honorer la mémoire d...

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Les mots qui apaisent, les mots qui blessent : ce que votre langage dit de votre accompagnement
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Il y a des mots qu’on prononce sans y penser. Des formules apprises, transmises, répétées. Des phras...

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L’Observatoire des Transitions Funéraires, une plateforme dédiée à la recherche francophone
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Une initiative portée par 4 chercheurs pour rendre visibles les travaux sur l’évolution des rites et...

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Un nouveau cadre pour les classifications dans la branche funéraire : signature de l’accord paritaire du 28 avril 2026
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Le 28 avril 2026, les partenaires sociaux de la branche des pompes funèbres ((1)CFDT, CFE-CGC, FO, S...

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Assemblée générale MUTAC 2026 : cultiver sa différence
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Comme chaque année, l’Assemblée générale de MUTAC a été un moment de travail, d’échanges, de réaffir...

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Journées Nationales Funéplus 2026 : un réseau structuré, engagé et tourné vers l’avenir
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Les Journées Nationales Funéplus 2026 ont une nouvelle fois rassemblé affiliés, partenaires et fourn...

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Olivier Bernier, nouveau président du SAF, veut conjuguer continuité, engagement et nouveaux projets
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Élu à la tête du Syndicat de l’Art Funéraire (SAF), Olivier Bernier succède à Sylvestre Olgiati, qui...

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Édito juin 2026
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Regarder vers l’avenir sans trahir l’essentiel

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Dans un secteur funéraire en pleine mutation, où les attentes des familles, les enjeux environnement...

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Avec Localanque, les familles rendent les cendres de leurs défunts à la mer
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Localanque est une entreprise de navigation pas comme les autres à Marseille : outre les tradit...

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Entretien et fleurissement : la solution clé en main pour les conseillers funéraires
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Dans un secteur funéraire en constante mutation, les attentes des familles ne cessent d’évoluer. Au-...

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Réglementation

Extension de cimetière : nullité d’une délibération pour oubli de l’avis de l’hydrogéologue

Le contentieux est peu commun : il s’agit d’une délibération d’un conseil municipal relative à l’extension d’un cimetière et confiant au maire le...

Le tribunal administratif de Limoges rappelle le cadre applicable aux autorisations d’exhumations

L’opération d’exhumation est soumise au pouvoir de police des funérailles du maire (art. L. 2213-9 du Code Général des Collectivités Territoriales -...

Exhumation : le concubin peut-il être un parent ?

Nous avons dans le précédent numéro de Résonance commenté un arrêté de la CA de Paris, où la qualité de plus proche parent du défunt, nécessaire qualité...

Actualités du droit funéraire - Divers/Doctrine (mai 2026)

Évolutions législatives, jurisprudentielles et doctrinales de mars et avril 2026.

Actualités du droit funéraire - Jurisprudence V (mai 2026)

Évolutions législatives, jurisprudentielles et doctrinales de mars et avril 2026.

Actualités du droit funéraire - Jurisprudence III (mai 2026)

Évolutions législatives, jurisprudentielles et doctrinales de mars et avril 2026.

Actualités du droit funéraire - Jurisprudence IV (mai 2026)

Évolutions législatives, jurisprudentielles et doctrinales de mars et avril 2026.

Actualités du droit funéraire - Jurisprudence II (mai 2026)

Évolutions législatives, jurisprudentielles et doctrinales de mars et avril 2026.

Actualités

  • Édito février 2024

    Paroles et musiques de dignité ?

    Une décision de justice enflamme les professionnels du funéraire depuis quelques semaines. En effet, les tribunaux se sont prononcés en faveur de la SACEM après une longue bataille juridique les opposant à certains acteurs du secteur funéraire. En effet, ces derniers devront continuer à reverser à la SACEM ou autre société habilitée à percevoir les droits musicaux relatifs à l’audition de musiques lors des cérémonies d’obsèques.

    Cette décision mérite que l’on s’y arrête et que l'on ouvre une réflexion sur la définition du "cercle de famille" au regard des obsèques. Tout le monde n’étant pas une star du show business, une cérémonie d’obsèques est réputée privée et s’adresse aux membres de la famille ainsi qu’à ses proches. La mention "intimité familiale" que l’on retrouve souvent dans les avis d’obsèques veut bien dire que son aspect privé est irréfragable, charge aux familles de convier les personnes qu’elles souhaitent lors des obsèques. Une fois de plus, celles-ci se trouvent pénalisées jusqu’au bout du bout, notamment par le seul fait d’écouter une musique chère à la personne défunte.

    Objectivement, ce n'est pas tant le fait de devoir payer des droits d'auteur qui a déclenché cette procédure, que le fait que l’organisme percepteur ait décidé ex abrupto d’augmenter de façon significative, voire abusive, ses tarifs… avec une redevance de plus de 3 euros hors taxe par cérémonie contre un peu moins de 2 précédemment.

    Certains pourraient s'interroger sur le bien-fondé de ce conflit alors qu'il s'agit de si petites sommes. La réponse est simple et de bon goût… elle porte les noms de : principe, dignité et respect de la personne défunte.

    Pour mémoire, et pour celles et ceux qui ignoreraient les textes, rappelons toutefois ce que dit la loi : la législation concernant la représentation des œuvres audiovisuelles s’inscrit dans le Code de la propriété intellectuelle (loi n° 92-597 du 1er juillet 1992).

    "Toute représentation autre que dans le cercle familial est publique".

    Lors de la représentation d’une œuvre, les auteurs ou leurs cessionnaires conservent le contrôle de sa "destination" c'est à-dire de son mode de diffusion. Les supports à usage privé ne peuvent donc faire l’objet d’une diffusion dépassant le cadre familial.

    "La notion de cercle de famille doit s’entendre de façon restrictive et concerner les personnes parentes qui sont unies de façon habituelle par des liens familiaux. La projection devant se dérouler sous le toit familial" (Chambre correctionnelle de Paris 24 et 28 février 1984).

    Dont acte, entre esprit et lettre il y a tout de même une marge d’interprétation.

    Or donc, dans les registres de remerciements, n’oubliez pas de laisser un petit mot pour l’organisme percepteur des droits musicaux, impitoyablement bafoués par des familles sans scrupules à qui bientôt seront facturés le chant des oiseaux et l’air que l’on respire, et ce jusqu’au dernier jour de leur vie civile à savoir celui de leurs obsèques.

    Vous l’aurez compris, tout ceci n’est qu’une histoire de gros sous… avec près de 700 000 cérémonies par an et, un peu plus de 3 euros de droits pour chacune d'entre elles, je vous laisse le soin de faire le calcul.

    Où se trouvent la morale et la décence dans tout cela, bien difficile à dire. En aucune façon il est possible de retenir l’intention délictueuse pour les familles dont le seul souci est d’accompagner leur proche avec respect et dignité et en portant sa dépouille et sa mémoire aux accents des refrains qui animèrent sa vie.

    L’histoire n’est cependant pas terminée puisqu’un appel de ce jugement est encore possible. De ce point de vue, l’ensemble de la profession par la voix de ses différentes fédérations, serait bien inspirée de se manifester sans attendre sur ce sujet d’intérêt général et de témoigner auprès des pouvoirs publics qu’il y a une limite à l’indécence.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito février 2025

    Funéraire : recruter ou succomber ?
  • Édito février 2025

    Au cœur de la déconstruction, la parole funéraire comme ultime humanisme

    À l’heure où nos petites et moyennes communes voient se déliter, parfois avec résignation, leur tissu économique de proximité, le secteur funéraire demeure l’un des derniers remparts d’une "humanité" incarnée et responsable. Les vitrines se ferment, les centres-bourgs se vident, remplacés par le ballet incessant des camions de livraison, tandis qu’un commerce désincarné prospère dans l’anonymat numérique. Dans ce paysage en mutation accélérée, les professionnels funéraires, eux, continuent d’assumer une mission à la fois économique, sociale et profondément éthique, en offrant aux élus locaux comme aux familles un ancrage, une présence et une écoute auxquels nulle plateforme en ligne ne saurait se substituer.

    Parce que la mort reste, par essence, une réalité locale, concrète, incarnée, le funéraire ne peut se dématérialiser sans dommage pour le lien social. Là où disparaissent écoles, boulangeries ou cafés, les opérateurs funéraires demeurent, veillant sur les cimetières, animant les crématoriums, accompagnant les familles dans l’épreuve du deuil, et apportant aux maires et aux intercommunalités une expertise précieuse en matière d’hygiène, de dignité et de sécurité publiques.

    Dans cet environnement mouvant, la profession funéraire a fait le choix d’une ouverture accrue et structurée envers les pouvoirs publics. Fédérations et syndicats participent activement aux travaux du Conseil National des Opérations Funéraires (CNOF), portent la voix du terrain dans les concertations réglementaires et s’emploient à promouvoir un funéraire éthique, responsable et soucieux de l’intérêt général. Cette volonté d’échange s’inscrit dans une perspective de co-construction : il ne s’agit plus seulement de "répondre" à la norme, mais de contribuer à la penser, pour concilier protection des familles, soutenabilité économique et adaptation aux attentes nouvelles de la société.

    Dans ce contexte, je tiens tout particulièrement à saluer la mémoire d’Anne Tourres, dont la disparition récente laisse un vide immense au sein de la profession. Son nom restera indissociable de l’essor de la filière industrielle funéraire, de sa structuration et de sa représentation, notamment grâce à la CSNAF, dont elle a été secrétaire générale durant de nombreuses années. Animatrice infatigable, artisane discrète mais déterminée du rayonnement de la profession, elle aura joué également un rôle central, en 1987, dans la création de FUNÉRAIRE PARIS, premier grand rendez-vous professionnel funéraire, apportant ainsi à tout un secteur une visibilité, une cohésion et une ambition nouvelles.

    Femme de caractère, exigeante, parfois jugée intransigeante sur les principes, elle incarnait précisément ce que le funéraire a de plus précieux : la fidélité à la parole donnée, le sens du collectif, la conviction que l’on ne transige pas avec la dignité des morts ni avec la sérénité des vivants. Mais derrière cette rigueur, ceux qui l’ont côtoyée gardent le souvenir d’une personnalité attentive, curieuse, chaleureuse, toujours prête à encourager les initiatives lorsqu’elles s’inscrivaient dans l’intérêt général de la profession.

    Aussi, gardons à l’esprit que l’homme doit toujours être considéré comme une fin et jamais seulement comme un moyen. Cette exigence philosophique, souvent invoquée par Kant dans l’abstrait, trouve dans le funéraire sa traduction la plus concrète : accompagner la mort, c’est reconnaître en chaque défunt une singularité irréductible, et en chaque famille un sujet de droit, de douleur et d’espérance. En poursuivant le dialogue avec les pouvoirs publics, en revendiquant des normes claires et une éthique forte, la profession funéraire ne défend pas seulement ses intérêts : elle défend une certaine idée de la cité, où même au cœur de la "déconstruction" ambiante subsiste un espace de respect, de parole vraie et de responsabilité partagée. À nous, collectivement, de faire vivre cet héritage.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito janvier 2023

    Des mots et des maux…

    La France est une exception sociale tant en Europe que dans le monde. Notre système de redistribution est l’un des plus actifs, et notre protection sociale s’inscrit dans la même veine, quoi que l’on en pense. Comme pour tous ces principes protecteurs, un arsenal législatif et réglementaire vient garantir aux citoyens et aux travailleurs que ces dispositions s’appliquent à tous leurs bénéficiaires, mais, comme dans tout système, aussi vertueux soit-il, les failles peuvent exister…

    Conséquence logique d'une crise sanitaire éprouvante et d'une montée en puissance des démarches Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) tous secteurs confondus, la prévention des risques professionnels devient un sujet central au sein de nos entreprises. Aussi, parmi ces risques, il en est certains qui sont plus sournois que d'autres et qui ne sont pas traités d'égale façon en fonction de la taille de la structure… je veux bien sûr parler des Risques Psycho-Sociaux (RPS).

    Tout d'abord, force est de constater que la prévention des RPS en milieu professionnel n'est pas chose aisée. Non seulement le mal-être d'un collaborateur peut s'avérer être difficilement identifiable, mais il faut également tenir compte du fait que toutes les entreprises ne sont pas sur un même pied d'égalité quant à leur capacité à prévenir et à gérer ces RPS. Alors que les grosses structures ont les ressources nécessaires pour mettre en place un soutien psychologique dédié et adapté aux salariés en détresse, pallier leur absence et optimiser leur retour au travail, les TPE-PME sont, quant à elles, complètement désarmées face à ces problématiques.

    Ensuite, nous le savons tous, œuvrer dans le secteur funéraire, c'est côtoyer la Faucheuse au quotidien… Pour autant, sommes-nous tous égaux face à cette charge émotionnelle ?

    Sans vouloir remettre un instant en cause la protection sociale des travailleurs sur leur lieu de travail, dispositif auquel nous sommes particulièrement attentifs, le législateur serait toutefois bien inspiré de donner de réels moyens à son Administration afin de vérifier l'ampleur de ces maux. Si effectivement il y a parfois matière à redire pour certains abus au sujet des conditions de travail, ce n’est en aucun cas une généralité dans notre filière, loin s'en faut.

    Aussi, il serait souhaitable, si nous voulons faire œuvre de réelle protection sociale et pérenniser celle-ci, de commencer par donner aux petites entreprises les mêmes moyens que les grosses structures... et de mettre, métaphoriquement parlant, un bon coup de pied dans l’arrière-train de celles et ceux qui sabordent l’esprit et la lettre d’années d’acquis sociaux dont nous sommes les premiers à nous honorer de l’existence et à œuvrer pour leur maintien. Qu’on se le dise !
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito janvier 2024

    La transmission : pérenniser la lumière du savoir

    La transmission est ancrée au plus profond de la nature humaine. Bien avant l’apparition de l’écriture, nos ancêtres cultivaient la transmission orale, une façon de léguer aux générations suivantes des conseils pratiques, une forme de philosophie de la vie, une identité propre, une culture sociale et artistique. Pourquoi transmettre et ne pas laisser ceux qui viennent après nous se forger leur propre expérience en commettant des erreurs ? Peut-être parce que ce témoignage sera fort utile pour affronter les tourments de l’existence, et viendra cultiver le souvenir de celles et ceux qui furent les émetteurs de cette transmission, mais surtout, sera une forte valeur ajoutée patrimoniale à une somme de connaissances immémoriales. Transmettre, c’est avant tout communiquer en prenant le risque de ne pas être compris, mais surtout, c’est révéler chez l’autre l’envie de recevoir, sans entraver sa liberté et son libre-arbitre.

    L’éducation des enfants en est une démonstration évidente, et démontre également la fragilité subtile des messages que nous leur adressons.

    Recevoir est une chose, mais le plus important est l’appropriation de ces recommandations, afin de les faire siennes pour être en mesure un jour de les transmettre à son tour, enrichies de ses propres erreurs, qui sont toujours, il faut le reconnaître, sources d’apprentissage et de progrès. La transmission est un don, mais c’est également une dette. On peut considérer notamment que c’est un droit qui génère des devoirs, dont le premier est de devenir à son tour un passeur de flamme, un relais sensible et exigeant d’un patrimoine et d’une sagesse intemporels.

    C’est sans doute ce qui anime les forces vives de notre profession, dont l’esprit repose sur la conjugaison intime du savoir-faire et du savoir-être. Quelle que soit la puissance de l’inné chez les individus, l’acquis est irremplaçable dans la construction de "l’être parfait" dont nous souhaitons tous l’avènement. Vœu pieux, me direz-vous, mais, dans notre communication des valeurs et détails pratiques et fonctionnels, il y a toujours l’espoir de voir l’élève dépasser le maître et, à son imitation, de revoir nous-mêmes nos propres certitudes en polissant cette pierre cachée au plus profond de nous. Cette vision néo-platonicienne de la rectification permanente s’inscrit bien dans l’affirmation de nos valeurs.

    Transmettre et socialiser sont des engagements quotidiens qui se veulent les gardiens de tout ce qui fonde nos actions. C’est également accepter de recevoir et de s’en trouver modifié, de devenir un maillon d’une chaîne intemporelle au service du bien commun. Ce que d’aucuns appellent la "modernité", nous le nommons "éternité". Nous évoquions supra le "désir de recevoir". Il convient de préciser cet acte de recevoir. Nous sommes passés depuis quelques décennies d’un impératif de transmission à un nouveau modèle basé sur l’acte d’apprendre, où nous avons créé des "apprenants", des entités impatientes qui revendiquent la capacité de construire seules et surtout selon leurs propres intérêts, leur propre savoir. Erreur funeste…

    La transmission ne repose pas sur le profit immédiat, mais commence par l’humilité, tant du point de vue de l’émetteur que de celui du receveur. De l’humilité naît une forme de sagesse qui va devenir le ciment utile de la transmission. Le maître apprend autant que l’élève. Faire renaître ce couple, dont la magie a été estompée par la remise en cause des fondements pédagogiques à tous les niveaux, est un impératif catégorique auquel nous ne devons pas nous soustraire. On voit le résultat à bien des égards aujourd’hui, non sans craintes évidentes pour la suite des événements…

    Commençons par nous interroger sur les différents cadres de transmission que nous mettons en œuvre dans le contexte professionnel qui est le nôtre et qui, cependant, ne nous exonèrent pas de nos propres responsabilités et devoirs initiaux, ce que nous avons tendance parfois à mettre en sourdine, reconnaissons-le. Oui, le savoir a besoin de temps, mais il a besoin, aussi et surtout, d’une volonté affirmée, de relais efficients, d’empathie, d’humilité et d’expertises reconnues. Un philosophe malien, Amadou Hampâté Bâ, dans un discours à l’UNESCO, avait souligné métaphoriquement : "Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." Combien de bibliothèques devrons-nous voir brûler pour reprendre sérieusement en main puis pérenniser notre devoir de transmission ?
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito janvier 2025

    La Richarderie Steve Edito 2020 12025, l’année des possibles…

    En ce début d’année 2025, un sentiment diffus mêle incertitude et espoir. Le monde semble pris dans un entrelacs complexe d’événements politiques, économiques, géopolitiques et climatiques qui brouillent l’horizon. Entre les tensions internationales qui redoublent et les inégalités sociales qui se creusent, les prédictions en tous genres affluent, allant de la prophétie la plus sombre à la promesse d’un renouveau inattendu.

    Mais au-delà de ces conjectures, la véritable question demeure : 2025 sera-t-elle une année où nous subirons les événements… ou bien une année où nous les façonnerons ?

    D’aucuns prétendent que 2025 est une année placée sous le signe de l’exception. En effet, d’un point de vue mathématique, 2025 est une année singulière : un carré parfait (45²), une rareté qui n’arrive, à présent, qu’une fois par siècle. Certains y verront un symbole, ou plutôt un présage d’harmonie et d’équilibre retrouvés. Pourtant, en toute logique, les chiffres ne prédisent rien… ils n’offrent tout au plus qu’un miroir dans lequel certains projetteront leurs espérances ou leurs craintes.

    L’histoire nous enseigne que les périodes d’incertitudes sont souvent des tremplins vers de profondes transformations. Winston Churchill disait : "Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge". Dans cet esprit, l’année qui commence pourrait devenir le laboratoire d’un avenir plus ambitieux – si tant est que nous sachions résister à la tentation de l’immobilisme.

    En France, mais pas que… beaucoup entrent en 2025 avec des attentes ambiguës. L’inquiétude face aux crises mondiales est bien réelle : l’inflation persiste, les conflits à l’étranger se multiplient et les bouleversements climatiques, comme vécus récemment à Mayotte ou à Los Angeles, ébranlent le quotidien. Pourtant, un sondage récent révèle que près de 60 % de nos concitoyens espèrent des progrès significatifs dans divers domaines tels que le social, la santé ou l’éducation.

    Cette dualité entre pessimisme et aspiration n’est pas nouvelle. Déjà en 1940, Albert Camus écrivait déjà dans "Le Mythe de Sisyphe" : "Le malheur n’est pas de vivre dans un monde absurde, mais de ne pas résister à cet absurde par la création". Aujourd’hui encore, la création – d’idées, de solidarités, de solutions – demeure la réponse la plus forte à une époque trouble.

    Ainsi, le défi de cette année réside dans notre capacité à transcender l’attente. Trop souvent, nous nous réfugions dans l’espoir qu’un événement providentiel vienne résoudre nos problèmes. Mais l’histoire révèle que les évolutions les plus pérennes naissent de l’action collective et non du miracle isolé.

    La crise climatique, par exemple, illustre l’urgence d’agir. Le dernier rapport du GIEC est sans appel : les dix prochaines années seront décisives pour limiter le réchauffement global à 1,5°C. Cela n’implique pas seulement des engagements gouvernementaux, mais aussi des changements de comportement à l’échelle individuelle. Dans ce contexte, l’engagement citoyen devient une nécessité… et non une option.

    Alors que 2025 s’ouvre devant nous, la véritable question est de savoir si nous aurons le courage d’imaginer un avenir différent. Ce courage ne se mesure pas seulement à nos résolutions personnelles, mais à notre capacité à recréer du lien, à travailler ensemble pour un bien commun. La publication prochaine d’un guide des bonnes pratiques dans le secteur funéraire, fruit d’une collaboration étroite entre les fédérations professionnelles (FFPF, FNF et UPFP), l’ACMS, la CRAMIF et de nombreux experts juridiques, en est un bel exemple.

    Comme le disait Gaston Berger, père de la prospective moderne : "L’avenir ne se prédit pas, il se construit". Aussi, il nous revient de transformer cette année en une page blanche où écrire nos projets et autres initiatives concrètes pour le bien de tous… nos entreprises, nos collaborateurs, mais aussi et surtout, les familles qui nous font confiance, jour après jour, pour accompagner leurs défunts.

    Plutôt qu’attendre un futur hypothétique, faisons de 2025 l’année des possibles. Une année où l’espoir cédera la place à l’action, où le pessimisme sera remplacé par un pragmatisme audacieux.
    Car, in fine, le plus grand risque serait de rester immobiles face à une époque qui, elle, ne cesse d’accélérer. L’avenir appartient à ceux qui osent, et il n’est jamais trop tard pour oser.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito janvier 2026

    La confiance comme boussole, l’avenir comme horizon

    À l’aube de cette nouvelle année, nos vœux vont d’abord à toutes celles et ceux qui font vivre chaque jour le secteur funéraire : chefs d’entreprises, salariés, fournisseurs, partenaires, artisans et conseillers. À toutes les femmes et tous les hommes qui, avec discrétion, professionnalisme et humanité, accompagnent les familles dans l’un des moments les plus sensibles de leur existence. Que 2026 soit pour vous une année d’énergie, de réussite et d’épanouissement, à la hauteur de votre engagement.

    Dans un contexte économique encore complexe, beaucoup pourraient être tentés de voir avant tout les freins, les contraintes, les incertitudes. Mais notre secteur a prouvé, année après année, qu’il savait avancer malgré tout, porté par une force bien plus durable que n’importe quel budget national : la conviction, la solidarité et la capacité d’innover. Partout en France, de la petite entreprise familiale aux grands groupes, les professionnels du funéraire redoublent d’ingéniosité pour imaginer des services toujours plus adaptés, toujours plus humains, toujours plus respectueux.

    Nos fédérations professionnelles - FNF, FFPF, UPFP, SAF - jouent un rôle central dans cet élan collectif. Par leur action quotidienne, elles accompagnent, soutiennent et défendent les entreprises du secteur, tout en les représentant avec rigueur et constance auprès des pouvoirs publics. Leur vigilance, leur capacité à dialoguer et à faire entendre la voix de la profession constituent un socle essentiel de reconnaissance et de progrès.

    Cette dynamique s’appuie sur un savoir-faire unique, fruit d’une solide tradition et d’un professionnalisme reconnu. Dans nos métiers, la précision du geste rejoint la délicatesse de l’écoute. De la conception d’un produit, d’un service ou d’un monument à l’organisation d’une cérémonie, de sa préparation à l’accueil de la famille et des proches, chaque maillon de la chaîne se met au service d’un objectif commun : offrir un accompagnement juste, digne et personnalisé. De plus, comme l’écrivait Albert Camus, "au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible." Cette phrase résonne particulièrement avec nos métiers : dans les instants les plus sombres de l’existence, nous aidons les familles à retrouver cette lumière intérieure, celle du sens, du souvenir et de la dignité. Notre mission n’est pas seulement de servir ; elle consiste à rendre possible un passage apaisé, à redonner forme à l’espérance. C’est là notre plus belle fierté et sans doute notre plus grande force collective.

    À ce titre, l’attention croissante portée par des organismes institutionnels comme la DGCL, la DGS ou la CRAMIF témoigne d’une prise de conscience partagée de l’importance de notre mission. L’implication de parlementaires tels que Christophe Chaillou, sénateur du Loiret, dans le sillage de Jean-Pierre Sueur, ancien ministre et auteur des grandes lois funéraires de 1993 et 2008, illustre également la continuité d’un engagement politique au service d’un secteur essentiel à la cohésion sociale.

    Soyez convaincus que notre mission dépasse la simple prestation : elle touche à l’essentiel. Accompagner les familles en deuil, c’est leur permettre de traverser l’épreuve avec sérénité, de rendre hommage en accord avec leurs valeurs et celles du défunt, et d’ancrer le souvenir dans une cérémonie qui leur ressemble. Cette attention, cette exigence, c’est ce qui continue de distinguer nos entreprises et d’inspirer la confiance des familles.

    2026 doit être l’année où nous transformerons cette force en levier de croissance et d’innovation. Services numériques repensés, dispositifs d’accueil modernisés, offres plus inclusives, démarches écologiques repensant le sens même du dernier hommage : notre compétitivité se nourrit de notre créativité. Et cette créativité, elle naît de la passion et de la fierté de tout un métier.

    À l’heure où le monde est en perpétuel changement, le funéraire demeure un repère : un espace de respect, de sens et de transmission. Continuons de construire ensemble un secteur fort, uni et confiant dans sa capacité à se réinventer, sans jamais perdre de vue ce qui nous anime : l’humain. Ensemble, faisons de 2026 une année d’élan, d’innovation et de confiance. Pour nos entreprises, pour nos équipes, et surtout, pour les familles que nous servons avec cœur et dignité.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito juillet 2020

    L’âge du faire est-il un impératif catégorique ?

    En cette délicieuse période estivale, la fête nationale du 14 juillet est un marqueur incontournable où la nation communie avec ses corps constitués et où la gratitude de celle-ci s’exprime à grands renforts de médailles honorifiques. Mais qu’est-ce que la reconnaissance sinon que d’être redevable à un tiers de ses bienfaits. Il faut cependant admettre qu’elle est également et surtout une vue de l’esprit sous forme d’une évaluation d’un don. Ce dernier provoque en nous la notion de dette et le remerciement est l’un des moyens de nous affranchir de cette dette.

    La gratitude est une obligation car bien évidemment nous sommes les obligés de celui par qui le bienfait arrive. Elle est aussi un privilège, un sentiment où l’amour n’est pas étranger. Celle-ci génère toute une gamme d’émotions, un débordement qui doit se traduire par une contrepartie symbolique, financière ou morale. En règle générale, celui qui prodigue les bienfaits agit par expression de son devoir personnel, une action qui n’attend rien en retour sinon la satisfaction de sa conscience en paix avec sa règle de vie.

    La manifestation de la reconnaissance peut s’exprimer par un regard évocateur, une poignée de main franche ou un simple "merci". La manifestation de la gratitude, a contrario, suppose un dédommagement, une compensation afin de rétablir un équilibre rompu entre un bienfaiteur et son obligé. Que préférer dans tout cela ? Penchons-nous sur la morale kantienne dans "Critique de la raison pratique" où Kant part du concept de "bonne volonté". Pour le philosophe allemand, l’intelligence, le courage… ne sont pas des choses absolument bonnes ; leur valeur dépend de l’usage qu’on en fait. Il en est de même du bonheur qui n’est pas un bien en soi puisqu’il peut être source de corruption par celui qui n’est pas animé de bonne volonté.

    Qu’est-ce qu’une bonne volonté ? Ce n’est pas celle qui atteint ses objectifs, c’est celle dont les intentions sont pures. Qu’est-ce qu’une volonté pure ? Une résolution qui obéit au concept du devoir. Ainsi, la "bonne" correspondrait à une action "par devoir". "Agis de telle sorte que tu traites l’humanité […] toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen". Quelle magnifique et extraordinaire pensée !

    Donc à l’heure où nous parlons de reconnaissance pour de nombreux acteurs de la période trouble que nous venons de passer, suggérons une autre posture qui serait de ne pas oublier ces personnes le 15 juillet venu.

    La reconnaissance est intemporelle, imprescriptible, inaliénable… ou du moins devrait-elle l’être. Puisque nous en sommes aux suggestions, ouvrons une autre voie, celle de la connaissance. Nous pensions connaître notre système de santé mais nous avons été bercés par le doux chant d’une sécurité sociale et d’un modèle médical et hospitalier se voulant pour tous… Simple illusion car nous nous sommes réveillés d’un seul coup en plein cauchemar, en contemplant ce que nous pensions éternel partir en ruines successives et irréfragables.

    Aussi, le temps est venu de nous pencher plus que jamais sur notre mode de vie. Cela ne signifie pas de partir battus devant cette reconquête de notre environnement global, mais simplement de prendre soin de nous tous, de nos familles, de nos entreprises, de nos emplois, de nous-mêmes, d’avoir un regard bienveillant sur notre prochain d’où qu’il vienne et quelle que soit sa prétendue "classe sociale". La connaissance éclairée de ce que nous sommes nous impose un devoir impérieux, celui d’agir concrètement, avec nos mesures respectives mais toujours dans le respect des autres et de nous-mêmes. Or donc, l’âge du faire est revenu.
     
    Maud Batut
    Rédactrice en chef
  • Édito juillet 2023

    Savoir-être et savoir-faire, deux faces d’une même pièce

    Au cours des différentes rencontres professionnelles funéraires, revient souvent la même thématique relative à la formation. Celle-ci pourrait se résumer à la difficulté que rencontrent certains opérateurs à recruter des personnels disposant d’une personnalité adaptée à l’accueil et à l’accompagnement des familles en deuil.

    Il faut cependant reconnaître que la profession a considérablement évolué avec la professionnalisation de ses filières et le recrutement attire désormais des profils ayant, pour un grand nombre, effectué un parcours, même court, d’études supérieures. Les diplômes cependant ne font pas tout, et force est d’admettre que la fidélisation et l’offre d’une évolution de carrière viennent éroder une carte postale qui se voudrait idéale.

    Pour ce qui est du savoir-faire, les différents métiers funéraires bénéficient aujourd’hui de formations réglementaires obligatoires et d’un certain nombre de formations continues spécifiques. Elles garantissent, tant aux opérateurs qu’aux collaborateurs, l’acquisition d’une pratique adaptée au contexte particulier qui est le nôtre. Celles-ci s’effectuent soit par le biais des enseignes que nous connaissons, soit par des organismes indépendants dont certains n’offrent pas toujours la qualité d’apprentissage et de savoirs indispensable pour pouvoir exercer auprès des familles. La formation des formateurs est l’une des sources de cette variabilité, le contrôle des organismes de formation en est une autre.

    Tout ceci pour dire qu’il ne suffit pas d’arriver vers un recruteur avec un beau certificat de scolarité, mais plutôt avec ce qu’il est convenu d’appeler "le savoir-être". Pour donner quelques exemples de ce dernier, rappelons que tout commence par des choses simples : parler à intelligible voix, dire bonjour, être poli et montrer des marques de respect envers votre interlocuteur. Attention, sans tomber dans l’excès, bien sûr. Seulement montrer de l’intérêt à la personne que vous regardez dans les yeux lorsque vous vous adressez à elle, et sourire. La tenue et l’attitude sont des éléments de premier contact qui vont tracer votre avenir. Pour ce qui est de la tenue, évitez de vous présenter en vêtements de sport, faites plutôt l’effort de vous habiller correctement pour un entretien pro.

    Cela peut sembler exagéré, voire caricatural, mais aujourd’hui le monde de l’éducation a changé. Malgré les efforts de la majorité des enseignants, ceux-ci ne sont pas là pour éduquer les enfants - c’est le rôle des parents -, ils sont là pour dispenser un savoir général afin de permettre aux élèves d’évoluer dans la vie. L’un ne va pas sans l’autre. Savoir-être et savoir-faire sont intimement liés, et c’est bien ce qu’il ne faut surtout pas oublier.

    Alors comment faire ? Les fédérations ont la réelle capacité de faire et de parler avec force, d’une seule voix si elles le veulent… en revoyant notamment le thésaurus des formations et faire la séparation entre savoir-faire et savoir-être. L’idéal serait de répondre aux exigences du premier avant même d’attaquer les étapes du second. Mettre en œuvre et surtout appliquer le contrôle des formations par les autorités d’encadrement compétentes reconnues afin de garantir, tant aux opérateurs qu’aux élèves apprentis, que le savoir qui leur est dispensé répond bien aux exigences professionnelles qui, elles, sont fortes.

    Ainsi nous pourrions dire : "Là où il y a une volonté, il y a un chemin." Cette citation pourrait être contrebalancée par : "Là où il n’y a pas de volonté, il n’y a que des problèmes." Nous sommes tous d’accord sur ce point. Il ne reste donc plus qu’à s’asseoir autour de la table et à bâtir un avenir qui soit en conformité avec ce que souhaitent les familles, les opérateurs, les collaborateurs… et les autorités de tutelle. C’est bien le moins que nous puissions faire.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef

    Résonance n° 193 - Juillet 2023
  • Édito juillet 2024

    Lettre ouverte à notre nouvelle Assemblée nationale

    Les citoyens français, appelés aux urnes, se sont prononcés en faveur d’une représentation nationale renouvelée. L’Assemblée nationale forme, avec le Sénat, le pouvoir législatif. Les missions d’un député sont nombreuses… il vote les lois ou propose des amendements, lorsque celles-ci sont examinées, il peut aussi déposer des propositions de loi, et enfin, il a la charge de contrôler l’action du Gouvernement et d’évaluer les politiques publiques (art. 24, al. 1er, de la Constitution). La courte campagne à laquelle nous avons assisté a mis en lumière un certain nombre de préoccupations de nos concitoyens, allant notamment du pouvoir d’achat à la sécurité, de l’emploi à la santé…

    Le fort taux de participation, en faisant abstraction du rejet de tel ou tel projet politique présenté, met en valeur d’une façon irréfragable un fort attachement aux valeurs républicaines et de démocratie qui doivent animer notre société. En un mot, l’humain et ses aspirations sont plus que jamais revenus au centre du débat, et des réponses sont exigées par le peuple français.

    Si la vie de nos concitoyens est une préoccupation première et légitime de sa représentation élue, il est un chapitre de celle-ci sur lequel nous attirons votre attention : la gestion globale des obsèques, à laquelle nous sommes, avons été ou serons tous confrontés irrémédiablement un jour, et qui marque durablement et douloureusement l’ensemble des familles.

    Bien que le législateur se soit prononcé à plusieurs reprises par une série de textes encadrant la pratique des opérateurs funéraires et prestataires connexes, il apparaît, d’un constat général effectué par les professionnels de la branche, qu’un certain nombre de ces dispositions ne soient pas réellement appliquées, créant une distorsion négative réelle et regrettable, mais aussi et surtout, celui-ci met en lumière le manque de moyens d’encadrement et de contrôle de l’État sur les textes promulgués nécessaire à un exercice serein et respectueux de la volonté des familles en deuil.

    Or donc, il s’agit bien de réaffirmer et de garantir de façon absolue la liberté des funérailles, et par voie de conséquence la liberté du choix par les familles de leur opérateur funéraire, quelles que soient les dispositions prises antérieurement au décès, notamment par le biais de la prévoyance funéraire.

    L’application sans réserve de cette disposition fonde le respect et la dignité auxquels l’ensemble des entreprises, grandes enseignes, opérateurs indépendants, personnels et techniciens associés du funéraire, sont foncièrement attachés.

    Tous, dans leur quotidien, accompagnent, dans ce parcours délicat et sensible, l’ensemble de nos concitoyens, sans distinction d’origine, de classe sociale, de confession ou de philosophie, avec loyauté, discrétion, dignité et empathie.

    L’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme nous rappelle que : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

    Certes, la mort nous rend tous égaux, elle fonde la fragilité de notre condition humaine. Bien que le droit accompagne nos vies en société, la notion de devoir se doit d’être également réaffirmée avec force et vigueur. Le premier de ceux-ci est le respect des volontés de tout-un-chacun en matière de funérailles, la liberté de choisir celui ou celle qui sera retenu par la famille pour accompagner la personne défunte dans son dernier acte social, celui de ses obsèques.

    La liberté est le pouvoir, ou le droit, de parler, d’agir et de changer comme bon nous semble, sans entrave ni retenue. Souvenons-nous-en…
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito juillet 2025

    "Entre hommage, évolution et engagement : un funéraire à l’écoute des familles"

    Le temps n’est plus à la reproduction systématique de cérémonies standardisées, et parfois même impersonnelles. Aujourd’hui, plus que jamais, les professionnels funéraires redoublent d’efforts pour offrir aux familles un service à la hauteur de leurs attentes… Loin des stéréotypes souvent associés au secteur, il s’agit bien là d’un univers en constante évolution, qui s’organise, innove et se réinvente, mû par une conviction partagée : chaque hommage doit être aussi unique que la vie qu’il célèbre.

    Les attentes des familles ont évolué et leurs besoins d’écoute, d’accompagnement, de personnalisation, mais aussi d’engagement éthique et écologique viennent transformer en profondeur des pratiques dites "traditionnelles". Face à ces enjeux, les professionnels – groupes, réseaux, coopératives ou indépendants – n’ont pas attendu pour agir. Le secteur tout entier s’est mis en mouvement, avec une remarquable capacité d’adaptation, d’imagination et de remise en question. C’est cette dynamique collective qui mérite aujourd’hui d’être saluée.

    À ce titre, les nombreuses initiatives qui fleurissent depuis plusieurs années constituent autant de signes tangibles de cet engagement. Elles ne sont pas anecdotiques : elles incarnent une volonté affirmée de mieux faire, de faire autrement, et surtout, de faire avec les familles. Le salon FUNÉRAIRE PARIS 2025, organisé par le Syndicat de l’Art Funéraire (SAF) offrira, cette année encore, une belle vitrine de cette créativité. Il réunira des centaines d’exposants et d’acteurs engagés autour d’un objectif commun : valoriser les savoir-faire, mettre en lumière les innovations et penser ensemble le funéraire de demain.

    Parmi les temps forts du futur salon, le concours des Funéraires d’Or, organisé par le SAF et la Fédération Nationale du Funéraire (FNF), distinguera les produits, services et démarches les plus innovants du secteur, avec en prime cette année une catégorie dédiée au développement durable… initiative venant consacrer les efforts concrets pour un funéraire plus responsable. Les projets primés, qu’ils relèvent de l’industrie, de la technologie, de l’aménagement ou de la relation client, témoignent d’un profond souci d’adapter les pratiques aux attentes sociétales.

    Dans un second temps, le Prix de la Recherche sur les Rites et Pratiques Funéraires, né d’un partenariat entre le SAF et le réseau "Les Morts", soulignera quant à lui l’importance de mieux comprendre les mutations culturelles, anthropologiques et symboliques de nos rapports à la mort. Parce que penser l’évolution des rituels, c’est aussi mieux accompagner les vivants sur le chemin du deuil.

    Enfin, le concours d’éloquence, qui distingue le plus bel hommage rédigé et prononcé par un maître de cérémonie, met, quant à lui, un coup de projecteur sur un savoir-faire trop souvent négligé, et pourtant essentiel… celui de savoir traduire avec les mots justes les émotions et le souvenir. Il valorise la dimension profondément humaine d’un métier où présence se conjugue avec délicatesse.

    De son côté, Préviséo Obsèques, filiale du Crédit Agricole, organise depuis 2020 les Trophées du Funéraire. L’édition 2025 aura pour thème "Mieux accompagner le deuil" un sujet des plus pertinents au croisement de la psychologie, du service et de l’éthique.

    Ces initiatives, ces concours, ces trophées ne sont pas de simples faire-valoir. Ils incarnent l’effort collectif d’un secteur qui refuse l’immobilisme. Elles illustrent l’ambition d’un funéraire moderne, ancré dans son temps, soucieux des traditions mais fondamentalement tourné vers l’avenir.

    En somme, c’est tout un écosystème qui se transforme, mû par un désir sincère d’apporter du réconfort, de la dignité et de la beauté à l’un des moments les plus sensibles de la vie. Comme le disait Paul Ricœur, "la mémoire est ce qui nous permet de rester fidèles à ceux qui ne sont plus là, sans renier ceux que nous devenons." Les professionnels funéraires l’ont bien compris. Ils ne se contentent plus d’organiser la mort… ils accompagnent la vie, jusqu’au bout.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito Juin 2022

    La formation est une révolution de l’âme

    Lors de nos nombreux entretiens avec les opérateurs, enseignes ou indépendants, le sujet de la formation est régulièrement présent. Si ce thème est au centre des préoccupations des entreprises funéraires, c’est qu’il y a sans doute quelques raisons de s’interroger. Qu’elles soient réglementaires ou continues, les formations des personnels sont une nécessité compte tenu de l’aspect particulier des interventions effectuées auprès des familles. Nous savons tous que le domaine des obsèques est délicat, et combien les familles sont sensibles aux mots les plus anodins ainsi qu’aux postures des accompagnants funéraires.

    Sans vouloir établir un classement de valeur, nous savons aussi aujourd’hui que la quantité ne fait pas la qualité, que toutes les propositions de formation ne sont pas d’égal niveau, et que les apprentissages ne sont pas dispensés tous avec les mêmes principes de rigueur et de sérieux. Les premiers à s’en plaindre sont les instituts spécialisés du secteur eux-mêmes, qui, forts de plusieurs années de pratique, ont su asseoir leur réputation.

    Quelles pourraient alors être les sources de griefs ? Il apparaît que la qualification du formateur se révèle quelque peu floue, et nous assistons peu ou prou à l’émergence d’enseignants ou d’experts autoproclamés. Certains pourront dispenser une prestation "acceptable", quand d’autres se limiteront à une transmission approximative, voire désastreuse, des fondamentaux qu’exige la profession. Cette situation ne touche pas que le funéraire, et il en est de même pour de nombreuses professions. Les moyens de communication numériques aggravent sensiblement ce constat, à tel point que beaucoup appellent de leurs vœux une intervention du législateur pour une définition claire de ce qu’est une formation, et pour fixer un cadre professionnel et réglementaire obligeant le formateur à se former en amont pour acquérir la maîtrise de l’ingénierie pédagogique, entre autres, mais pas que !

    Le chat se mordrait-il la queue ? Un exemple frappant et révélateur dans un univers connexe, la communication, nous fait apparaître une foule d’experts lors de séminaires ou de plateaux TV, dont on se demande si le "Café du Commerce" n’a pas été leur université. Si nous soulignons ce phénomène grandissant, c’est que nous pensons que le danger sous-jacent est immense. Lorsque vous, pompes funèbres, vous envoyez des personnels en formation, vous travaillez non seulement pour l’avenir qualitatif de vos services, mais aussi d’une certaine façon pour la transmission des valeurs éthiques essentielles qui fondent vos pratiques quotidiennes. La voie à suivre paraît d’elle-même. Pour atteindre cet objectif, il convient de s’en remettre aux authentiques "sachants" qui, seuls, peuvent être en mesure d’apporter les réponses pérennes que nous attendons tous.

    "Connaître la vérité, non pas absolue, mais au sens existentiel du terme, la seule qui nous soit accessible, c’est déjouer le mécanisme des illusions et quiproquos relationnels… C’est être libéré d’un mal-être dont nous connaissons la cause", cite Sabine Le Blanc, professeure à l’EFREI de Paris, membre de la conférence des Grandes Écoles.

    L’écoute des compétences réelles, interculturelles doit nous conduire à séparer le bon grain de l’ivraie, et apporter aux entreprises funéraires une transmission du savoir-être en rapport avec les objectifs d’excellence et de pérennité nécessaires à la profession. Élevons la qualité des transmissions et des transmetteurs pour aller vers toujours plus de perfection et de précellence dans nos métiers, car l’ultime finalité, c’est l’accompagnement que nous offrons aux familles en deuil.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito juin 2023

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué


    C’est presque un serpent de mer auquel s’attaquent tous les gouvernements successifs depuis les années soixante-dix. La simplification administrative qui, il faut le reconnaître, malgré de gros efforts, se complique de jour en jour, à tel point que, par moments, on est amené à penser que Kafka est aux commandes.

    La lourdeur administrative s’est quand même allégée sur quelques secteurs, ne serait-ce que par la généralisation d’Internet et la relation qu’il entraîne avec certains services publics. Aujourd’hui, il est désormais possible d’obtenir rapidement des documents grâce à ce média… Ayons toutefois une pensée émue pour les personnes âgées, qui n’ont pas toujours quelqu’un d’équipé à leurs côtés pour les aider à faire les nombreuses démarches numériques qui leur sont maintenant imposées. L’interaction avec les services publics joue un rôle crucial dans l’appréciation que le citoyen peut avoir de la gouvernance en général.
    Mais, d’un autre côté, l’impact de la capacité des entreprises à remplir leur mission est non négligeable, cela peut générer des coûts supplémentaires, le tout pour un résultat ne correspondant pas toujours aux performances attendues. Il faut à l’analyse distinguer trois grands facteurs relatifs au fardeau administratif, selon une étude réalisée par Herd et Moynihan en 2018.

    1 - Les coûts d’apprentissage : Les pertes de temps consacrées à rechercher des informations sur un dispositif ou un service, à vérifier son éligibilité, les conditions à remplir et les modalités d’accès…
    2 - Les coûts de conformité : La fourniture de renseignements pour attester de l’éligibilité, les coûts financiers associés à l’accès aux services, ainsi que les coûts engagés pour s’affranchir de demandes discrétionnaires de gestionnaires…
    3 - Les coûts psychologiques : Le sentiment de dévalorisation, la perte d’autonomie liée à un service administratif intrusif, la frustration d’avoir à faire face à des coûts d’apprentissage et de conformité et à des procédures suggérées injustes ou superflues, sans oublier le stress quant à la capacité à les respecter et à faire face aux coûts de conformité…

    Tout ceci nous rappelle une citation restée célèbre d’un ancien Premier ministre en 1966, Georges Pompidou, qui disait en substance devant un parapheur chargé de décrets : "Arrêtez d’emmerder les Français, il y a trop de lois dans ce pays, on en crève, laissez-les vivre, et vous verrez, ça ira beaucoup mieux." Hélas, si quelque chose ne connaît pas la crise, c’est bien l’activité du flot législatif, qui, en 2021, battait un record, avec 125 ordonnances publiées. Il faudrait un mois entier pour parcourir les 89 185 articles en vigueur…

    La tête nous tourne, car, pour les entreprises et notamment les entreprises funéraires, cette masse législative et réglementaire peut être vécue comme un frein à l’activité, notamment par rapport à nos voisins européens qui, pour certains, s’embarrassent de moins de textes pour une efficacité et une efficience supérieure à la nôtre.

    Le vrai défi de la compétitivité réside sans doute dans une simplification administrative, mais elle doit être pensée intelligemment car pour vivre en société, il faut des lois, des règles, nous sommes tous d’accord là-dessus. Il faut également donner à l’Administration les réels moyens de les appliquer et de les faire respecter. C’est un sujet de réflexion et un beau et difficile chantier à mener pour les prochaines années, mais ensemble, acteurs du funéraire réunis, nous pouvons nous y atteler sans crainte car c’est aussi la perspective d’un avenir meilleur que nous pourrons offrir aux familles endeuillées.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito juin 2024

    Intelligence artificielle, le mieux est-il l’ennemi du bien ?

    L’intelligence artificielle ou IA est le grand sujet à la mode… et les prises de positions ne manquent pas. D’un côté, nous avons les thuriféraires qui encensent cette nouvelle technologie, et de l’autre, les détracteurs acharnés qui font du rétropédalage systématique. Sans nous inscrire dans l’un
    e ou l’autre partie du débat, contentons-nous d’en faire une analyse objective et de trouver les voies qui nous permettent, en qualité de professionnels du funéraire, de progresser dans notre pratique.
    Avant tout, qu’est-ce que l’IA ? Il s'agit d'un processus d'imitation de l'intelligence humaine qui repose sur la création et l'application d'algorithmes exécutés dans un environnement informatique dynamique. Son but est de permettre à des ordinateurs de penser et d'agir comme des êtres humains. De ce point de vue, tout est relatif comme pour toutes technologies naissantes, mais l’objectif est bien défini. Tout commence par la création de bases de données qu'il faut alimenter et documenter d'une multitude d’éléments qui pourront ensuite être exploités par de puissants algorithmes. Les applications sont déjà légion, même pour le funéraire.

    Ainsi, la gestion et l’organisation des funérailles pourraient faire l’objet d’une planification automatisée, non seulement en prenant en compte les souhaits préalables du défunt et de sa famille, mais aussi en coordonnant les différentes étapes du processus au regard du planning global de la pompe funèbre (disponibilités opérateurs, salons, cérémonies, sépultures, crématoriums…). De même, tâche chronophage s'il en est, la gestion des documents légaux et administratifs peut… et doit faire partie des tâches confiées à l’IA. Cela pourrait même aller jusqu'aux supports, pré ou post-obsèques, avec l'utilisation d'un "chatbot" qui apporterait les réponses adéquates aux questions fréquentes des familles endeuillées, et ce, quelle que soit l’heure, notamment sur les démarches à accomplir avant et après un décès. Une programmation spécifique permettra une aide personnalisée en matière de recommandations et/ou de rappels importants… cela pouvant aller jusqu'à la création d'un avatar du défunt.

    L’hommage pourrait, lui aussi, prendre une autre dimension par la création de liens mémoriaux en ligne, facilitant ainsi le partage de photos, musiques, vidéos et messages, afin de créer des montages personnalisés.

    L’utilisation de l'IA pourrait faire entrer les métiers du funéraire dans une ère prédictive où parcours clients, pratiques et autres tendances, seront affinés par l’analyse de données, permettant ainsi une meilleure préparation des opérateurs funéraires aux exigences croissantes des familles.

    La gestion même de l'entreprise n'est pas en reste et certains aspects managériaux et administratifs pourraient également être, considérablement optimisés. Le croisement et l’exploitation de toutes ces données apportent une nouvelle dimension au service rendu, une gestion interne efficiente ainsi qu'une potentielle vision du futur proche.

    À bien y regarder, l’IA a le potentiel de transformer la profession funéraire par la proposition de processus plus efficaces pour des tâches chronophages et récurrentes, autorisant ainsi une montée en puissance de l'accompagnement des familles endeuillées. De plus, par son approche prédictive, elle permettra également la satisfaction de leurs exigences en perpétuelle évolution.

    Dès lors, faut-il vraiment avoir peur de l’IA ? Loin s'en faut… l'IA n'est pas une force obscure à craindre, mais un outil puissant à maîtriser. De ce point de vue, l’intelligence humaine reste "aux manettes" pour générer ce petit plus qui fait toute la différence. Cela s’appelle l’humanisme et cela suppose le développement culturel, intellectuel et moral de l'être humain dans le respect d'autrui… l'acquisition des savoirs et des arts pour tous, sans distinction de genre, d’origine, de religion ou de philosophie. Sur ce dernier plan, Intelligence artificielle ou non, l’homme est pour longtemps au centre du dispositif, c’est en conclusion le vœu que nous formulons, en toute vigilance.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito juin 2025

    "Harmoniser l’exigence et l’humanité : vers un management durable dans le secteur funéraire"

    À l’heure où le consumérisme digital façonne nos comportements, le secteur funéraire, longtemps exemplaire par son empathie, son professionnalisme, l’écoute bienveillante et l’accompagnement réservés aux familles en deuil, est confronté à un bouleversement sans précédent. Avec un taux de satisfaction avoisinant les 94 %, les professionnels du funéraire savaient franchir cette ligne ténue entre rigueur et compassion. Mais l’ère post‑Covid, marquée par l’individualisme exacerbé et l’irruption des générations Z et bientôt Alpha, replonge le monde du travail dans une tension inédite.

    Dans ce "nouveau monde", où chaque individu exige le contrôle total de son parcours, privé comme professionnel, l’erreur la plus anodine peut devenir virale via les réseaux sociaux. Les entreprises en général, et les pompes funèbres en particulier, se retrouvent à devoir produire un service irréprochable tout en assurant la sérénité mentale de leur personnel. Ainsi, le stress devient une donnée structurelle, et les risques de burn-out, une menace grandissante.

    Face à cette double exigence – excellence du service pour les familles et bien‑être au travail pour les salariés… –, plusieurs leviers existent. La CSNAF (Chambre Syndicale Nationale de l’Art Funéraire, devenue SAF) a présenté lors de son assemblée générale du 23 mai dernier les résultats de ses études CREDOC… des travaux qui offrent aux professionnels une grille de lecture pertinente des attentes des familles et des comportements émergents.

    Parallèlement, la CRAMIF vient de publier un Guide de bonnes pratiques pour prévenir la sinistralité et protéger les salariés du secteur funéraire. Ce manuel met en avant l’importance d’une culture d’entreprise attentive à la santé mentale, à travers l’adoption de postures managériales empathiques, la régulation des horaires et la prévention active du stress.

    Par ailleurs, les organisations professionnelles – la FNF, la FFPF, l’UPFP – ainsi que les grandes enseignes, réseaux et coopératives, ont fait de la RSE et du bien-être au travail des priorités stratégiques. Elles introduisent des formations managériales axées sur la psychologie du travail, instaurent des groupes de parole et des dispositifs de soutien psychologique. Ces dernières initiatives montrent l’engagement des acteurs funéraires dans la quête d’un équilibre durable.

    Cet effort collectif peut trouver un écho dans la pensée d’Hannah Arendt, pour qui l’espace public, ou professionnel, repose sur la parole, l’écoute et la responsabilité commune. Le manager funéraire se doit donc de jouer ce rôle de médiateur émotionnel. Tel un funambule, il doit conjuguer rigueur opérationnelle et action de soutien, notamment en instaurant des rituels internes et des formations pour reconnaître les signes d’épuisement.

    Il apparaît clairement que la quête de cet équilibre n’est pas vaine. Les dispositifs existent : études du SAF pour mieux saisir les attentes des familles, Guide CRAMIF pour prévenir les risques, engagement des syndicats et des chefs d’entreprise pour la formation et la sensibilisation des cadres. Reste à les déployer de manière cohérente et proactive, à créer une culture d’entreprise où l’écoute, le respect mutuel et la reconnaissance sont les piliers. Car c’est cette culture qui permettra non seulement de préserver la santé mentale des équipes, mais aussi de garantir un accompagnement digne, humain et professionnel des familles endeuillées.

    En définitive, le management dans le secteur funéraire ne doit pas céder à l’ubuesque : il doit se réinventer, sans rien céder à ses valeurs humaines fondamentales. Maintenir cette harmonie délicate est sans doute le plus beau défi du secteur aujourd’hui.
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef

    Résonance n° 216 - Juin 2025
  • Édito juin 2026

    Regarder vers l’avenir sans trahir l’essentiel

  • Édito mai 2023

    Rituel et spiritualité, une nécessaire conjugaison

    Un rituel se définit comme étant une célébration religieuse. Son caractère sacré est donc indéniable et, en cela, elle se sépare des activités du quotidien. C’est donc à un moment très particulier que le rituel entre en jeu et se veut une signature morale à laquelle adhèrent ses participants. Le fait de le pratiquer vous élève par-delà les vicissitudes d’une vie sans repère. Il est une obole, une offrande qui se réalise par la mise en valeur de symboles. Obole (offrande) et symbole rassemble alors que "diabole" sépare… cette idéologie trifonctionnelle n’étant que l’un des résumés synthétiques de la nature humaine.

    Nous avons besoin de rituels dans nos vies et pas nécessairement que des religieux. Ne pas pratiquer de religion ne fait pas de vous une personne absente de spiritualité, bien au contraire. C’est justement celle-ci qui s’exprime à de nombreuses reprises dans nos vies, notamment lors de la célébration d’obsèques.

    Ce fut le cas lors de ceux d’Agnès Lassalle qui trouva la mort poignardée par l’un de ses élèves en mars dernier à Saint-Jean-de-Luz. Cette célébration rassembla une assistance nombreuse et, à la sortie de l’église, un homme se mit à danser devant le cercueil disposé sur un reposoir. Cet homme, c’était le compagnon de la défunte. "C’est ma manière de dire au revoir" et d’ajouter lors d’un entretien avec notre confrère de l’émission "Sept à huit" sur TF1 : "On s’est connus par une danse, donc il fallait finir par une danse". Les réactions de sympathie, entre autres sur les réseaux sociaux, furent unanimes.

    Outre la disparition tragique de l’enseignante qui souleva l’indignation générale, les témoignages s’orientèrent vers l’expression de cette forme inattendue de rituel qui se veut un geste ultime d’amour et de mémoire envers la personne défunte. Par cette danse, cet homme nous fait l’offrande d’une histoire d’amour, la sienne et celle de sa compagne défunte. Il nous transmet ainsi une générosité transcendée par cette expression corporelle, il nous fait découvrir l’intimité de son couple et, en toute transparence, nous adresse un message d’espoir et de partage. C’est bien là l’essence même d’un rituel, rassembler et partager.

    Bien qu’il soit délicat et sensible de s’abstraire de cet assassinat tragique, revenons sur les réactions des réseaux sociaux. Tous ces témoignages reflètent l’immense besoin de spiritualité et de repères porteurs de sens lors d’événements telles des funérailles. Le message est clair : une cérémonie d’obsèques n’est pas celle de l’opérateur funéraire, elle reste celle de la famille.

    C’est l’instant ultime, le dernier acte social de la personne désormais défunte, livrée à l’éternité de nos mémoires. La parole est donc essentiellement aux proches et pas nécessairement par le verbe, mais notamment par des actes tels ceux du compagnon de l’enseignante qui, en quelques instants, résuma une merveilleuse histoire, la leur. Donner du sens est bien la préoccupation première à laquelle nous devons ouvrir les voies de la réflexion des familles. Nous sommes des médiateurs, seulement des médiateurs, et cette mission impose d’être une force de proposition lorsque le besoin est exprimé, mais également des facilitateurs lorsque l’initiative des proches prend le pas sur le scénario idéal et chronométré de l’opérateur de la cérémonie.

    Soyons honnêtes avec nous-mêmes. Penchons-nous avec attention sur le contenu de nos célébrations et, avec lucidité et sincérité, posons-nous cette question "Ces obsèques que je mets en œuvre sont-elles celles que je souhaiterais réellement pour moi ou mes proches ?".
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
  • Édito mai 2024

    Le conseiller funéraire, un couteau suisse à aiguiser ?

    Les familles attendent souvent beaucoup du conseiller funéraire, et pour cause, sa mission étant au centre du dispositif funéraire, il n’est autre que leur interlocuteur privilégié pour l’organisation des funérailles. Recevoir, écouter, accompagner, comprendre, anticiper, recenser, proposer, organiser, solutionner, et ce, sans parler des démarches administratives obligatoires et des moyens à mettre en œuvre en fonction du choix de sépulture… La responsabilité du conseiller funéraire est grande.

    De plus, sa bienveillance, sa rigueur et son professionnalisme engagent la réputation et l’image de son entreprise. Ainsi, sa prestation se doit d’être loyale, fondée sur une éthique responsable et une déontologie nécessaire face à des familles, frappées par la perte d’un être cher, devenues vulnérables et parfois aussi dans des situations économiques compliquées. Dès lors, son sens de l’adaptation et de l’analyse psychologique au regard de ses interlocuteurs doit être particulièrement affûté.

    Ensuite, sa mission se prolonge souvent par la conduite de cérémonies cultuelles ou civiles, qu’il s’agisse d’une inhumation ou d’une crémation. Là, son savoir-faire et surtout son savoir-être prennent une dimension exceptionnelle. Trouver les mots justes et les enchaînements appropriés fera que la cérémonie sera intensément vécue par l’auditoire, mais surtout par les proches, qui lui délèguent, pour cette occasion, la responsabilité d’exprimer ce qu’ils ont des difficultés à formaliser…

    En bref, le conseiller funéraire est un authentique couteau suisse. Pour l’accomplissement sans entraves de sa mission, le conseiller s’appuie sur une formation initiale censée couvrir l’essentiel de son activité professionnelle, notamment le périmètre administratif qui se veut dense et ne souffre d’aucun à-peu-près. Il reçoit ainsi un enseignement le préparant à organiser au mieux les obsèques d’un défunt au regard des attentes des familles. Dès lors, gestes, posture, bienveillance et psychologie du deuil se conjuguent avec l’empathie naturelle éprouvée au contact de personnes en souffrance. Tel est le but de cette formation initiale sanctionnée par l’attribution d’une reconnaissance permettant d’exercer. Tout ceci est censé faire d’un profane un professionnel accompli. Bien entendu, l’expérience apportera sa pierre à l’édifice, de même que l’entreprise où il officiera, complétant ainsi les fondements d’une formation que nous souhaitons tous efficace, efficiente, sérieuse et couronnée de succès.

    Un petit bémol toutefois… un volet de l’exercice du conseiller funéraire réside dans un acte de vente de produits et de prestations. Oui, le gros mot est prononcé. La vente est bien au cœur de l’entretien avec les familles. Savoir expliquer et mettre en avant les multiples produits et services proposés par les prestataires et autres fabricants n’est pas chose facile. Le conseiller ne fait pas de la vente "le pied dans la porte". Néanmoins, il doit être en mesure d’aborder ce délicat sujet de la meilleure façon qui soit, et ce n’est malheureusement pas inné. Comme tout sujet commercial, il existe des techniques d’approche, des éléments de langage qui permettent, compte tenu du contexte si particulier, de ne pas être considéré comme un vulgaire "vendeur de tapis" qui abuse de la situation, mais bien comme un accompagnant respectueux de ses interlocuteurs et de leurs besoins.

    Si depuis deux décennies les pratiques funéraires évoluent, les produits et services ne sont pas en reste. De nombreuses innovations sont arrivées sur le marché et interviennent notamment dans la prise en compte de l’environnement et de l’impact écologique des funérailles. Cette responsabilité sociale et environnementale prenant une importance déterminante, il est souhaitable, de l’avis de nombreux opérateurs funéraires, que le thésaurus des différentes formations prenne en compte ces nouvelles exigences, tant techniques et technologiques que commerciales, et dispense au conseiller en devenir un enseignement cohérent sur ces thèmes afin que l’éthique funéraire soit préservée, de même que les intérêts vitaux des opérateurs et des familles. Ce sujet n’est pas anodin, les opérateurs l’ont bien compris et s’en saisissent, de même que les instituts représentatifs de formation funéraire.

    Conseiller funéraire, couteau suisse affûté ? Oui, mais pas n’importe comment, nous sommes tous bien d’accord sur ce point. Le dialogue est désormais ouvert, et les solutions sont multiples…
     
    Steve La Richarderie
    Rédacteur en chef
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Instances fédérales nationales et internationales :

FNF - Fédération Nationale du Funéraire FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations